Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
Brun avait vu son prestige diminuer de manière sensible en raison de la présence d’Ayla au Rassemblement. Mog-ur lui-même était obligé de se battre pour conserver sa suprématie sans toutefois être parvenu à convaincre les autres mog-ur que la jeune femme était une guérisseuse de la lignée d’Iza. Pour l’instant, ils préféraient renoncer au breuvage magique plutôt que d’autoriser Ayla à le préparer. L’absence d’Iza ajoutait à la remise en cause de l’autorité de Brun.
Si son clan ne terminait pas premier aux joutes, il perdrait son statut. Or, si les hommes avaient réalisé de bonnes performances, l’issue demeurait incertaine. Le clan de Norg représentait une réelle menace. Il se trouvait en excellente position et risquait fort d’enlever au clan de Brun la première place. De ce fait, Brun allait rencontrer en Norg un rival acharné, conscient que sa victoire ne tenait qu’à un fil.
Brun cligna des yeux pour viser la souche d’arbre, et les spectateurs, attentifs au moindre signe, retinrent leur souffle. L’instant d’après, Brun faisait tournoyer au-dessus de sa tête les trois boules et les projetait sur la cible. Tout de suite, il sut qu’il avait raté son coup. Après avoir frappé la souche, les pierres rebondirent plus loin sans s’enrouler autour d’elle. Brun alla ramasser ses bolas pendant que Nouz prenait sa place. Si ce dernier manquait totalement la cible, Brun gagnerait. S’il la touchait, ils seraient à égalité et devraient recommencer. Mais si Nouz enroulait ses bolas autour du but, il remporterait l’épreuve.
Brun s’écarta, le visage impassible, résistant au désir de toucher son amulette. Nouz, que n’animait pas ce genre de scrupules, saisit la petite bourse en cuir, ferma les yeux quelques instants, puis visa la souche. En un mouvement de poignet aussi rapide que soudain, il lança les bolas. Il fallut à Brun un contrôle de lui-même exceptionnel, acquis au fil des ans, pour ne rien laisser paraître de sa déception quand les trois boules s’enroulèrent autour de la cible. Nouz avait gagné.
Brun ne bougea pas de sa place tandis qu’on apportait maintenant trois peaux de bêtes sur le terrain. Avec l’une on enveloppa une vieille souche d’arbre légèrement plus haute qu’un homme ; une autre fut jetée sur un gros rondin de bois couvert de mousse, et calée avec des pierres ; quant à la troisième, on l’étendit par terre où elle fut aussi maintenue avec des pierres. Les cibles délimitaient un vaste triangle aux côtés sensiblement égaux. Chaque clan choisit un homme pour participer à cette épreuve, et tous se mirent en file près de la peau étendue sur le sol, tandis que leurs coéquipiers, brandissant des lances taillées dans du bois d’if ou de saule ou encore de tremble dont ils avaient finement affûté les pointes, se plaçaient derrière les autres cibles.
Deux jeunes gens appartenant à des clans de rangs inférieurs s’avancèrent les premiers, leur arme à la main, et attendirent, les yeux rivés sur Norg. A son signal, ils se ruèrent sur la souche pour projeter leurs lances dans la peau de bête, à l’endroit où aurait dû se situer le cœur de l’animal. Puis, se saisissant promptement d’un deuxième épieu que leur tendaient leurs coéquipiers restés près de la cible, ils coururent le planter dans le rondin de bois. L’un des concurrents avait nettement distancé son camarade quand il put s’emparer de la troisième lance. Il s’élança vers la peau étendue à terre dans laquelle il enfonça son arme avant de lever les bras bien haut en signe de victoire.
Au terme des éliminatoires, il ne resta plus que trois hommes en lice : Broud, Voord et Gorn qui appartenait au clan de Norg. Des trois finalistes, Gorn était le seul à avoir dû participer à trois courses pour se classer, tandis que les deux autres n’en avaient couru que deux. Gorn avait remporté la première mais perdu la deuxième contre un adversaire appartenant à un clan de rang élevé. Seules sa détermination et sa grande résistance lui avaient permis de se rattraper et de se classer premier dans la dernière manche, provoquant ainsi l’admiration de toute l’assistance.
Alors que les trois jeunes gens prenaient place pour la finale, Brun s’avança sur le terrain.
— Norg, dit-il, je pense qu’il serait plus équitable de laisser Gorn se reposer quelques instants. Il me semble que le fils de la compagne de ton second le mérite amplement.
Un murmure d’approbation parcourut le public, au grand dam de Broud. L’offre de Brun lui ôtait l’avantage qu’il pouvait tirer de la fatigue du plus dangereux de ses adversaires. Par ailleurs, Norg ne pouvait refuser une proposition aussi généreuse. Brun avait eu vite fait d’effectuer son calcul : si Broud perdait, le clan perdrait son rang prééminent ; mais s’il gagnait, l’attitude généreuse de Brun augmenterait d’autant son prestige. En outre, il souhaitait une victoire indiscutable, où l’on ne pourrait insinuer par la suite que Gorn aurait remporté l’épreuve si on lui avait permis de récupérer.
A la fin de l’après-midi, tout le monde reprit place autour du terrain. Goov alla se placer près de la souche avec deux de ses compagnons, et Crug à côté du rondin avec deux autres hommes. Broud, Gorn et Voord se mirent en rang et attendirent que Norg donne le signal du départ. Le chef leva le bras, puis le baissa vivement, tandis que les trois concurrents s’élançaient.
Voord prit la tête, Broud sur ses talons, tandis que Gorn peinait derrière. Voord était déjà en train de saisir sa deuxième lance que Broud plantait seulement la sienne dans la souche. Dans un grand sursaut d’énergie, Gorn s’accrocha derrière Broud qui courait vers le rondin. Voord, toujours en tête, jeta son épieu sur la cible au moment où Broud arrivait. Mais son arme, heurtant un nœud caché sous la peau de bête, tomba à terre et, le temps de la ramasser pour la projeter de nouveau, Broud et Gorn l’avaient dépassé.
Pour lui, la course était perdue.
Haletants, Broud et Gorn se ruaient vers la dernière cible. Gorn commença à dépasser légèrement Broud, puis à le distancer. Broud crut que ses poumons allaient éclater mais, dans un suprême effort, il banda ses muscles et fonça éperdument. Gorn arriva près de la peau tendue par terre un instant seulement avant Broud mais, au moment où il levait le bras, Broud surgit et, sans ralentir sa course, planta sa lance au cœur de la peau de bête. L’arme de Gorn la transperça une fraction de seconde plus tard. Trop tard.
Comme Broud s’arrêtait, hors d’haleine, tous les chasseurs du clan s’élancèrent au-devant de lui. Les yeux brillants de plaisir, leur chef les regardait, le cœur battant aussi vite que celui du vainqueur. Il avait partagé tous les efforts et toutes les craintes de cette course décisive entre toutes. Je me fais vieux, pensa Brun. J’ai perdu l’épreuve des bolas, mais Broud a su gagner. Il est peut-être temps de lui confier le commandement du clan. Je pourrais lui transmettre le pouvoir ici même. Je vais d’abord combattre pour que notre clan conserve la première place, puis il nous reconduira à la caverne, comblé d’honneurs. Il le mérite bien, après une telle course. Je vais le prévenir tout de suite.
Brun attendit que les hommes aient fini de féliciter Broud pour s’approcher du jeune homme, impatient de voir sa joie lorsqu’il apprendrait l’honneur qu’il lui réservait. C’est le plus beau cadeau que je puisse faire au fils de ma compagne, se dit-il avec émotion.
— Brun ! s’exclama Broud en voyant le chef. Pourquoi as-tu retardé le départ de la course ? J’ai bien failli la perdre à cause de toi ! J’aurais battu Gorn sans problème si tu ne l’avais pas laissé se reposer. Ne veux-tu pas que ton clan soit le premier de tous ? s’écria-t-il avec impétuosité. Ou bien alors est-ce parce que tu te sais trop vieux pour participer au prochain Rassemblement ? De toute façon, la moindre des choses est de me laisser un clan qui tienne toujours le premier rang.