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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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— Nous n’avons pas besoin de l’assistance d’une femme pour gagner, répliqua Broud. Et puis l’épreuve de fronde ne compte pas tant que ça. Brun remportera certainement l’épreuve des bolas, comme d’habitude, et il nous reste encore la course au lancer.

— Voord a déjà remporté la course à pied ; il a de fortes chances de remporter aussi la course au lancer, dit Droog. Et Gorn s’est bien débrouillé à la massue.

— Attends un peu qu’on leur mime notre chasse au mammouth. Notre clan gagnera à coup sûr ! déclara Broud.

Il savait qu’il excellait à mimer les actions de chasse et à en transmettre toute l’intensité dramatique. Mais les pantomimes retraçant les expéditions des chasseurs ne constituaient pas seulement une exhibition, elles avaient un caractère éminemment instructif. Les clans dévoilaient en ces occasions des techniques et des tactiques de chasse dont ils pouvaient s’inspirer les uns les autres.

— Nous gagnerons si c’est toi qui mènes la danse, Broud, dit Vorn qui, à dix ans, continuait à idolâtrer le futur chef.

Broud, en contrepartie, l’invitait à participer aux discussions entre hommes à chaque fois qu’il le pouvait.

— Dommage que ta course n’ait pas compté, Vorn. Je t’ai observé tu étais largement en tête. Voilà un bon entraînement pour la fois prochaine, dit Broud, tandis que le garçon rougissait de plaisir.

— Nous restons bien placés, remarqua Droog, mais nous ne sommes pas assurés de gagner pour autant. Gorn est fort. Il s’est bien défendu à la lutte. Je n’étais pas sûr que tu parviendrais à le battre, Broud. Le second de Norg peut être fier du fils de sa compagne. Il a drôlement grandi depuis le dernier Rassemblement. A mon avis, c’est le plus fort de tous.

— C’est vrai qu’il est fort, dit Goov. On l’a bien vu quand il a gagné le tournoi à la massue, mais Broud est plus rapide et presque aussi solide.

— Et Nouz, vous avez vu comme il est habile à la fronde ? J’ai dans l’idée qu’il a observé Zoug la dernière fois, et qu’il a décidé d’imiter sa technique. Il n’a pas supporté l’idée de se faire battre de nouveau par un vieillard, ajouta Crug. S’il est aussi bien entraîné aux bolas, la lutte avec Brun risque d’être serrée. Quant à Voord, il court vraiment très vite, mais je croyais que tu arriverais à le rattraper, Broud.

— Droog fait les meilleurs outils, signifia Grod, dont les commentaires étaient aussi rares que laconiques.

— Choisir ses plus beaux outils et les présenter ici est une chose, Grod, mais les fabriquer devant tout le monde en est une autre qui demande de la chance. Le jeune homme du clan de Norg ne m’a pas l’air maladroit, répliqua Droog.

— C’est justement une épreuve où ton âge te donnera l’avantage, Droog, affirma Goov. Il se sentira sans doute nerveux, alors que toi, tu as déjà l’expérience de ces joutes. Il te sera plus facile de te concentrer.

— Oui, mais j’aurai quand même besoin d’un peu de chance.

— Nous en aurons tous besoin, dit Crug. Je continue à penser que le vieux Dorv est le meilleur conteur.

— C’est parce que tu as l’habitude de l’entendre, Crug, dit Goov. Il est très difficile de départager les conteurs. Il y a aussi des femmes qui racontent très bien.

— Mais leurs histoires ne sont pas aussi passionnantes qu’une danse de chasse, dit Crug. Sans le vouloir, j’ai vu les chasseurs du clan de Norg parler de leur chasse au rhinocéros, mais dès qu’ils m’ont aperçu ils se sont tus.

Oga s’approcha timidement des hommes pour leur annoncer que le repas était prêt. Ils la renvoyèrent avec impatience, et elle souhaita qu’ils ne tardent pas trop à venir manger. Plus les hommes tarderaient, plus leurs compagnes mettraient de temps à retrouver les autres femmes qui se réunissaient pour écouter des histoires. C’étaient les vieilles qui le plus souvent racontaient les légendes du Peuple du Clan, et elles étaient non seulement instructives pour les plus jeunes mais encore divertissantes : il y avait des histoires tristes à vous fendre le cœur, des histoires gaies qui vous transportaient de joie et des histoires drôles qui venaient à point pour dissiper les fortes émotions provoquées par les conteuses.

— Ils n’ont pas l’air d’avoir faim, dit Oga, de retour auprès du feu, devant la caverne.

— On dirait qu’ils se décident quand même, dit Ovra. J’espère qu’ils ne vont pas s’attarder trop longtemps après le repas.

— Brun aussi arrive, ajouta Ebra. La réunion des chefs doit être terminée, mais je ne sais pas où est Mog-ur.

— Il a disparu dans la caverne avec les autres mog-ur. Ils doivent être dans la grotte sacrée de ce clan. Impossible de dire quand ils en ressortiront. Faut-il attendre Mog-ur ? demanda Uka.

— Je lui laisserai quelque chose, dit Ayla. Il oublie toujours de manger quand il se prépare à des cérémonies. Il a l’habitude de manger froid. Il y a même pris goût. Il ne nous en voudra pas si nous ne l’attendons pas.

— Regarde, elles commencent déjà ! Nous allons manquer les premières histoires, signala Ona avec des gestes qui disaient toute sa déception.

— On n’y peut rien, répondit Aga. Nous ne pouvons pas y aller avant que les hommes aient fini de manger.

— Ne t’en fais pas, Ona, il y en aura pour toute la nuit, la consola Ika. Et demain, nous aurons le droit de regarder les hommes mimer leurs chasses les plus extraordinaires.

— Je préfère les histoires que racontent les femmes, dit Ona.

— Broud dit que notre clan mimera sa chasse au mammouth. Il est sûr que nous gagnerons. Brun va le laisser mener la danse, annonça Oga, les yeux brillants de fierté.

— Je me souviens quand Broud a mime sa première chasse, dit Ayla. Je ne savais pas encore parler, et je ne comprenais personne, mais j’étais très impressionnée.

Après que le repas fut servi, elles attendirent en jetant des regards pleins d’envie vers les femmes rassemblées au bout de la clairière qui s’étendait devant la caverne.

— Ebra, appela Brun, vous pouvez aller écouter vos histoires, nous avons à discuter.

Ramassant leurs bébés au passage et poussant devant elles leurs jeunes enfants, les femmes rejoignirent leurs compagnes assises autour d’une vieille qui venait tout juste de commencer une nouvelle histoire.

— ... alors la mère de la Montagne de Glace...

— Dépêchez-vous, s’impatienta Ayla, c’est ma légende préférée ! L’histoire de Durc !

Elles trouvèrent une place où s’asseoir et furent vite prises par le récit merveilleux.

— Elle la raconte de façon un peu différente, commenta Ayla, quand la conteuse eut fini.

— Chaque clan y apporte sa note, brode sur l’histoire. Tu ne connais pas celle de Dorv. Comme c’est un homme, il met davantage l’accent sur Durc, alors que cette femme parle du chagrin de sa mère et des autres jeunes gens qui le voient partir, expliqua Uka.

Ayla se rappela qu’Uka avait perdu son fils pendant le tremblement de terre. Elle comprenait mieux la tristesse d’une mère. Mais cet aspect de la légende prit soudain un sens particulier pour elle. Son fils s’appelait Durc, et elle se demanda avec effroi si, comme le Durc de la légende, elle ne le perdrait pas un jour. Elle serra son enfant contre elle. Non, elle avait franchi le plus dur. Le danger était passé.

Brun jaugeait la distance qui le séparait d’une souche d’arbre plantée à l’extrémité de l’espace dégagé pour les tournois, devant la caverne. Une brise passagère agita quelques mèches de ses cheveux, rafraîchissant pour un instant son front emperlé de sueur.

Brun était aussi tendu que la foule qui le regardait en retenant son souffle. Le chef avait les yeux braqués sur la cible, les pieds légèrement écartés, le bras droit le long du corps tenant fermement la poignée des bolas. Les trois boules de pierre, entourées de cuir et attachées à des lanières tressées d’inégale longueur, reposaient par terre. Brun tenait à remporter cette épreuve, non seulement pour le plaisir de gagner, mais surtout pour montrer aux autres chefs qu’il n’avait rien perdu de sa vigueur ni de son efficacité au jeu.

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