Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
Malgré les recommandations de Zoug et son statut de guérisseuse, Iza doutait qu’Ayla trouve un compagnon. La présence de son fils apparemment anormal lui en ôtait tout espoir. Mais Ayla était loin de pareilles préoccupations. Elle éprouvait déjà le plus grand mal à rassembler son courage pour affronter la foule de curieux qui se pressaient devant la caverne. Avec Uba, elle avait pris possession du foyer qui lui était alloué pour la durée de leur visite et avait immédiatement entrepris de disposer avec le plus grand soin les cadeaux destinés au clan-hôte, ainsi qu’Iza le lui avait recommandé. Chacun avait déjà remarqué la qualité de son travail. Elle s’était rafraîchie et changée avant d’allaiter son fils, pressée par Uba, impatiente d’explorer les environs de la caverne, mais qui n’osait pas s’y aventurer seule.
— Dépêche-toi, Ayla. Tous les autres sont déjà dehors ! Ne peux-tu nourrir Durc un peu plus tard ?
— Je n’ai pas envie qu’il se mette à pleurer. Tu sais comme il peut crier fort. Je ne voudrais pas passer pour une mauvaise mère, répondit Ayla. Inutile de les prévenir contre moi. Creb m’avait bien dit qu’ils seraient surpris en me voyant, mais je n’aurais jamais cru qu’ils me regarderaient comme si j’étais une bête curieuse.
— Ne t’inquiète pas, ils nous ont accueillis dans leur caverne, et Creb et Brun sauront leur prouver que tu es des nôtres. Viens, Ayla. Tu ne peux pas passer tout ton temps ici, il faudra bien que tu sortes. Ils feront comme nous, ils s’habitueront à toi.
— Eux me voient pour la première fois, Uba, mais tu as raison, je n’ai pas le choix, et autant y aller maintenant. N’oublie pas de prendre quelque chose pour donner à manger à l’ours.
Ayla se leva, Durc contre son épaule. En passant devant son foyer, Uba et elle adressèrent un signe respectueux à la compagne de Norg. La femme leur répondit et se dépêcha de retourner à ses occupations, pour ne pas faire preuve d’indiscrétion en les regardant avec trop d’insistance. Ayla prit une grande inspiration et redressa la tête au moment de sortir. Elle était bien décidée à ne pas se laisser impressionner par la curiosité qu’elle suscitait. Après tout, elle était une femme du Clan au même titre que les autres.
Sa détermination fut mise à rude épreuve quand elle s’avança en plein soleil. Tout le monde sans exception avait trouvé une raison de s’attarder aux abords de la caverne dans l’espoir de la voir sortir. Si la plupart essayaient de se montrer discrets, beaucoup, oublieux de la plus élémentaire correction, la contemplaient bouche bée. Ayla se sentit rougir et s’affaira auprès de Durc pour ne pas avoir à affronter les regards.
Mais ce faisant, elle détourna l’attention sur son fils que personne n’avait remarqué jusqu’ici. Les expressions et les gestes de tous ne laissaient aucun doute quant à leurs sentiments à l’égard de l’enfant. S’il avait ressemblé à sa mère, ils auraient eu moins de mal à l’accepter, mais Durc, à leurs yeux, n’était qu’un bébé difforme et indigne de vivre. Les traits qui l’assimilaient aux membres du clan étaient suffisamment évidents pour que ceux hérités de sa mère apparaissent comme de grossières malformations. Si l’image d’Ayla en souffrait, le prestige de Brun n’en pâtissait pas moins.
Ayla et Uba tournèrent le dos aux regards rivés sur elles pour se diriger vers la grande cage. En les voyant approcher, le gigantesque plantigrade s’assit et, quêteur, tendit une patte à travers les barreaux. Elles eurent toutes deux un mouvement de recul instinctif à la vue de l’énorme patte griffue, plus adaptée à fouiller la terre à la recherche des racines et des tubercules dont l’ours se nourrissait pour une grande part qu’à hisser son énorme corps dans un arbre. A la différence des ours bruns, l’ours des cavernes était bien trop lourd et volumineux pour un tel exercice. Ayla et Uba déposèrent chacune une pomme au pied des épais barreaux taillés dans des troncs d’arbres.
La créature se leva pour s’en emparer et les engloutir dans son énorme gueule, puis se rassit et tendit de nouveau la patte en se balançant sur son arrière-train. Ayla réprima de justesse un sourire.
— Maintenant, je sais pourquoi on dit qu’ils peuvent parler, dit-elle à Uba. Il en redemande. As-tu une autre pomme ?
Uba lui tendit un fruit, et cette fois Ayla s’approcha de la cage pour le lui donner. Il porta le fruit à sa gueule puis vint frotter sa tête contre les barreaux.
— On dirait que tu as envie de te faire gratter, vieil adorateur du miel, lui dit par gestes Ayla, en prenant soin de ne pas mentionner le nom d’ours des cavernes ou d’Ursus en sa présence, ainsi que Creb le lui avait recommandé.
En entendant son véritable nom, l’ours se rappellerait qui il était ; il saurait qu’il n’était pas seulement un membre du clan qu’il l’avait élevé. Il redeviendrait un ours sauvage, et il ne pourrait plus y avoir de Cérémonie de l’Ours ni de Rassemblement. Ayla le gratta vigoureusement derrière l’oreille.
— Tu aimes ça, hein, grand dormeur de l’hiver, dit Ayla en enfonçant son bras dans la cage pour lui gratter l’autre oreille. Tu es trop paresseux pour te gratter tout seul.
Ayla continua de cajoler ainsi l’animal jusqu’à ce que Durc tende à son tour la main vers l’épaisse toison brune. Elle se recula aussitôt. Protégée par les épais barreaux, elle n’avait pas peur de l’ours, mais à voir la minuscule main de son fils essayer de saisir une poignée de poils, l’énorme gueule et les longues griffes lui parurent soudain dangereuses.
— Comment peux-tu t’approcher si près de lui ? lui signifia Uba. J’aurais peur à ta place !
— Ce n’est jamais qu’un gros bébé, mais j’ai oublié Durc. Il pourrait lui faire mal sans le vouloir, répondit Ayla, tandis qu’elles s’éloignaient de la cage.
Uba n’avait pas été la seule à s’étonner de la hardiesse d’Ayla. Tout le clan en avait été témoin. La plupart des visiteurs évitaient plutôt les abords de la cage. Les jeunes garçons se lançaient des défis. C’était à qui oserait toucher du bout des doigts la fourrure de l’ours pour s’enfuir aussitôt. Les hommes, censés incarner le courage, répugnaient à se donner en spectacle près de la cage, qu’ils eussent ou non peur de l’ours. Et, parmi les femmes, rares étaient celles qui avaient seulement osé s’approcher des barreaux. Aussi la familiarité d’Ayla avec l’animal les étonnait grandement, même si elle ne changeait pas vraiment l’opinion qu’ils avaient d’elle.
A présent qu’ils avaient pu l’observer à loisir, les gens s’éloignaient. Seuls les enfants persistaient à la scruter, mais il n’y avait aucune espèce de jugement dans leurs regards. Ils étaient curieux, comme on l’est à cet âge.
Ayla et Uba s’en furent s’asseoir à l’ombre d’un gros rocher, non loin de la caverne, d’où elles pourraient observer les faits et gestes des uns et des autres sans paraître indiscrètes. Ayla et Uba s’entendaient à merveille, et leur affection s’était encore renforcée depuis que la fillette avait suivi Ayla jusqu’à son abri dans la montagne.
Allongé sur le ventre entre elles deux, Durc agitait bras et jambes tout en regardant ce qui se passait autour de lui. Ayla et Uba conversaient gaiement, quand une jeune femme se présenta et leur demanda timidement la permission de se joindre à elles. Elles acceptèrent avec plaisir. C’était le premier geste amical qu’on leur adressait depuis leur arrivée. La femme portait un bébé endormi au creux d’une peau de bête.
— Cette femme s’appelle Oda, dit-elle une fois assise, puis elle fit le signe usuel pour leur demander leurs noms.