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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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— Cette fille s’appelle Uba, et la femme Ayla, répondit Uba.

— Aay... Aayghha ? Je n’ai jamais entendu ce nom, dit Oda avec des gestes légèrement différents de ceux de leur clan mais qu’Uba et Ayla purent comprendre.

— Ce n’est pas un nom du Clan, dit Ayla.

Elle comprenait la difficulté que semblait avoir la femme à le prononcer. Ceux de son propre clan n’y parvenaient pas mieux.

Oda esquissa un geste, hésita, soudain gênée, puis finit par montrer Durc du doigt.

— Cette femme voit que tu as un enfant, dit-elle. C’est un garçon ou une fille ?

— Un garçon. Il s’appelle Durc, comme celui de la légende. La connais-tu ?

— Oui, cette femme connaît la légende, mais le nom n’est pas commun dans mon clan.

— Dans le mien non plus, dit Ayla. Mais Durc aussi n’est pas commun, dans son genre.

— Cette femme a aussi un enfant, poursuivit-elle après avoir encore hésité un long moment. C’est une fille, elle s’appelle Ura.

Un silence pesant suivit ces propos.

— Cette femme aimerait voir Ura si la mère ne s’y oppose pas, demanda Ayla, qui ne savait plus que dire tant la femme semblait gênée.

Pendant un instant Oda parut réfléchir à la requête de l’étrangère, puis elle sortit son enfant de la couverture et le mit dans les bras d’Ayla, qui n’en crut pas ses yeux. Ura, qui ne devait pas avoir plus d’un mois, ressemblait à Durc ! Elle lui ressemblait comme une sœur. Le bébé d’Oda aurait pu être le sien !

Ayla était bouleversée. Si une femme d’un autre clan pouvait donner naissance à un enfant ressemblant à ce point au sien, c’est que Durc était tout simplement difforme, comme l’avaient toujours pensé Creb et Brun. Contrairement à ce qu’elle avait toujours cru, son enfant n’était pas différent, mais anormal, tout comme la fille d’Oda. Ce fut Uba qui brisa le long silence.

— Ton enfant ressemble à Durc, Oda, dit-elle, oubliant les formules de politesse.

— Oui, cette femme a été surprise en voyant le bébé d’Aayghha, dit la jeune mère. C’est pour ça que je... que cette femme voulait te parler. J’espérais que l’enfant était un garçon.

— Pourquoi ? demanda Ayla.

Oda regarda son bébé sur les genoux d’Ayla.

— Ma fille est difforme, et elle ne pourra jamais trouver de compagnon. Qui voudrait d’elle ? (Elle leva des yeux implorants vers Ayla.) Alors quand j’ai vu ton enfant, j’ai souhaité que ce soit un garçon parce que... lui aussi aura du mal à trouver une compagne.

Ayla n’avait jamais encore songé à cette question. A la réflexion, Oda avait raison, sa différence isolerait Durc. Elle comprenait maintenant pourquoi cette femme était venue la voir.

— Est-ce que ta fille est en bonne santé ? demanda-t-elle.

— Elle n’est pas bien grosse, répondit Oda, mais elle se porte bien. C’est son cou qui est fragile, mais j’ai l’impression qu’il se renforce, ajouta-t-elle avec espoir.

— Cette femme peut ? demanda Ayla en écartant la peau qui recouvrait l’enfant.

Elle était plus carrée que Durc, un peu comme les bébés du clan. Mais l’ossature, le crâne, et les traits du visage, sans parler du cou, étaient semblables, la fille d’Oda présentant des arcades sourcilières moins prononcées que celles de Durc.

— Son cou se musclera, Oda. Durc était encore plus faible à la naissance, et regarde maintenant comment il se tient.

— Tu es sûre ? insista Oda. Cette femme aimerait demander à la guérisseuse du premier des clans de considérer cette petite fille comme la compagne de son garçon, déclara Oda en recourant aux formules d’usage en pareil cas.

— Je crois qu’Ura fera une excellente compagne pour Durc, Oda.

— Il faudra que tu demandes son consentement à ton compagnon.

— Je n’ai pas de compagnon, dit Ayla.

— Oh ! Mais alors ton fils est malheureux, répondit Oda, déçue. Qui se chargera de son éducation, si tu n’as pas de compagnon ?

— Durc n’est pas malheureux ! affirma Ayla. Je vis au foyer de Mog-ur, et Brun a promis de le former. Il fera un bon chasseur. Mog-ur lui a déjà révélé son totem : c’est le Loup Gris.

— Il vaut mieux que ma fille ait un compagnon malheureux que pas de compagnon du tout, dit Oda d’un air résigné. Nous ne connaissons pas encore le totem d’Ura, mais le Loup Gris est un totem assez puissant pour vaincre n’importe quel totem féminin.

— Sauf celui d’Ayla, intervint Uba. Le sien, c’est le Lion des Cavernes !

— Alors comment as-tu fait pour avoir un enfant ? demanda Oda, étonnée. Mon totem est le Hamster, et pourtant il a beaucoup lutté cette fois-ci. J’ai eu moins de mal avec ma première fille.

— Ma grossesse aussi a été dure. Tu as une autre fille ? Est-ce qu’elle est normale ?

— Oui, elle l’était. Mais elle a rejoint le monde des esprits, répondit tristement Oda.

— C’est donc pour ça qu’Ura a été autorisée à vivre ? Je me demandais comment tu avais pu la garder, remarqua Ayla.

— Je n’y tenais pas, mais mon compagnon m’y a obligée, pour me punir.

— Pour te punir ?

— Oui, j’avais tellement aimé mon premier bébé que je voulais une autre fille, alors que mon compagnon voulait un garçon. Il m’a forcée à le garder pour que tout le monde sache que j’avais eu de mauvaises pensées pendant que j’étais grosse, que si j’avais désiré avec lui un garçon, je n’aurais pas eu une enfant anormale. Mais il ne m’a pas abandonnée parce que personne n’aurait voulu de moi.

— Tu n’as rien fait de mal, Oda. Iza aussi désirait une fille. Tous les jours elle le demandait à son totem quand elle attendait Uba. Comment ta fille est-elle morte ?

— Elle a été tuée par un homme, dit Oda, mal à l’aise. Un homme qui te ressemblait. Un homme de chez les Autres.

— Un homme qui me ressemblait ? s’étonna Ayla qu’un frisson parcourut des pieds à la tête. Iza dit que je suis née chez les Autres, mais je ne me souviens de rien. Je suis du Peuple du Clan, maintenant. Comment est-ce arrivé ?

— Nous étions à la chasse avec deux autres femmes et nos compagnons. Nous habitons au nord d’ici, et cette fois nous étions remontés encore plus au nord. Les hommes sont partis de bonne heure ce jour-là. Il y avait beaucoup de mouches et il nous fallait entretenir de la fumée pendant que la viande séchait. Nous étions en train de ramasser du petit bois quand tout à coup les Autres sont arrivés. Ils voulaient assouvir leurs désirs avec nous, mais ils n’ont même pas fait le signe convenu. Ils se sont jetés sur nous et nous ont bousculées sans me laisser le temps de déposer mon bébé. Il est tombé, mais celui qui était sur moi ne s’en est pas aperçu.

« Quand il a eu fini, poursuivit Oda, un autre est venu prendre sa suite et c’est à ce moment-là qu’ils ont vu mon enfant, mais elle était morte. Elle s’était cognée la tête contre une pierre. Alors ils ont fait beaucoup de bruits avec leurs bouches et ils sont partis. Quand les chasseurs sont revenus, nous leur avons raconté ce qui s’était passé, et ils nous ont reconduites à la caverne. Mon compagnon s’est montré gentil envers moi, il était triste lui aussi. J’ai été très contente quand j’ai vu que mon totem avait été vaincu tout de suite après la mort de ma petite fille. J’ai cru qu’il voulait une autre fille pour remplacer la première.

— Je suis triste pour toi, dit Ayla. Je ne sais pas ce que je ferais si je perdais Durc. Je vais parler d’Ura à Mog-ur, et je suis sûre qu’il en parlera à Brun. Le chef approuvera certainement ton projet. Cela lui évitera d’avoir à trouver dans notre clan une compagne à donner à un homme difforme.

— Cette femme serait reconnaissante envers la guérisseuse. J’éduquerai du mieux possible ma fille. Le clan de Brun a le plus haut rang, et mon compagnon serait honoré. Et soulagé aussi ; il dit toujours qu’Ura ne trouvera jamais de compagnon, qu’elle n’aura jamais aucun statut. Quand elle sera grande, je lui dirai qu’elle n’a pas à s’inquiéter, qu’elle a déjà un compagnon, C’est dur pour une femme, quand pas un seul homme ne la veut, dit Oda.

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