Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]
Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 125
Перейти на страницу:

— Je vous demande pardon ? » s’étouffa Volstrup. Tamberly se leva d’un bond. « Manse, tu parles sérieusement ?

Génial ! »

Il se leva lui aussi, mais avec lassitude. « Je pense qu’à deux vous avez de meilleures chances d’apprendre quelque chose, d’autant plus que vous attaquerez le problème suivant l’angle féminin et masculin.

— Et toi, que vas-tu faire ?

— Avec un peu de pot, vous nous rapporterez des preuves décisives, mais ce ne sera pas suffisant. Car ce seront des preuves négatives. Le Grégoire de notre histoire n’est jamais né, ou bien il est mort jeune, ou encore autre chose. À vous de le découvrir. Mais pour comprendre les conséquences de cette divergence – et pour vérifier que nous en avons trouvé l’unique facteur –, il faut que je me rende bien en aval, à l’époque où Frédéric soumet l’Église à sa volonté. »

1146 apr. J.C.

Au début du mois de septembre arriva à Anagni un courrier en provenance de Rome. Il portait une lettre destinée à Cencio de Conti, ou au chef de cette noble famille si le patriarche était absent de la région ou malheureusement décédé. Quoique d’un âge fort vénérable, Cencio était toujours présent et il manda un ecclésiastique pour lui lire le message rédigé en latin. Il n’avait guère de peine à suivre cette langue. Elle était fort proche du dialecte local et les hommes de sa famille, outre qu’ils suivaient scrupuleusement les offices religieux, aimaient à entendre des récitals de poésie lyrique ou épique.

Un gentilhomme flamand et sa dame, de retour d’un pèlerinage en Terre sainte, lui envoyaient leurs respects. Et ils lui étaient apparentés, quoique de façon éloignée. Quelque cinquante ans auparavant, un chevalier en visite à Rome avait fait la connaissance d’une demoiselle Conti, qu’il avait courtisée et dont il avait demandé la main, pour l’emmener en Flandres après leur mariage. (Cette union avait été modérément profitable aux deux familles. L’épousée était une fille cadette, sans doute promise au couvent, et à la dot par conséquent modeste. Mais les deux parties retiraient un certain prestige d’une telle alliance, sans compter certaines perspectives d’avenir à présent que se développaient en Europe des échanges tant politiques que commerciaux. En outre, on racontait que ce mariage avait été un mariage d’amour.) Depuis lors, on ne s’était guère envoyé de nouvelles, ni d’un côté ni de l’autre. Les pèlerins avaient saisi l’occasion de leur passage en Italie pour remédier à cet état de fait. Ils imploraient par avance l’indulgence de leurs hôtes, tant leur condition était modeste. Au cours de leur périple, leur escorte s’était réduite à néant du fait de la maladie, des agressions et de la désertion pure et simple ; nul doute que la pernicieuse réputation de la Sicile avait séduit le dernier de leurs domestiques. Peut-être que les Conti auraient l’amabilité de les aider à recruter du personnel pour les accompagner jusqu’en Flandres.

Cencio dicta aussitôt sa réponse – en langue vernaculaire, que le prêtre traduisit en latin. Les voyageurs seraient les bienvenus dans sa demeure. Mais qu’ils veuillent bien lui pardonner une certaine agitation. Sire Lorenzo, son fils, devait bientôt épouser Ilaria di Gaetani et les préparatifs en vue des festivités se révélaient délicats à organiser en ces temps difficiles. Néanmoins, il les invitait à venir sur-le-champ et à rester pour les noces. Le messager portant sa réponse serait accompagné de plusieurs laquais et de deux hommes d’armes, afin que ses invités puissent se déplacer dans des conditions dignes de leur rang et du sien.

Il était tout naturel qu’il agisse de la sorte. En eux-mêmes, ses cousins n’éveillaient chez lui qu’une vague curiosité. Mais ils arrivaient tout juste de Terre sainte. Sans doute leur en apprendraient-ils beaucoup sur les troubles dans cette région. Lorenzo en particulier serait impatient de les entendre. Il ne tarderait pas à partir en croisade.

Et c’est ainsi que, quelques jours plus tard, les deux étrangers arrivèrent devant la demeure des Conti.

Dès qu’on la fit entrer dans la salle aux fresques bigarrées, Wanda Tamberly oublia tout de ces lieux dont l’étrangeté ne cessait pourtant de la surprendre et de l’émerveiller. Soudain, elle n’avait plus d’yeux que pour un certain visage. Non point celui du patriarche, mais celui du jeune homme à ses côtés. Une beauté comme celle-ci attirerait les regards dans tout l’espace-temps, songea-t-elle en un éclair – des linéaments dignes d’Apollon, des yeux couleur d’ambre – et c’est Lorenzo qui en est doté. Oui, c’est forcément lui, celui qui aurait altéré le cours de l’histoire il y a neuf ans, à Rignano, si Manse n’avait pas… Hé ! le reste de son corps n’est pas mal non plus.

Ce fut dans un vertige qu’elle entendit le majordome annoncer : « Signor Cencio, puis-je vous présenter signor Emilius…» Il trébucha sur la prononciation germanique. «… van Waterloo ? »

Volstrup s’inclina. Son hôte lui rendit cette courtoisie. Il n’était pas vraiment chenu, décida Tamberly. Soixante ans à tout casser. Son sourire édenté le vieillissait bien plus que sa barbe et ses cheveux de neige. Quant au jeune homme, il avait encore toutes ses dents, et ses boucles comme sa moustache bien taillée étaient d’une nuance aile de corbeau. La trentaine, sans doute. « Soyez le bienvenu, sire, dit Cencio. Permettez-moi de vous présenter mon fils Lorenzo, dont je vous ai parlé dans ma lettre. Il est impatient de faire votre connaissance.

— Dès que j’ai vu approcher votre groupe, je me suis empressé de venir auprès de mon père, précisa le jeune homme. Mais veuillez pardonner notre étourderie. In latine…

— C’est inutile, gentil sire, lui dit Volstrup. Mon épouse et moi-même connaissons votre langue. Nous espérons que vous vous accommoderez de notre accent. » Le lombard dans lequel il s’exprimait ne différait guère de l’ombrien local.

Le soulagement du père et du fils était visible. De toute évidence, ils parlaient le latin moins bien qu’ils ne le comprenaient. Lorenzo s’inclina une nouvelle fois, mais devant Tamberly. « Une si belle dame est doublement bienvenue », roucoula-t-il. Vu le regard dont il la gratifiait, il était sincère. Apparemment, les Italiens de cette époque étaient aussi sensibles aux blondes que ceux de la Renaissance et d’après.

« Mon épouse, Walpurgis », déclara Volstrup. C’était Everard qui l’avait affublée de ce nom. Ainsi qu’elle l’avait déjà remarqué, il se laissait aller à un humour un rien décalé quand la situation devenait critique.

Lorenzo lui prit la main. Elle eut l’impression d’être traversée par une décharge électrique. Arrête ton cinéma ! D’accord, c’est bizarre que l’histoire dépende une nouvelle fois du même homme, mais il est mortel… Il a intérêt.

Elle chercha à se persuader que sa réaction n’était que l’écho de l’étonnement qu’elle avait ressenti à la lecture de la lettre de Cencio. Manse les avait préparés à leur mission de façon exhaustive, mais sans leur dire que Lorenzo risquait d’être impliqué. Pour ce qu’il en savait, le jeune guerrier avait péri au champ d’honneur. La Patrouille ne disposait que d’informations parcellaires. Ilaria di Gaetani aurait dû épouser Bartolommeo Conti de Segni, un noble des États pontificaux qui était aussi le cousin d’Innocent III. En 1147, elle aurait donné naissance à un petit Ugolino qui serait devenu Grégoire IX. Volstrup et Tamberly avaient pour mission de découvrir comment les choses avaient mal tourné.

1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 125
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)