Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le moment de supputer. Le Méta-guerrier fait volte-face, espérant trouver un quelconque système de verrouillage sur la porte, ou quelque chose pour la bloquer. Mais il renonce à chercher lorsqu’il voit, par le hublot de la porte, le Foudroyeur arriver à toute vitesse, les plis de sa bure noire claquant dans son sillage comme une voile déchirée dans la tempête. Il faudra donc jouer à cache-cache pour survivre. Tancrède se rue dans le labyrinthe de caisses et d’étagères dans l’espoir d’y semer son poursuivant. Il court jusqu’au bout d’une travée, tourne dans l’allée centrale, bondit parmi les alignements de caisses afin de mettre le plus de distance possible entre lui et le Foudroyeur lorsqu’une voix tonitruante venue d’en haut le fait sursauter.
« Vous deux, cessez immédiatement ! Vous vous trouvez dans un périmètre interdit aux non accrédités ! »
L’un des techs qui ont assisté à leur course poursuite sur les pistes a dû le voir entrer dans l’entrepôt et se sert du système de haut-parleurs des ponts ama.
« Sortez immédiatement de cet entrepôt et attendez l’arrivée des forces de l’ordre qui sont déjà en route ! Si vous tentez de fuir, vous aggraverez votre cas et la punition n’en sera que plus sévère ! »
Tancrède espère qu’il dit vrai et que la police est bel et bien en train d’arriver, cela lui donnera une chance supplémentaire de s’en sortir. Soudain, il s’arrête brusquement de courir et se glisse entre deux piles de caisses afin de se dissimuler, il vient d’entendre la porte d’entrée claquer. Le Foudroyeur est dans les lieux, il ne faut plus faire aucun bruit.
Le cœur de Tancrède cogne dans sa poitrine, non de peur, mais d’excitation. Il connaît bien ce sentiment, il l’éprouve à chaque fois qu’il affronte un danger. Il sait qu’il ne doit pas se laisser submerger par cette fébrilité. Le sang-froid détermine tous les combats. Celui qui garde son calme a toujours plus de chances de l’emporter. Il tend l’oreille, tâchant de percevoir le moindre son pour deviner ce que fait le Foudroyeur. Il l’imagine progressant à pas lents dans les allées, cherchant sa proie avec prudence, mais détermination. Une étrange sensation de familiarité s’insinue en lui, comme s’il avait déjà vécu cette scène. Il la chasse aussitôt de ses pensées, il doit rester vigilant, à l’affût. De toutes les pancartes qu’il a vues ici, aucune n’indiquait d’autre sortie que celle par laquelle il est arrivé. Il faudra donc se battre pour sortir de cet endroit. Je dois trouver une arme !
Tancrède cherche des yeux autour de lui. Entre ses mains, n’importe quoi pourrait devenir une arme redoutable contre un adversaire normal, mais contre le Foudroyeur, ce serait insuffisant. Tandis que les battements de son cœur ralentissent, il remarque, à peine visible dans la pénombre derrière une pile de cartons, une hache de pompier accrochée au mur. C’est une arme dérisoire face aux éclairs que peut produire son ennemi, mais c’est toujours mieux que rien. Cependant, il faut faire plusieurs pas pour l’atteindre et Tancrède sait qu’au moindre geste, il risque de trahir sa position. Il n’a pas oublié la façon dont le Foudroyeur avait failli le repérer lors de leur première rencontre alors qu’il faisait tout son possible pour être discret. Il fait un pas en avant, en tentant de réduire au maximum la friction de sa semelle sur le revêtement synthétique du sol. Il sort de l’ombre des empilements de caisses qui forment des murs autour du lui. L’étrange sentiment de familiarité lui revient aussitôt et avec lui, une angoisse qui lui plombe l’estomac. Il sait que le danger est imminent, mais ignore d’où viendra l’attaque. Il ne reste que trois pas pour atteindre la hache. Pourquoi diable ai-je l’impression d’avoir déjà vécu cela ? Il met un temps infini pour couvrir cette distance ridicule, mais il n’a pas fait le moindre bruit. Ses mains se referment sur le manche lisse et froid de la hache. Son subconscient lui crie qu’il a déjà vu cette scène. Comme on chasse une mouche exaspérante, il essaye de repousser cette étrange perturbation mentale qui l’empêche d’y voir clair, de se concentrer sur ses actes en un moment crucial.
Il sent alors un picotement sur sa nuque, comme s’il s’attendait à ce qu’un roc… non, une caisse tombe d’en haut pour l’écraser. Instinctivement, il se retourne et lève la tête. Juste à temps pour voir la silhouette du Foudroyeur au-dessus de lui, au sommet d’une rangée de caisses, dressé comme une statue mortuaire dominant un tombeau. Il saute dans le vide, fondant sur Tancrède dans un éclair aveuglant. Par un réflexe de protection, le Méta-guerrier lève la hache comme un bouclier, les deux mains crispées sur le manche. La lame métallique encaisse la charge juste au moment où il la lâche, dispersant l’énergie létale alentour dans un buisson étincelant de ramifications électriques. Une myriade d’arcs secondaires frappe tout de même Tancrède, lui arrachant un cri de douleur. Mais il n’a pas quitté des yeux la forme noire en train de s’abattre sur lui. En un dixième de seconde, alors que le Foudroyeur n’a pas encore touché le sol, Tancrède bascule les épaules sur le côté afin de dégager son bassin et décoche le coup de pied latéral le plus puissant dont il est capable. Le Foudroyeur tente de parer en levant un bras enveloppé de noir, mais le coup de Tancrède, parfaitement ajusté, porte à plein et le projette à plusieurs mètres de là.
Afin de ne pas perdre le maigre avantage qu’il vient de gagner, Tancrède décide de ne pas affronter cet adversaire selon les règles du Code d’honneur. Il ramasse la hache et se jette sur lui sans attendre qu’il se relève. Brandissant haut l’arme, il l’abat d’un geste vif en poussant un cri de guerre effrayant. Dans un mouvement dont la rapidité trahit des réflexes surhumains, le Foudroyeur roule sur le côté à la dernière seconde et la lame heurte le sol métallique dans une gerbe d’étincelles. Fermement déterminé à ne pas le laisser reprendre l’avantage, Tancrède frappe encore et encore avec frénésie. Même si le démon est rapide et parvient à esquiver tous les coups in extremis, Tancrède sent que ses gestes sont moins précis, davantage dictés par la panique, et que sa détermination a quelque peu fléchi devant cet adversaire qui a du répondant. Il vient d’échanger le rôle du prédateur pour celui de la proie, et ce n’est vraisemblablement pas dans ses habitudes.
Malheureusement, l’avantage acquis s’effondre tandis que Tancrède encaisse un terrible coup de talon dans le plexus qui le fait reculer de plusieurs pas, le souffle coupé. Il est stupéfait de ne pas avoir réussi à détecter le geste avant son exécution, comme dans n’importe quel corps à corps où cela lui permet, la plupart du temps d’esquiver les coups les plus dangereux. Son adversaire utilise manifestement des techniques de combat qu’il n’a jamais vues et qui semblent aussi efficaces que les techniques Méta !
Un hululement strident se fait soudain entendre au loin : les sirènes de police. Toujours à terre, le Foudroyeur lève un doigt vengeur vers Tancrède, la main auréolée d’une luminescence bleutée festonnée de petits arcs électriques. Tancrède comprend qu’il va à nouveau faire usage de ses éclairs. Jamais il ne parviendra à se jeter à nouveau sur lui avant qu’il n’ait fait feu. L’idée qu’il va mourir effleure alors Tancrède. Aussitôt, le souvenir de l’horrible cadavre de Viviane lui revient, et avec lui, l’immense colère qu’il avait ressentie devant cette tragédie. Une rage terrible afflue dans son esprit, déferle dans son corps. Alors, dans un ultime effort pour prendre ce démon de vitesse, Tancrède lui lance la hache de toutes ses forces. Comme les fois précédentes, le Foudroyeur l’esquive sans peine, mais la lame effilée heurte un tuyau courant le long du mur juste derrière lui, et le sectionne net, faisant surgir un jet de gaz pressurisé d’une éclatante blancheur. Le Foudroyeur le reçoit en pleine tête. Sa capuche est rejetée en arrière par le souffle et pendant une seconde, Tancrède croit qu’il va découvrir le visage de ce soi-disant démon, mais la blancheur du gaz dissimule tout.