Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
T’es pris au piège, Baaarbie, pensa-t-il. T’es pris dans le foutu piège.
11
Sur Little Bitch Road, côté Tarker’s Mill, l’incendie déclenché par les missiles Fasthawk faisait rage, mais serait sous contrôle avant la nuit. Des unités de pompiers venues de quatre agglomérations, auxquelles s’étaient ajoutés des détachements spécialisés de l’armée et des marines, travaillaient dessus avec succès. Les pompiers auraient pu en venir à bout encore plus tôt, estima Brenda Perkins, s’ils n’avaient eu à lutter aussi contre un vent violent. Du côté Chester’s Mill, ils n’avaient pas ce genre de problème. C’était une bénédiction, aujourd’hui. Plus tard, ce serait peut-être une malédiction. Il n’y avait aucun moyen de le savoir.
Cet après-midi, Brenda ne se laisserait pas obséder par la question parce qu’elle se sentait bien. Si, le matin même, on lui avait demandé quand elle pensait pouvoir se sentir de nouveau bien, elle aurait sans doute répondu, peut-être l’année prochaine, peut-être jamais. Elle avait suffisamment de jugeote, cependant, pour savoir que cette impression ne durerait probablement pas. Les quatre-vingt-dix minutes d’exercice qu’elle venait de prendre y étaient pour beaucoup ; qu’il consiste à courir ou à éteindre un feu de broussailles à coups de pelle, tout exercice physique libère des endorphines. Il y avait toutefois autre chose que les endorphines : le fait d’être responsable d’une tâche importante, une tâche qu’elle pouvait accomplir.
D’autres volontaires étaient venus, alertés par la fumée. Quatorze hommes et trois femmes se tenaient de part et d’autre de Little Bitch Road, certains encore armés de leur pelle ou des tapis en caoutchouc qu’ils avaient utilisés pour éteindre les flammes rampantes, certains s’étant soulagés du poids des pompes indiennes qu’ils avaient posées sur la terre battue du chemin. Al Timmons, Johnny Carver et Nell Toomey enroulaient des tuyaux et les jetaient à l’arrière du pick-up de Burpee. Tommy Anderson (employé au Burpee’s), aidé de Lissa Jamieson — petite bonne femme style New Age forte comme un cheval —, ramenait dans l’un des autres véhicules la pompe d’appoint avec laquelle ils avaient tiré de l’eau du ruisseau de Little Bitch. Brenda les entendit rire et comprit qu’elle n’était pas la seule à marcher aux endorphines.
Les broussailles, de part et d’autres de la route, étaient carbonisées et fumaient encore, et plusieurs arbres avaient brûlé, mais c’était tout. Le Dôme avait non seulement intercepté le vent, mais les avait aussi aidés d’une autre façon : le barrage partiel du ruisseau avait transformé le secteur dans lequel il coulait en un début de marécage. L’incendie, de l’autre côté, c’était une tout autre histoire. Les hommes qui le combattaient, vus depuis Chester’s Mill, étaient des fantômes qui miroitaient au milieu des vagues de chaleur et de la suie qui s’accumulait sur le Dôme.
Romeo Burpee s’approcha d’elle. Il tenait un balai d’une main et un tapis de sol en caoutchouc de l’autre. L’étiquette du prix figurait encore sur le tapis. Les mots du slogan étaient noircis mais encore lisibles : SOLDES TOUS LES JOURS AU BURPEE’S ! Il le laissa tomber et tendit une main crasseuse.
Brenda fut surprise, mais elle la prit et la serra fermement. « En quel honneur, Rommie ?
— Pour le sacré bon boulot que vous avez fait ici. »
Elle rit, gênée mais ravie. « N’importe qui y serait arrivé, étant donné les conditions. Ce n’était qu’un feu de broussailles et le sol était tellement humide qu’il se serait probablement arrêté tout seul au coucher du soleil.
— C’est possible », répondit-il avec un geste en direction des arbres, jusqu’à une clairière traversée par les méandres d’une saillie rocheuse. « Mais il aurait pu aussi se communiquer à ces hautes herbes, puis aux arbres, de l’autre côté, et là, on l’avait dans le baba. Il aurait pu brûler pendant une semaine, ou même un mois. En particulier sans nos pompiers. » Il détourna la tête et cracha. « Même sans vent, le feu continue à se propager s’il a de quoi s’alimenter. Dans le Sud, ils ont des feux de mine qui durent vingt, trente ans. Je l’ai lu dans le National Geographic. Il n’y a pas de vent, sous terre. Et qui peut dire que le vent ne va pas se mettre à souffler ? Nous savons que dalle des effets que peut avoir ou non ce truc-là. »
Ils regardèrent tous les deux vers le Dôme. Les cendres et la suie l’avaient rendu visible — plus ou moins — sur une hauteur d’environ trente mètres. Elles avaient du coup aussi obscurci la vue qu’ils avaient du côté Tarker’s, ce qui déplaisait à Brenda. Voilà une idée qu’elle n’avait pas envie d’explorer davantage, pas au moment où elle était encore sous la bonne impression du travail accompli cet après-midi — vraiment, ça ne lui plaisait pas du tout. L’encrassement du Dôme lui faisait penser à l’étrange coucher de soleil souillé de la veille.
« Dale Barbara va devoir appeler son ami à Washington, dit-elle. Pour lui dire que lorsqu’ils auront éteint l’incendie de leur côté, ils devront nettoyer ces… ces saletés au jet. Nous ne pouvons pas le faire depuis ici.
— Bonne idée, » dit Romeo. Mais il avait quelque chose d’autre en tête. « Y’a pas un truc qui vous frappe dans votre équipe, madame ? Parce que moi, si. »
Brenda parut étonnée. « Ce n’est pas mon équipe.
— Oh, que si ! C’est vous qui avez donné les ordres, ce qui fait que c’est votre équipe. Vous voyez des flics ? »
Elle regarda.
« Pas un seul, reprit Romeo. Ni Randolph, ni Henry Morrison, ni Freddy Denton, ni Rupe Libby, ni Georgie Frederick… ni aucun des nouveaux. Ces gosses.
— Ils sont probablement occupés à… »
La voix de Brenda mourut.
Romeo acquiesça. « Exact. Mais à quoi ? Vous ne le savez pas, et moi non plus. Mais quoi que ce soit, je doute que ça me plaise. Je doute même que ce soit une occupation importante. Il doit y avoir une réunion jeudi soir, et si ce truc-là doit continuer, je pense qu’il faudrait qu’il y ait quelques changements. » Il se tut un instant. « Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais je crois que vous devriez vous présenter comme chef des pompiers et de la police. »
Brenda resta songeuse, pensant au dossier qu’elle avait trouvé sous l’intitulé VADOR, puis secoua lentement la tête. « C’est trop tôt pour une initiative de ce genre.
— Et seulement chef des pompiers ? Qu’en pensez-vous ? » Dans sa voix, l’accent on parle[27] de Lewiston était plus nettement audible, à présent.
Brenda parcourut des yeux le paysage de broussailles fumantes et de troncs calcinés. Hideux, certes, rappelant des photos des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, mais ne présentant plus de danger. Les gens qui avaient fait acte de présence ici s’en étaient occupés. L’équipe. Son équipe.
Elle sourit. « C’est envisageable. »
12
La première fois que Ginny Tomlinson passa dans le couloir de l’hôpital, c’était au pas de course, en réaction à des bips assourdissants qui n’annonçaient rien de bon, et Piper n’avait pas eu la possibilité de lui parler. N’avait même pas essayé. Cela faisait assez longtemps qu’elle patientait dans la salle d’attente pour se faire une idée du tableau : trois personnes, deux infirmières et une jeune volontaire du nom de Gina Buffalino, géraient à elles seules tout l’hôpital. Elles y arrivaient, mais tout juste. À son retour, Ginny marchait lentement. Elle se tenait les épaules baissées. Un graphique de températures pendait de sa main.
27
Expression pour parler des intonations françaises (via le Québec) avec lesquelles on parle encore l’anglais dans certaines régions du Maine.