Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Si », dit Barbie, quelque peu amusé par cette sortie.
Rusty se mit à contempler le sol, les mains dans les poches arrière de son pantalon. Puis il releva la tête. « J’ai cru comprendre que le Président vous avait désigné pour reprendre la baraque. Je crois qu’il est grand temps que vous vous y colliez.
— C’est une idée, admit Barbie avec un sourire. Mais il y a un hic… Rennie et Sanders disposent de leurs forces de police. Où sont les miennes ? »
Avant que Rusty ait pu répondre, son téléphone sonna. Il l’ouvrit et regarda le minuscule écran. « Linda ? Quoi ? »
Il écouta.
« Très bien. Je comprends. Si tu es sûre qu’elles vont bien maintenant. Et tu es certaine que c’était Judy ? Pas Janelle ? » Il écouta encore un peu. « Je crois que c’est en fait une bonne nouvelle. J’ai vu deux autres gosses, ce matin. Ils avaient eu tous les deux une crise passagère et c’était fini depuis longtemps quand je les ai examinés. Ils allaient tous deux très bien après. Et j’ai eu des appels pour trois autres. Ginny en a eu un elle aussi. Il pourrait s’agir d’un effet secondaire de la force qui maintient le Dôme. »
Il écouta.
« Parce que je n’en ai absolument pas eu le temps », dit-il. Il avait répondu d’un ton patient, sans agressivité. Barbie n’eut pas de mal à imaginer la question qui avait provoqué cette réaction : je te dis que les gosses ont des crises d’épilepsie toute la journée et c’est tout ce que tu trouves à me dire ?
« Tu vas passer prendre les petites ? » demanda Rusty. Il écouta. « D’accord. Très bien. Si tu trouves que ça ne va pas, appelle-moi. Je viendrai immédiatement. Et fais en sorte qu’Audi reste avec elles. Oui. Ouais. Moi aussi, je t’aime. » Il raccrocha le portable à sa ceinture et se passa les mains dans les cheveux avec une telle vigueur qu’il se fit un instant des yeux de Chinois. « Bon Dieu de bon Dieu de bonsoir !
— Qui est Audi ?
— Notre golden retriever.
— Parlez-moi un peu de ces crises. »
Ce que fit Rusty, sans omettre ce qu’avaient dit Jannie sur Halloween et Judy sur les étoiles roses.
« Le truc sur Halloween me fait penser à la manière dont le petit Dinsmore délirait, observa Barbie.
— Exact.
— Et les autres gosses ? Ont-ils parlé de Halloween ? Ou d’étoiles roses ?
— Les parents que j’ai vus aujourd’hui m’ont dit que leurs gamins avaient jacassé pendant leur crise, mais ils étaient trop paniqués pour y avoir fait attention.
— Et les gosses ? Ils ne se souviennent de rien ?
— Ils ne savent même pas qu’ils ont eu une crise.
— Et c’est normal ?
— Ce n’est pas anormal.
— Une chance que votre cadette ait voulu imiter sa sœur aînée ? Pour… je ne sais pas… attirer votre attention ? »
Rusty n’avait pas pensé à cette possibilité — il n’en avait pas eu le temps, en fait. « C’est possible, mais peu probable. » Il eut un mouvement de tête vers le sac que tenait Barbie. « Vous allez faire des recherches avec ce truc ?
— Pas moi. Cet appareil est propriété de la ville, et les puissances établies ne m’aiment pas beaucoup. Je ne tiens pas à être pris en l’ayant en ma possession. »
Il tendit le sac avec le compteur Geiger à Rusty.
« Peux pas. J’ai beaucoup de boulot, en ce moment.
— Je sais », dit Barbie qui expliqua alors ce qu’il attendait de Rusty.
L’assistant médical l’écouta attentivement, arborant un léger sourire.
« D’accord, répondit-il. Ça marche. Qu’est-ce que vous allez faire pendant que je me tape vos commissions ?
— La cuisine au Sweetbriar. Le plat du jour sera le poulet à la Barbara. Vous voulez que je vous en fasse parvenir à l’hôpital ?
— Génial », répondit Rusty.
2
En chemin vers le Cathy-Russell, Rusty s’arrêta au bureau duDemocrat et confia le compteur Geiger à Julia Shumway.
Elle écouta les instructions que Barbie lui avait demandé de relayer et esquissa un sourire. « Notre homme sait comment déléguer, il faut lui rendre cette justice. Je vais m’occuper de cela avec plaisir. »
Rusty avait pensé lui demander de faire attention à ce qu’on ne la voie pas en possession du compteur Geiger, mais il n’en eut pas besoin. Le sac avait aussitôt disparu sous le bureau.
Il appela Ginny Tomlinson pendant le reste du trajet et l’interrogea sur la crise qu’on lui avait rapportée par téléphone.
« Un petit garçon, Jimmy Wicker. C’est son grand-père qui a appelé. Bill Wicker, je crois. »
Rusty le connaissait. Bill était le facteur.
« C’était lui qui gardait Jimmy pendant que sa mère allait faire le plein. Ils n’ont presque plus de super au Gas & Grocery, au fait, et Johnny Carver a eu le culot d’augmenter le prix à onze dollars le gallon ! Onze dollars ! »
Rusty garda son calme, se disant qu’il aurait mieux fait d’avoir cette conversation une fois sur place. Il était presque arrivé à l’hôpital. Quand l’infirmière eut fini de se plaindre, il voulut savoir si le petit Jimmy n’avait rien dit pendant sa crise.
— Si, en effet. D’après Bill, il a pas mal jacassé. Je crois que c’était une histoire d’étoiles roses. Ou de Halloween. À moins que je ne confonde avec ce qu’a dit Rory Dinsmore. Les gens en ont parlé. »
Bien sûr, qu’ils en ont parlé, pensa Rusty, lugubre. Et ils vont aussi parler du reste, s’ils le découvrent. Ce qui arrivera probablement.
« Très bien. Merci, Ginny.
— Tu reviens quand, Rusty ?
— Je suis presque arrivé.
— Bon. Parce que nous avons une nouvelle patiente. Sammy Bushey. Elle a été violée. »
Rusty émit un grognement.
« Elle va mieux. C’est Piper Libby qui nous l’a amenée. Je n’ai pas pu lui faire dire qui lui a fait ça, mais je crois que Piper y est arrivée. Elle est sortie de là comme si elle avait le feu aux cheveux… » Elle se tut et bâilla assez fort pour que Rusty l’entende. « … et qu’elle allait l’avoir aux fesses.
— Ginny mon amour, à quand remonte ta dernière nuit de sommeil ?
— Je vais bien.
— Rentre chez toi.
— Tu rigoles, non ? » dit-elle d’un ton stupéfait.
— Non. Rentre chez toi. Dors. Sans mettre le réveil. » Puis une idée lui vint à l’esprit. « Mais arrête-toi au Sweetbriar Rose en chemin, tu veux bien ? Il y aura du poulet. Je le tiens d’une source sûre.
— La petite Bushey…
— Je m’occupe d’elle dans cinq minutes. Toi, tu prends tes affaires et tu files. »
Il referma le téléphone avant qu’elle ait pu protester.
3
Big Jim Rennie se sentait remarquablement bien pour quelqu’un qui avait commis un assassinat la veille. Cela tenait en partie à ce qu’il ne considérait pas son acte comme un meurtre, pas plus qu’il n’avait considéré que la mort de sa femme en avait été un. Un cancer l’avait emportée. Inopérable. D’accord, il lui avait sans doute donné trop de pilules antidouleur au cours de la dernière semaine et il avait dû l’aider en lui mettant un oreiller sur la figure (n’appuyant que légèrement, très légèrement, ralentissant sa respiration, l’aidant juste à se glisser dans les bras de Jésus), mais il avait agi par amour et miséricorde. Ce qui était arrivé au révérend Coggins avait été un peu plus brutal — si l’on veut — mais le pasteur s’était montré tellement menaçant ! Totalement incapable de faire passer le bien de la ville avant le sien.