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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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« Bien, dit-elle, de bonnes petites statues. Attention, deuxième round. Elle se tourna de nouveau vers l’arbre, envahie par l’ancienne et délicieuse peur enfantine de savoir que des gens s’approchent pendant qu’on a le dos tourné. « Undeuxtroisquatrecinqsixsepthuitneufdix RED LIGHT ! »

Elle se retourna. Alice se tenait à présent à une vingtaine de pas. Aidan à une dizaine de pas derrière sa sœur, tremblant sur un pied, l’égratignure qu’il avait au genou bien visible. Thurston était derrière le petit garçon, une main sur la poitrine comme un orateur, souriant. C’était Alice qui allait l’attraper, mais c’était parfait ; dans la seconde partie, ce serait la fillette qui compterait et son frère qui gagnerait. Carolyn et Thurston y veilleraient.

Elle se tourna de nouveau vers l’arbre. « Undeuxtroisqu… »

C’est alors qu’Alice hurla.

Carolyn se tourna et vit Aidan allongé sur le sol. Elle crut tout d’abord qu’il essayait de continuer le jeu. Il avait un genou (celui à l’égratignure) en l’air, comme s’il s’efforçait de courir sur le dos. Ses yeux écarquillés regardaient le ciel. Ses lèvres étaient arrondies en un petit O plein de plis. Une tache plus sombre envahissait son short. Elle se précipita vers lui.

« Qu’est-ce qui lui arrive ? » demanda Alice. Toute la tension accumulée au cours de ce terrible week-end se lisait sur le visage de la fillette. « Il va bien ?

— Aidan ? dit Thurston. Tu vas bien mon grand ? »

Aidan continuait de trembler ; ses lèvres donnaient l’impression de tirer sur une paille invisible. Sa jambe pliée s’abaissa, puis se détendit en un coup de pied. Ses épaules s’agitèrent de mouvements saccadés.

« Il a une crise de quelque chose, dit Carolyn. C’est probablement dû à la surexcitation. Je crois que ça va s’arrêter tout seul si on lui laisse…

— Les étoiles roses tombent, dit Aidan. Elles font des lignes entre elles. C’est joli. Ça fait peur. Tout le monde regarde. Pas de bonbons, juste des blagues. Difficile de respirer. Il s’appelle le Chef. C’est sa faute. C’est lui. »

Carolyn et Thurston se regardèrent. Alice s’était agenouillée à côté de son frère et lui tenait la main.

« Des étoiles roses, reprit Aidan. Elles tombent, elles tombent, elles t…

— Réveille-toi ! lui cria Alice en plein visage. Arrête de nous faire peur ! »

Thurston la toucha à l’épaule. « Je ne crois pas que cela serve à quelque chose, ma chérie. »

Alice n’y fit pas attention. « Réveille-toi, espèce de… de… TÊTE DE NŒUD ! »

Et Aidan sortit de sa transe. Il regarda le visage strié de larmes de sa sœur, intrigué. Puis il se tourna vers Carolyn et sourit — le sourire le plus fichtrement doux et suave qu’elle ait vu de toute sa vie.

« J’ai gagné ? » demanda-t-il.

16

Le groupe électrogène, dans le hangar de l’hôtel de ville, était mal entretenu (on avait glissé dessous une antique bassine en tôle galvanisée pour récupérer l’huile qui en gouttait) et, se dit Rusty, il devait être aussi gourmand en énergie que le Hummer de Big Jim. Il s’intéressait davantage, cependant, au réservoir en métal argenté qui y était relié.

Barbie eut un bref coup d’œil pour la machine, grimaça devant l’odeur et s’approcha du réservoir. « Je m’étais attendu à ce qu’il soit plus gros », dit-il, même s’il l’était déjà beaucoup plus que les bonbonnes qu’ils utilisaient au Sweetbriar Rose ou que celle qu’il avait changée pour Brenda Perkins.

« C’est ce qu’on appelle la taille municipale, répondit Rusty. Il en a été question à la réunion du conseil municipal, l’an dernier. Sanders et Rennie ont fait tout un cirque pour nous expliquer que les réservoirs plus petits nous feraient faire des économies en ces temps d’énergie chère. Chacun contient trois mille litres. Ce qui fait un poids de presque trois tonnes. »

Rusty acquiesça. « Sans compter le réservoir lui-même. C’est un sacré poids à soulever. On a forcément besoin d’un Fenwick ou d’un monte-charge hydraulique. Mais pas d’un très gros camion pour le déplacer. Un pick-up Ram est autorisé à porter deux mille huit cents kilos, et il doit y avoir de la marge. Et l’un de ces réservoirs de taille moyenne tiendrait sur sa plate-forme. Il dépasserait peut-être un peu au bout, c’est tout. » Rusty haussa les épaules. « Accrochez un drapeau rouge, et vous pouvez y aller.

— C’est le seul, ici. Quand il sera vide, il n’y aura plus de jus dans l’hôtel de ville.

— Sauf si Rennie et Sanders savent où il y en a d’autres. Et je vous parie qu’ils le savent. »

Barbie passa la main sur les lettres bleues apposées au stencil sur le réservoir : CR HOSP. « C’est celui que vous avez perdu.

— Nous ne l’avons pas perdu. On nous l’a volé. Je m’en doutais. Sauf qu’il devrait y avoir cinq de nos réservoirs de plus ici, étant donné qu’il nous en manque six. »

Barbie parcourut des yeux le hangar tout en longueur. En dépit de la présence des chasse-neige et des cartons de pièces détachées, l’endroit donnait une impression de vide. En particulier autour du générateur. « Et indépendamment de ce qui a été piqué à l’hôpital, où sont les autres réservoirs de la ville ?

— Je ne sais pas.

— Et à quoi peuvent-ils bien leur servir ?

— Je ne sais pas non plus, répondit Rusty. Mais j’ai bien l’intention de le découvrir. »

La chute des étoiles roses

1

Barbie et Rusty sortirent du hangar et inspirèrent à fond. L’air sentait la fumée, à cause de l’incendie récemment éteint à l’ouest de la ville, mais paraissait d’une agréable fraîcheur à côté des vapeurs de gazole brûlées dans le hangar. Une petite brise nonchalante coulait sa patte de chat sur leur visage. Barbie transportait le compteur Geiger dans un sac à provisions qu’il avait trouvé dans l’abri antiatomique.

« Cette connerie ne va pas tenir », dit Rusty. Il avait le visage fermé, l’expression dure.

« Qu’est-ce que vous allez faire ? lui demanda Barbie.

— À présent ? Rien. Enfin si. Je vais retourner à l’hôpital voir les malades. Ce soir, cependant, j’ai bien l’intention d’aller frapper à la porte de Jim Rennie et de lui demander de me fournir une foutue explication. Il a intérêt à en avoir une bonne, et il a intérêt à avoir le reste de propane, sinon il y aura des morts à l’hôpital dès après-demain, même si l’on arrête tout ce qui n’est pas essentiel.

— Tout sera peut-être terminé avant.

— Vous y croyez, vous ? »

Au lieu de répondre à la question, Barbie fit remarquer : « Il pourrait être dangereux de faire pression sur le deuxième conseiller, par les temps qui courent.

— Seulement par les temps qui courent ? Voilà qui montre mieux que tout que vous venez de débarquer ici. J’ai déjà entendu ça depuis au bas mot dix mille ans qu’il dirige cette ville. Soit il dit aux gens d’aller se faire voir, soit il leur demande d’être patients. Pour le bien de la ville, c’est son leitmotiv. Le numéro un de sa liste des meilleurs clouages de bec. La réunion publique du conseil municipal, en mars dernier, a été une mascarade. Autoriser les travaux d’un nouveau tout-à-l’égout ? Désolé, la ville ne peut pas lever un impôt suffisant. Autoriser un nouveau zonage commercial ? Idée géniale, la ville a bien besoin de la taxe professionnelle, construisons un Walmart du côté de la 117. Le Service des études environnementales de l’université du Maine établit qu’il y a trop d’eaux usées qui se déversent dans Chester Pond ? Le deuxième conseiller recommande d’ajourner la discussion, parce que chacun sait bien que toutes ces études scientifiques sont faites par des athées socialistes au cœur saignant. Mais l’hôpital, c’est pour le bien de la ville — ce n’est pas ce que vous diriez ?

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