Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Merci. »
Les paupières de Sammy commencèrent à s’abaisser à nouveau.
« Remercie-moi en me disant le nom des hommes qui t’ont violée. »
Dans la chambre faiblement éclairée — mais où il faisait chaud, la climatisation étant arrêtée — Sammy secoua la tête. « Ils ont dit qu’ils me feraient du mal. Si je parlais. » Elle jeta un coup d’œil à Piper. Un regard bovin, plein d’une résignation bovine. « Ils pourraient faire du mal à Little Walter aussi.
Piper acquiesça. « Je comprends que tu aies peur. Et maintenant, dis-moi qui c’était. Donne-moi les noms.
— Vous n’avez pas entendu ce que je vous ai dit ? » Sammy détourna les yeux. « Ils ont dit qu’ils me feraient du mal si… »
Piper n’avait pas le temps de l’écouter divaguer ; la fille risquait de tomber dans les vapes d’un moment à l’autre. Elle la saisit par le poignet.
« Je veux ces noms et tu vas me les donner.
— J’ose pas. »
Des larmes se mirent à grossir dans ses yeux.
« Tu vas le faire, parce que si je n’étais pas passée, tu serais peut-être morte, à l’heure actuelle. » Piper marqua une pause, puis finit d’enfoncer le clou. Piper allait peut-être le regretter, mais pas en cet instant. En cet instant, la jeune femme dans le lit était le seul obstacle entre elle et ce qu’elle avait besoin de savoir. « Sans parler de ton bébé. Lui aussi serait peut-être mort. Je t’ai sauvé la vie, j’ai sauvé la vie de ton bébé, et je veux ces noms.
— Non. »
Sammy faiblissait, cependant, et une partie de la révérende prenait plaisir à ce qui se passait. Plus tard, elle se sentirait dégoûtée ; plus tard, elle se dirait : Au fond, tu n’es pas tellement différente de ces types, forcer est toujours forcer. Mais en ce moment, oui, elle ressentait du plaisir, tout comme elle avait ressenti du plaisir à arracher du mur et à déchirer le poster qu’elle adorait.
J’aime ça parce que c’est plein d’amertume, pensa-t-elle. Et parce que tel est mon cœur.
Elle se pencha sur la fille en larmes. « Débouche-toi les oreilles, Sammy, parce qu’il faut que tu entendes bien ce que je vais te dire. Ce qu’ils t’ont fait, ils le referont. Et lorsqu’ils l’auront fait, lorsqu’une autre femme arrivera ici en sang et peut-être portant aussi l’enfant d’un violeur, je viendrai te voir et te dirai…
— Non ! Arrêtez !
— … que tu étais avec eux. Que tu étais là, que tu les encourageais.
— Non ! cria Sammy. C’était pas moi, c’était Georgia ! C’est Georgia qui les encourageait ! »
Piper se sentit envahie d’une onde glacée de dégoût. Une femme. Une femme avait été là. Dans sa tête, la fissure écarlate s’agrandit encore. Elle n’allait pas tarder à cracher de la lave.
« Donne-moi les noms. »
Et Sammy les donna.
14
Jackie Wettington et Linda Everett étaient garées devant le Food City. Le magasin devait fermer à cinq heures au lieu de huit. Randolph les avait envoyées sur place, craignant que le changement d’horaire ne provoque des troubles. Une idée ridicule, car le supermarché était presque vide. Il y avait à peine une douzaine de voitures dans le parking et les quelques clients erraient lentement dans les allées, hébétés, comme si tous partageaient le même mauvais rêve. Les deux femmes ne virent qu’un seul caissier, un adolescent du nom de Bruce Yardley. Le gosse était occupé à ranger la monnaie et des notes diverses au lieu de faire tourner les cartes de crédit. Le comptoir de la boucherie paraissait presque vide, mais il y avait encore beaucoup de poulets et la plupart des étagères des aliments en conserve étaient réapprovisionnées.
Elles attendaient le départ du dernier client lorsque le téléphone de Linda sonna. Elle regarda qui l’appelait et sentit une petite bouffée de peur. C’était Marta Edmunds, la femme qui gardait Janelle et Judy quand Linda et Rusty travaillaient tous les deux — ce qui avait été presque tout le temps le cas depuis que le Dôme était apparu. Elle appuya sur le bouton de rappel.
« Marta ? » dit-elle, priant pour que ce ne soit rien de grave, du genre Marta lui demandant si elle pouvait aller jusqu’au parc avec les filles, par exemple. « Tout va bien ?
— Eh bien… oui. C’est-à-dire, je crois. » Linda détesta l’inquiétude qu’elle entendait dans la voix de Marta. « Mais… tu sais, cette histoire de crise ?
— Oh, mon Dieu ! Elle en a eu une ?
— Je crois », répondit Marta, ajoutant aussitôt, d’un ton précipité : « Mais elles vont parfaitement bien à présent, elles sont dans l’autre pièce, elles font des coloriages.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? Dis-moi !
— Elles étaient sur les balançoires. Je m’occupais de mes plantes, pour les préparer pour l’hiver…
— Marta, s’il te plaît ! » s’écria Linda. Jackie lui mit une main sur le bras.
« Désolée. Audi a commencé à aboyer, alors je me suis tournée. J’ai dit, ça va bien, ma chérie ? Elle n’a pas répondu, elle est juste descendue de la balançoire et s’est assise dessous — tu sais dans le petit creux ? Elle n’est pas tombée ni rien, elle s’est juste assise. Elle regardait droit devant elle et elle claquait des lèvres, comme Rusty a dit qu’elle pouvait faire. J’ai couru… Je l’ai un peu secouée… et elle a dit… attends que je réfléchisse… »
Je parie que c’est Arrêtez Halloween, pensa Linda. Il faut arrêter Halloween.
Mais non. C’était quelque chose d’entièrement différent.
« Elle a dit : Les étoiles roses tombent. Les étoiles roses tombent en ligne. Puis elle a dit : Il fait tellement noir et tout le monde sent mauvais. Puis elle s’est réveillée et maintenant tout va bien.
— Mon Dieu, merci, dit Linda, avec aussi une pensée pour la plus petite. Et Judy, ça va ? Ça ne l’a pas trop bouleversée ? »
Il y eut un long silence sur la ligne, puis Marta répondit : « C’était Judy, Linda. Pas Janelle. C’était Judy, cette fois. »
15
Je veux jouer à l’autre jeu que vous avez dit, avait demandé le petit Aidan à Carolyn lorsqu’ils s’étaient arrêtés dans le parc pour parler à Rusty. L’autre jeu auquel elle pensait était Red Light[28], même si Carolyn n’avait que le souvenir le plus confus de ses règles — ce qui n’était guère surprenant, étant donné qu’elle n’y avait plus joué depuis l’âge de six ou sept ans.
Mais une fois debout contre un arbre, dans le vaste jardin du « précitère », les règles lui revinrent aussitôt. Ainsi, de manière assez inattendue, qu’à Thurston, qui accepta non seulement de jouer, mais parut le faire avec un réel entrain.
« N’oubliez pas, dit-il aux enfants (qui paraissaient eux-mêmes n’avoir encore jamais été initiés au plaisir de Red Light), elle a le droit de compter jusqu’à dix aussi vite qu’elle peut et si elle en surprend un qui bouge quand elle se tourne, il doit retourner jusqu’à la ligne de départ.
— Moi, elle m’attrapera pas, affirma Alice.
— Moi non plus, dit fermement Aidan.
— C’est ce que nous verrons, dit Carolyn en se tournant vers l’arbre. Un, deux, trois, quatre… cinq, six, sept… huit-neuf-dix-Red Light ! »
Elle se retourna vivement. Alice, souriant de toutes ses dents, se tenait une jambe en extension après avoir fait un grand pas. Aidan se trouvait à dix pas derrière elle. Thurston, souriant lui aussi, avait les bras tendus et les mains en crochet comme Le Fantôme de l’Opéra. Elle détecta bien un léger mouvement d’Aidan, mais il n’était pas question de le renvoyer à la ligne de départ. Il avait l’air heureux et elle ne voulait surtout pas gâcher son plaisir.
28
Feu rouge, équivalent, comme on le verra, de « un, deux, trois, soleil ».