La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Au reste, le costume que lui donnent les bas-reliefs et les vases, n'est pas identique à celui que décrivent les poètes. « Chaque chef, ditNonnos,
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Fig. 474. — Baccliu^ tliébain (statue antique).
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avait conduit séparément ses trou[>es à Baccluis, et le dieu, pétillant, commandait toute Tarmée dans son plus brillant éclat. 11 ne portait pas dans la mêlée un bouclier, une forte lance, ou un glaive suspendu à ses épaules; il ne chargeait pas sa chevelure d'un casque d'airain qui eût protégé sa tête invincible, mais il attachait ses cheveux déployés par des nœufs de serpents et ceignait sa tête de cette formidable couronne. Au lieu de brodequins artistement fabriqués et montant jusqu'aux genoux, il avait njonté à dos cothurnes de pourpre une chaussure d'argent. La
Fig.
Bacclms coucIk' (d'après une statue antique).
nébride velue dont il couvrait sa poitrine lui servait de cuirasse, marquetée comme le ciel étoile. Il tenait de sa main gauche une corne d'or élégante, toute remplie d'un vin délicieux; et de cette corne, comme d'une aiguière, le breuvage s'échappait cà flots abondants. Dans sa main droite, il portait le thyrse aigu enveloppé d'un lierre épais; ce feuillage en ombrageait la pointe d'acier; et il avait adapté à l'or de la surface une bandelette circulaire. »
Bacchus thébain. — Le Bacchus Ihébain, qui est plus généralement imberbe, est beaucoup plus commun dans la statuaire. Le peintre Aristide avait fait un Bacchus très-célèbre, qui fut apporté à Rome après la prise de Corinthe. « Mummius. dit Pline, que sa victoire fit surnommer Achaïque, est le premier qui ait initié les Romains aux tableaux étrangers. A la vente du butin, Attale, roi de Pergame, avait acheté six cent mille deniers (540,000 fr.), un Bacchus d'Aristide : le consul étonné du prix et soupçonnant dans le tableau quelque vertu qu'il ne connaissait pas, le retira de la vente, malgré les plaintes du roi, et le plaça dans le temple de Cérès. Je crois que c'est le premier tableau étranger qui ait été rendu pul)lic à Rome, mais dans la suite un grand nombre furent placés dans le Forum. »
La forme presque féminine du Bacchus thébain représente le dieu
BACCHUS ET SON CORTEGE.
sous Jostiails de la jeuncssoet dans tout l'ctlal de la beauté. Son expression nonchalante indique un denii-soniincil, une rêverie langoureuse. Tantôt nu, tantôt eouvert dune])eau de faon, il apparaît fréquemment
Fig. 47G. — Bacclius (cl'aiJi'ès une statue antique;, musée du Louvre).
monté sur une panthère ou sur un char traîné par des tigres. La vigne, le lierre, le thyrse, la coupe et les masques bachiques forment ses attributs les plus ordinaires (fig. 474 à 476).
La vigne, le lierre et le thyrse. — La vigne, le lierre et le thyrse sont des emblèmes qui se rattachent à la fabrication du vin ou aux effets qu'il produit. Le lierre passait, dans l'antiquité, pour avoir la propriété d'empêcher l'ivresse, et c'est pour cela que, dans les festins, les convives étaient souvent couronnés de lierre. Cette plante forme souvent
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aussi la couronne âc Bacchus. Ello s'cMiroulo ([uelquefois autour du thyrse dont le bout se termine par une pomme de pin. Dans beaucoup d'endroits en etfet la pomme de pin entrait dans la fabrication du vin, i|ui devait différer sous beaucoup de rapports de ce qu'elle est aujourd'hui. On voit par la facilité avec laquelle Ulysse endort le cyclope, en lui versant deux fois un peu de vin qu'il avait emporté sur lui, que cette boisson était, au moins dans quelques endroits, extrêmement capiteuse. Les anciens y mèlai(>nt fréquemment du miel et presque toujours de l'eau : il était extrêmement rare de boire du vin pur.
La ciste et le serpent bachique. — La ciste mystique est la boîte ou le [)anier dans lequel on renfermait les objets sacrés qui servaient au culte de Bacchus.
Fig. 47 7. —La ciste et le serpent bachique (d'après une môdaille antique).
La ciste est un emblème que l'on trouve sur une multitude de monuments bachiques ; presque toujours elle est associée au serpent, comme nous le voyons sur les médailles appelées cistophores (fig. 477). Le serpent, que nous avons vu être associé à Esculape, trouve naturellement sa place à côté des images de Bacchus à cause des vertus cura-tives qu'on attribuait au vin.
Les animaux bachiques. — Le tigre, la panthère et le lynx accompagnent habituellement le cortège de Bacchus, dans les scènes où le jeune dieu est représenté triomphant. Leur présence suffirait pour affirmer le caractère oriental ([u'oii trouve dans toutes les fables qui constituent sa légende.
L'âne portant Silène s'explique tout naturellement, })uisquL' Silène est le père nourricier de Bacchus. Cet âne est d'ailleurs célèbre par le rôle qu'il a joué dans la guerre des dieuv contre les géants; car, ayant aperçu l'armée ennemie rangée en bataille, il se mit à braire de telle façon que tous les géants prirent aussitôt la fuite.
Le lièvre apparaît aussi sur quelques monuments, et son caractère .symbolique est bien déterminé par ce fait que les anciens en faisaient un symbole de fécondité. Nous le voyons sous cet aspect sur un vase
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qui roprésenle Lihci- et Lilx'ia; Lihor est le nom que les Latins donnent liabituelleinent à Bacelnis, e( IJ!)era, la déesse qui lui est associée, paraît être la uïème (|u"riane ou Proserpine. Ces deux divinités sont assises au deux eott's du ne éniincnee ([ui forme une es|)èce de g^rotte.
Fig. 47S. — Liber et Libéra id'api'èsune peinture de vase).
Un vieux satyre présente à Libéra un œuf, autre emblème de fécondité, et un lièvre, qui répond à la même idée, est placé près de Liber, qui tient 1(> tbyrse bachique (fiy-. 478).
Par des raisons analogues, le bélier, le bouc et le taureau figurent fréquemment sur les monuments relatifs au culte de Baechus. La tète de bélier est un emblème très-commun, et le bouc, dont les Pans et
Fig. 479. — Le sacrifice du bouc (d'après un camco antique),
les Satyres, suivants de Baechus, ont emprunté la forme, était l'animal qu'on sacrifiait }>lus spécialement au dieu qui fait mûrir les fruits. Sur un camée antique, on voit le sacrifice du bouc ; l'animal est retenu par un jeune satyre, en face duquel est une bacchante couchée qui tient un thyrsc et prend un tymjianon susj)endu à un arbre. Leurs homma-
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ges s'adressent à un petit Bacchus ])arl)U, vètii du costume lydien et portant une coupe (fig. 479).
Il y avait d'ailleurs une raison mythologique pour que le bouc fût plus spécialement l'animal de Bacchus. Son père Jupiter, pour le soustraire aux persécutions de Junon. l'avait, suivant certaines traditions.
Fig. iSO. — Bacchus i^d'api'és une statue antiquo).
métamorphosé en chevreau dans sa jeunesse. Sur une médaille de Laodicée, en Phrygie, on voit Jupiter tenant dans ses bras le petit Bacchus et à côté du roi des dieux paraît le jeune chevreau, dont l'enfant va prendre la forme.
Comme symbole de l'agriculture, Bacchus, qui est fréquemment associé à Cérès (fig. 485), revêt quelquefois la forme du taureau, animal générateur qui personnifie la fécondité de la terre. Une jolie pierre gravée du cabinet des Médailles nous montre le taureau bachique, ou dionysia([ue, caractérisé par le thyrse ([u'on voit sous ses pieds (fig. 481).