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La Mythologie dans l'art ancien et moderne

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La Mythologie dans l'art ancien et moderne
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Mais, franchement, on ne peut lui en vouloir de sa dureté : quand on aime le beau Narcisse , comment pourrait-on regarder en face le vieux Pan? Car Pan est toujours vieux, bien qu'il ait eu pour père Mercure, (fui est éternellement jeune et passablement vain de sa personne.

Pan fils de Mercure. — Ln jour le [)ère et le fils se rencontrèrent :

Pan. — Bonjour, Mercure, mon père !

Mercure. — Bonjour aussi ; mais comment suis-je ton père?

Pan. — N'es-tu pas Mercure, le dieu du Cyllène?

Mercure. — Oui ; mais comment es-tu mon fils? Ali I par Jupiter !

je me souviens de l'aventure! Il faudra donc que moi, qui suis si fier de ma beauté et qui n'ai pas de barbe, je sois appelé ton père! tout le monde va rire de moi, d'avoir pour fils un si joli garçon.

PvN. — Mais je ne vous déshonore pas, mon père; je suis musicien et je joue fort agréablement de la flûte. Bacchus ne peut faire un pas sans moi; il m'a choisi pour ami et compagnon de ses danses, et j'en conduis les chœurs.

Mercure. — Eh bien, Pan (car je crois que c'est là ton nom), sais-tu de quelle manière tu peux m'ètre agréable ? Et veux-tu m'accorder ce que je te demanderai?

Pan. — Ordonnez, mon père, et nous verrons.

Mercure. — Viens et embrasse-moi; mais aie bien soin de ne m'ap-peler ton père devant personne. (Lucien.)

Pan divinité pastorale. — Comme symbole de l'obscurité, Pan tause aux hommes les terreurs pcoiiques, c'est-à-dire non motivées. A la bataille de Marathon, il inspira aux Perses une de ces peurs subites ; ce qui contribua beaucoup à assurer la victoire aux Grecs. C'est en raison de ce secours que les Athéniens lui consacrèrent une grotte dans l'Acropole.

Toutefois Pan n'était primitivement que la divinité pastorale des Ar-cadiens qui l'invoquaient pour multiplier les troupeaux. « Glaucon et Corydon, qui mènent ensemble leurs troupeaux de bœufs sur les montagnes, tous deux Arcadiens, ont immolé à Pan, gardien du mont Cyllène, la génisse aux belles cornes ; et ses cornes de douze palmes, ils les ont attachées en son honneur, axec un long clou, au tronc de ce platane loulîu, belle offrande au dieu des bergers. » {Anthologie.)

Les images primitives de Pan étaient pourvues d'un symbole dont la crudité significative n'avait alors rien de licencieux. Son culte, qui depuis s'esteffacé devant celui des divinités de l'Olympe, est extrêmement ancien en Arcadie et très-certainement antérieur à toute civilisation. « Quand l'éducation des bestiaux ne prospérait pas, dit Creuzer, les

PAN, DIEU D'AIIGADIE.

oo:;

pasloiii's arcadicns chargeaient de coups les idoles de leur dieu Pan : conlnnic qui atteste leur profonde barbarie en lait de religion. »

Pan dieu universel. — Sous rinfluence de la poésie orphique, le dieu Pan est devenu un symbole panthéiste fondé sur l'interprétation (b' son nom : la (lùtc aux sept tuyaux représente alors les .sept

Fig. iG3. — Sacrifice à Pan (d'aprt's une pierre gravée antiijue, agate-onyx^.

notes de l'harmonie universelle, et la fusion des formes animales avec les formes humaines répond au caractère multiple de la vie dans l'univers. C'est sous cet aspect que Pan nous apparaît dans une jolie composition de Gillot, qui en a fait lui-même une gravure. Cette image répond bien à l'idée que le dix-huitième siècle se faisait de l'anli-quité. Toute la nature est en fête devant le dieu qui symbolyse l'universalité des êtres; mais cette fête, si pleine de vie et de mouvement, fait penser aux kermesses flamandes beaucoup plus qu'aux bas-reliefs anti([ues.

Sous le règne de Tibère, un navire étant en rade, on entendit uiu' voix mystérieuse qui criait : « Le grand dieu Pan est mort! » Depuis ce temps on n'a plus jamais entendu parler du dieu Pan.

VESTA.

Type cl attributs de Vcsla. — l/aulcl domeslujiio. — L'arrivée de l'épouse. — l.ei' Vestales romaines. — Les lares domestiques. — Les génies.

Type et attributs de Vesta. — Vcsta ost la pcrsonnifucitioii du loyer où l'on outrctieiit le iVii sacré qui préside aux destinées de la l'amillc ou de la eifé. Elle n'a pas de légende : elle était le premier onfant né de Saturne et de Rliéa, et fut comme les autres avalée [)ar î^on père. Plus tard, lorsqu'elle revit la lumière, elle refusa d'épouser îuicun des Dieux. « Les travaux de Vénus ne sont point agréables à Vesta, vierge vénérable, la première enfantée par le rusé Saturne, et la dernière selon les volontés du puissant Jupiter. Apollon et Mercure désiraient épouser cette auguste déesse, mais elle ne voulut pas y consentir; elle s'y refusa constamment, et, toucliant la tête du jniis-sant dieu de l'égide, cette déesse lit le grand serment qu'elle a toujours teiui de rester vierge dans tous les temps. Au lieu de l'hyménée, son père la gratifia dune belle prérogative; au foyer de la maison, elle reçoit toutes les jn-émices des offrandes, elle est honorée dans tous les temples des Dieux; elle est pour les mortels la jdus auguste ■des déesses. » (Extrait de l'hymne homérique à Vénus.)

Dans toute l'antiquité le foyer était considéré comme le symbole de; la vie domestique, dont le bonheur repose sur la chasteté de l'épouse. Vesta était la gardienne de la famille et était associée aux dieux pénates, c'est-à-dire aux ancêtres protecteurs des membres vivants de: la famille : sa place était donc au milieu de la maison. Par suite elle avait un autel dans la ville comme gardienne de la cité, et lorsque des colons partaient pour fonder une ville nouvelle, ils avaient soin d'emporter le feu du foyer commun qui brûlait dans la ville pour allumer celui qu'ils voulaient établir dans leur nouvelle patrie. Ovide, dans ses Fastes, parle ainsi de Vesta : « Il ne faut voir dans Vesta rien autie chose que la flamme active et pure ; et vous ne voyez aucun corps naître de la flamme. Elle est donc vierge a bon droit et aime à avoir des compagnes de sa virginité. Le toit recourbé du temple de Vesta ne recelait aucune image. C'est un feu inextinguible qui est caché dans ■ce sanctuaire. Ni Vesta ni le feu n'ont d'images. La terre se soutient

VESÏA.

oOo

par sa propre force ; Vesla tire donc son nom de ce <|ireJle se soutient par sa propre force, mais le foyer est ainsi a|>pelé, oX des tlammes et de ce qu'il échauffe et fomente toutes clioses. 11 était autrefois dans les premières pièces de l'appartement; c'est de là aussi, je crois, que l'on a dit un vestilmle, et que dans les prières, nous disons encore à Vesta : Toi qui occupes les premiers lieux. C'était la coutume autrefois de s'asseoir sur de longs bancs, devant le foyer, et de croire que les dieux assistaient au festin. >->

Ovide se trompe évidemment quand il dit ([ue Vesta n"a pas d'images, seulement elles sont extrêmement rares. Pline cite une statue de

rig. (j'i. — esta (d'après une statuette antique).

Vesta, sculptée par Scopas, qui avait une grande célébrité. Celle que nous reproduisons est une des très-rares images qui nous soient parvenues de la déesse. Elle est vêtue de la tunique talaire, serrée ]>ar une ceinture, sur laquelle est jeté un ample manteau. Un long voile retombe sur ses épaules ; elle tient une lampe, symbole du feu éternel. On voit quelquefois des lampes consacrées à Vesta, qui sont caractérisées par une tête d'âne. Cet animal paraissait également dans certaines fêtes en l'honneur de la déesse, où on voulait rappeler le service qui avait été rendu à Vesta par l'àne de Silène. Un jour Priape, divinité champêtre d'un caractère jovial et fort peu disposé à la vénération, aperçut la déesse qui s'était endormie sur le gazon, et, croyant n'être pas vu, il s'approcha sournoisement pour l'embrasser. Mais l'àne de Silène, qui broutait dans le champ, fut indigné qu'on osât faire un

r)06 Ml<:iUlL'[{E ET VESTA.

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