La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
l'if;. 4.'>3. — Attributs de Mercure (composition de G;ibricl dr Saiiit-Auhin).
PAN, DIEU D'ARCADIIJ
Naissatice de Pan. — L'Amour vainqueur de Pan. — Pan et Syrinx. — Pitys changée en pin, — Pan et la nymphe Écho. — Pan, fils de Mercure. — Pan divinité pastorale. — Pan dieu universel.
Naissance de Pan. — Pan, très-ancienne divinité pélasgique spéciale à TArcadie, est le gardien des troupeaux qu'il a pour mission de faire multiplier. Dieu des bois et des pâturages, protecteur des bergers . il est venu au monde avec des cornes et des jambes de bouc.
Fig. 4.'»4. 455. — Tètes de Pan (d'après crancieiiiies moiiimies;.
Pan est fils de Mercure ; il était tout naturel que le messager des Dieux, qui est toujours considéré comme intermédiaire, marquât la transition entre les Dieux qui ont la forme humaine et ceux qui ont la forme animale. Il paraît néanmoins que la naissance de Pan causa une certaine émotion à sa mère, qui fut effrayée de sa biz'arre conformation: et les mauvaises langues prétendent même que lorsque Mercure présenta son fils aux autres Dieux, tout l'Olympe éclata d'un fou rire. Mais comme il peut y avoir là de l'exagération, il faut rétablir les faits dans leur vérité, et voici ce que dit l'hymne homérique sur cette étrange aventure. « Mercure vint dans l'Arcadie féconde en troupeaux; là s'élève le champ sacré de Cyllène : en ces lieux, lui, dieu puissant, garda les blanches brebis d'un simple mortel ; car il avait conçu le plus vif désir de s'unir à une belle nymphe fille de Dryops. Leur doux hymen s'accomplit enfin. Cette jeune nymphe donna le jour au fils de Mercure, enfant étrange à voir, enfant aux pieds de chèvre, au front armé de deux cornes. A cette vue, la nourrice abandonne l'enfant et prend aussitôt la fuite : ce regard horrible et cette barbe épaisse l'épouvan-
M Eli eu RE ET Y ES TA
tcroiit. Mais le l>ieiivoillanl Mercure, le recesaut aussitol, le jn-it dans ses inains et son àiiie en ressentit une gi-ande joie. Il arrive ainsi ;ui séjour (les immortels en cachant soigneusement son lils dans la peau velue d'un lièvre de montagne : se plaçant devant .lupiter et les autres divinités, il leur montre le jeune enfant. Tous les immortels se réjouissent à cette vue, surtout Baccluis, et ils le nommèrent Pan; car pour tous il fut un sujet de joie. »
Dans la statue de Pan (fui (>st au Louvre, la léte a \n caractère d'aiii-
l'ig. iJC. — Pan (d'après une aiicieaiic monnaie de Messana. fSicilc. '
Vh
— Pan 'd'api'è-s uw ancii'nm monnaie arcadienne).
Tiialité très-bien exprimé parla conformation étroite du front, la disposition des yeux et la courbure du nez qui rappelle la tête du bouc (fig. 460); il a quelquefois des jambes d'homme, et sur quelques monnaies on le voit nn'-mc sous la forme d'un jeune homme. Il est d'ailleurs parfaitement caractérisé par le bâton pastoral on la syrinx (fig. io7). Mais dans les traditions mythologicfues, il est toujoui's vieux et contraste par sa laideur avec les autres di>inités.
L'Amour vainqueur de Pan. — Les nymphes se moquaient sans cesse du pauvre Pan à cause de son visage repoussant et Tinfortuné dieu prit, dit-on, la résolution de ne jamais aimer. Mais Cupidon est cruel et une tradition rapporte que Pan, voulant un jour lutter corps à corps avec lui, fut vaincu et terrassé, à la grande hilarité des Nymphes. Ce duel est figuré sur des peintures antiques et Augustin Carrache, sur la gravure qu'il a faite sur ce sujet, a écrit au bas pour devise : Omtiia mncit amor (Pan veut dire tout). On y voit deux nymphes regardant avec un sourire malicieux ce combat singulier, où l'enfant ailé saisit le bras nerveux du vieux Pan qui ne sait plus résister (fig. 458).
Pan et Syrinx. — Un jour donc le dieu Pan parcourait le mont Lycée selon son habitude. 11 rencontra la nymphe Syrinx, qui n'avait jamais voulu recevoir les hommages d'aucune divinité et n'avait d'autre passion que la chasse, Il s'approcha d'elle, et comme dans les mœurs champêtres on va droit au but, sans ruse, sans détour, il lui dit en l'abordant : « (lédez, belle nympbe. aux désirs d'un dieu qui eut de-
PAN, DIEU D'ARGADIE.
497
onir votre époux. » (Ovide.) 11 voulail en dire davantage ; mais Syrinx^ peu sensible à ce discours se mit à fuir ; elle était déjà arrivée près du fleuve Ladon, son père, où, se trouvant arrêtée, elle pria les nymphes ses sœurs de la secourir. Pan, qui avait volé sur ses pas, voulut l'em-
l^Ê^x^^ ^^mmà^ ^S
Fis;. iô8. — L'Amnvu' vaiiuiiii'ur de Pan (d'après une couiposition d■An.l;•u^tin Carraclie).
brasser; mais au lieu dune nymphe, il n'embrassa que des roseaux. II soupira, et les roseaux agités poussèrent un son dou et plaintif. Lo dieu, touché de ce qu'il venait d'entendre, prit quelques roseaux d'iné-'^ae grandeur et, les ayant joints avec de la cire, il forma cette sorte d'instrument qui porte le nom de syrinx et qui est la flûte aux sept luyaux devenue l'attribut ordinaire de Pan.
Dans une composition pleine de vie et de mouvement, Rubens a représenté le dieu Pan poursuivant Syrinx. Antoine Coypel, à son tour, nous montre le dieu tenant en main l'instrument qu'il vient de fabriquer, tandis que le malin Cupidon lui annonce que les sons amoureux qu'il en tirera sauront bien, malgré sa laideur, amener près de lui les beautés qui le dédaignent.
Pitys changée en pin. — Bientôt, en eiïet, ses accords mélodieux font accourir de toutes parts les nymphes qui viennent danser en rond autour du dieu cornu. La nymphe Pitys surtout semblait si attendrie, que Pan renaît à l'espérance et croit que son talent lui fait pardonner son visage. Toujours jouant de la flûte aux sept tuyaux, il s'en va cherchant les lieux solitaires et avise enfin un rocher escarpé au haut duquel il s'assied; Pitys l'avait suivi. Pour le mieux entendre, elle se
MERCURE ET VESTA.
rapprochait toujours davantage, si bien que Pan, se voyant tout près «Velle, crut le moment opportun j>our lui adresser la parole 11 ne savait pas, le malheureux, (jue Pitys était aimée de Borée, le terrible vent du nord, qui soufflait en ce moment avec une grande violence. Voyant son amante près d'un dieu étranger, Borée fut })ris d'un accès de jalousie furieuse, et, ne se contenant plus, il souffla avec une telle impétuosité que la nymphe tomba dans le précipice, et brisa contre les rochers son beau corps, que les dieux aussitôt métamorphosèrent eu pin. C'est de])uis ce jour que cet arbre, qui porte le nom de la nymphe (/V/y.s veut dire pin), a été consacré à Pan, et c'est pour cela que dans les représentations figurées, la tète de Pan est souvent couronnée de bi'anches de pin.
Pan et la nymphe Écho. — La destinée de Pan était d'aimer toujours sans pouvoir s'unir à celle qu'il aimait. Comme il continuait à
Fig. 4I)t). — Pan (d'après une statue antique).
faire de la musique dans la montagne, il entendit au fond du vallon une voix tendre qui semblait répéter ses accords. C'était la voix de la nymphe Echo, fille de lAir et de la Terre. Il descendit à la recherche de celle qui lui avait répondu, sans pouvoir l'atteindre, bien qu'elle lui répondît toujours; la cruelle nymphe semblait même se jouer de lui.
Fig. iCO. — P.in statue antique, musée du Louvre).
PAN, DIEU UARCADIE. -^01