La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
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TYPE ET ATTRIBUTS DE BACCHUS.
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Un luxe effréné accompagna plus tard les fctes de Bacchus, qui dans plusieurs villes, et notamment à Alexandrie, se célébraient avec la plus grande magnificence. Athénée nous a laissé une curieuse description de la grande procession bachique, qui eut lieu dans cette dernière ville, sous le règne de Ptolémée Philométor.
« La division dionysiaque était précédée de silènes, les uns couverts d'une robe de pourpre foncé, les autres de robes pourpre clair. Ils étaient suivis de satyres portant des torches ornées de feuilles de lierre en or.
Fig. 490. — Fûte en l'honneur de Bacchus (d'après un bas-relief antique).
« Après eux s'avançaient des Victoires ayant des ailes d'or. Elles portaient des foyers cà brûler des parfums, hauts de six coudées, ornés de branches de lierre en or. Ces Victoires avaient des tuniques dont les tissus représentaient diverses figures d'animaux, et elles étaient ornées de la plus riche parure en or.
« A leur suite venait un autel double, de six coudées, garni d'un feuillage de lierre en or, et autour duquel courait une guirlande de pampre d'or, attachée avec des bandelettes d'une bigarrure blanche. Derrière étaient cent vingt enfants, couverts de tuniques de pourpre, portant de Tencens, de la myrrhe et du safran dans des bassins d'or. Après eux s'avançaient quarante satyres ceints de couronnes de lierre en or. Ils avaient à la main une autre couronne également en or. Leurs corps étaient peints en pourpre, en vermillon^ et en diverses autres couleurs : deux silènes en chlamydcs de couleur pourpre, avaient des souliers blancs. L'un d'eux portait un chapeau et un petit caducée d'or, l'autre tenait une trompette. Entre eux deux marchait un homme haut de quatre coudées, en habit d'acteur tragique avec un masque el une corne d'abondance toute d'or.
« Derrière lui, venait une femme de très-belle taille, parée richement en or et en argent : d'une main elle tenait une couronne de persea, de
BACCHUS ET SON CORTÈGE.
l'autre une palme. Après elle, s'avançaientlcs quatre Saisons, bien parées, portant cliacune les fruits qui lui sont propres : à leur suite, on portait un autel en or. Alors passèrent d'autres satyres couronnés de lierre d'or (ît vêtus de pourpre. Ils portaient un vase d'or à verser le vin. Le poète Philiscus, prêtre de Bacclius, et tous les gens attachés par leur profession au culte de ce dieu, les suivaient. On portait après eux des trépieds analogues à celui de Delphes, prix destinés aux athlètes. Celui qui était réservé aux adolescents avait neuf coudées de haut, et celui qu'on destinait aux hommes faits en avait douze.
« Ensuite passa un char à quatre roues, traîné par cent quatre-vingts hommes ; il portait une statue de Bacchus, faisant une libation avec une
Fie;, loi. — Silèno et les Satyres (d'après une pierre gravée antique).
tasse d'or. Ce Bacchus avait une tunique traînante, et par-dessus une robe d'un tissu transparent, et un autre vêtement de pourpre broché en or.
(( Sur ce chariot, et devant Bacchus, étaient un cratère de Laconie. un trépied et des tasses en or. On avait formé, autour de lui, un berceau avec des pampres, du lierre, et autres verdures, d'oili pendaient des couronnes, des guirlandes, des thyrses, des tambours, des bandelettes, des masques tragiques, comiques et satyriques. Sur ce char étaient aussi les prêtres, les prêtresses et les femmes portant les vans. On vit passer ensuite des lydiennes, ayant les cheveux épai's, et couronnées les unes avec des serpents, les autres avec de l'if, de la vigne et du lierre; celles-ci avaient des poignards à la main, celles-là des serpents.
« Après elles s'avançait un autre char à quatre roues, large de huit cou-
dées, traîné par soixante hommes et portant assise la figure de Nisa, revêtue d'une tunique jaune brochée en or et d'un surtout de Laconie. Cette figure se levait artificiellement sans que personne y touchât : elle versait du lait d'une coupe et se rasseyait. Elle tenait de la main gauche un thyrse, autour duquel on avait roulé des bandelettes. Sa tête était couronnée de lierre et de raisins en or, enrichis de pierreries. Un feuillage l'ombrageait aussi. Aux quatre coins du char on avait placé des torches d'or.
« Ensuite venait un autre char de vingt coudées et traîné par trois cents hommes. On y avait construit un pressoir plein de raisins. Soixante satyres foulaient, chantant au son de la flûte la chanson du Pressoir. Silène y présidait et le vin doux coulait tout le long du chemin.
« Ce char était suivi d'un autre traîné par soixante hommes et portant une outre faite de peaux de léopard cousues ensemble. Il était accompagné de cent vingt satyres et silènes, tous couronnés et tenant en main des vases et des coupes d'or. A côté on voyait un immense cratère d'argent orné d'animaux sculptés en relief et entouré d'un cordon d'or enrichi de pierreries. Puis venaient dix grandes bassines et seize cratères en argent, une grande table d'argent de douze coudées et trente autres de six coudées, quatre trépieds dont un en argent massif, et les autres enrichis de pierreries, vingt-six urnes, seize amphores semblables à celles des Panathénées et cent soixante vases à rafraîchir le vin. Toute cette vaisselle était en argent, celle d'or venait ensuite : d'abord quatre cratères avec de belles figures en relief, de grands trépieds et un buffet enrichi de pierreries, des calices, des urnes et un autel.
« Seize cents enfants marchaient à la suite ; ils étaient vêtus de tuniques blanches et couronnés de lierre ou de pin. Ils portaient des coupes d'or et d'argent : les vins avaient été préparés de manière que ceux qui étaient présents dans le stade pussent en goûter la douceur. Ensuite venait un char contenant le lit de Sémélé, suivi d'un autre char, figurant une grotte profonde couverte de lierre et entourée de nymphes couronnées d'or. Deux sources en jaillissaient, l'une de lait, l'autre de vin, et il en sortait par en haut des pigeons, des ramiers, des tourterelles, ayant des rubans attachés à leurs pattes, de manière qu'en tâchant de s'envoler, elles pussent être prises par les spectateurs.
« On vit ensuite figurer tout Tappareil de Bacchus à son retour des Indes. Le dieu, assis sur un éléphant, était vêtu d'une robe de pourpre, couronné de lierre, et tenait en inain un lliyrsc en or. Devant lui et sur le col de l'éléphant était un petit satyre couronné de branches de pin. Cinq cents jeunes filles vêtues de tuniques de pourpre et la tète couronnée de pin, marchaient à sa suite et étaient elles-mêmes suivies de cent vingts satyres armés de toutes pièces, les uns en argent, les autres en bonze. Cinq bandes d'ànes montés par des silènes et des satyres cou-
BACCHUS ET SON CORTEGE.
ronnés étaient suivies de vingt-quatre chars attelés d'éléphants : il y avait ensuite soixante chars attelés de deux houes, huit attelages de deux autruches, sept de cerfs, et tous ces chars étaient montés par des enfants portant un thyrse et couverts d'hahits de drap d'or. Les chars attelés de chameaux qui vinrent ensuite marchaient trois de file et étaient suivis d'autres chariots attelés de mulets et portant les tentes des nations étrangères. Des femmes indiennes, mises comme des captives, les accompagnaient, et étaient suivies des Ethiopiens portant les présents, six cents dents d'éléphants, deux mille troncsdéhène, et soixante cratères d'or et d'argent. Puis deux chasseurs, portant des lances d'or, ouvraient une marche de deux mille quatre cents chiens de l'Inde ou de