Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Сказки народов мира » Les Mille Et Une Nuits Tome II
Les Mille Et Une Nuits Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Mille Et Une Nuits Tome II

Электронная книга - «Les Mille Et Une Nuits Tome II». Краткое содержание книги:

Les Mille Et Une Nuits Tome II
1 ... 97 98 99 100 101 102 103 104 105 ... 145
Перейти на страницу:

«Nonobstant le cuisant mécontentement qui m’avait obligée de venir me jeter dans cette île, je ne laissais pas d’y vivre assez contente, et je me retirais dans les lieux écartés où j’étais commodément. Mes précautions néanmoins n’empêchèrent pas qu’un homme de quelque distinction, accompagné de domestiques, ne me surprît comme je dormais, et ne m’emmenât chez lui. Il me témoigna beaucoup d’amour, et il n’oublia rien pour me persuader d’y correspondre. Quand il vit qu’il ne gagnait rien par la douceur, il crut qu’il réussirait mieux par la force; mais je le fis si bien repentir de son insolence, qu’il résolut de me vendre, et il me vendit au marchand qui m’a amenée et vendue à Votre Majesté. C’était un homme sage, doux et humain, et dans le long voyage qu’il me fit faire, il ne me donna jamais que des sujets de me louer de lui.

«Pour ce qui est de Votre Majesté, continua la princesse Gulnare, si elle n’eût eu pour moi toutes les considérations dont je lui suis obligée, si elle ne m’eût donné tant de marques d’amour avec une sincérité dont je n’ai pu douter, que sans hésiter elle n’eût pas chassé toutes ses femmes, je ne feins pas de lui dire que je ne serais pas demeurée avec elle. Je me serais jetée dans la mer par cette fenêtre où elle m’aborda la première fois qu’elle me vit dans cet appartement, et je serais allée retrouver mon frère, ma mère et mes parents. J’eusse même persévéré dans ce dessein et je l’eusse exécuté, si après un certain temps j’eusse perdu l’espérance d’une grossesse. Je me garderais bien de le faire dans l’état où je suis: en effet, quoi que je pusse dire à ma mère et à mon frère, jamais ils ne voudraient croire que j’eusse été esclave d’un roi comme Votre Majesté, et jamais aussi ils ne reviendraient de la faute que j’aurais commise contre mon honneur, de mon consentement. Avec cela, sire, soit un prince ou une princesse que je mette au monde, ce sera un gage qui m’obligera de ne me séparer jamais d’avec Votre Majesté: j’espère aussi qu’elle ne me regardera plus comme une esclave, mais comme une princesse qui n’est pas indigne de son alliance.»

C’est ainsi que la princesse Gulnare acheva de faire connaître et de raconter son histoire au roi de Perse. «Ma charmante, mon adorable princesse, s’écria alors ce monarque, quelles merveilles viens-je d’entendre! Quelle ample matière à ma curiosité de vous faire des questions sur des choses si inouïes! Mais auparavant je dois bien vous remercier de votre bonté et de votre patience à éprouver la sincérité et la constance de mon amour. Je ne croyais pas pouvoir aimer plus que je vous aimais: depuis que je sais cependant que vous êtes une si grande princesse, je vous aime mille fois davantage. Que dis-je, princesse! madame, vous ne l’êtes plus, vous êtes ma reine et reine de Perse, comme j’en suis le roi: ce titre va bientôt retentir dans tout mon royaume. Dès demain, madame, il retentira dans ma capitale avec des réjouissances non encore vues, qui feront connaître que vous l’êtes, et ma femme légitime. Cela serait fait il y a longtemps si vous m’eussiez tiré plus tôt de mon erreur, puisque dès le moment où je vous ai vue, j’ai été dans le même sentiment qu’aujourd’hui, de vous aimer toujours et de ne jamais aimer que vous.

«En attendant que je me satisfasse moi-même pleinement et que je vous rende tout ce qui vous est dû, je vous supplie, madame, de m’instruire plus particulièrement de ces états et de ces peuples de la mer, qui me sont inconnus. J’avais bien entendu parler d’hommes marins, mais j’avais toujours pris ce que l’on m’en avait dit pour des contes et des fables. Rien n’est plus vrai cependant, après ce que vous m’en dites, et j’en ai une preuve bien certaine en votre personne, vous qui en êtes et qui avez bien voulu être ma femme, et cela par un avantage dont un autre habitant de la terre ne peut se vanter que moi. Il y a une chose qui me fait de la peine et sur laquelle je vous supplie de m’éclaircir: c’est que je ne puis comprendre comment vous pouvez vivre, agir ou vous mouvoir dans l’eau, sans vous noyer. Il n’y a que certaines gens parmi nous qui ont l’art de demeurer sous l’eau; ils y périraient néanmoins s’ils ne s’en retiraient au bout d’un certain temps, chacun selon leur adresse et leurs forces.

«- Sire, répondit la reine Gulnare, je satisferai Votre Majesté avec bien du plaisir. Nous marchons au fond de la mer de même que l’on marche sur la terre, et nous respirons dans l’eau comme on respire dans l’air. Ainsi, au lieu de nous suffoquer comme elle vous suffoque, elle contribue à notre vie. Ce qui est encore bien remarquable, c’est qu’elle ne mouille pas nos habits et que quand nous venons sur la terre, nous en sortons sans avoir besoin de les sécher. Notre langage ordinaire est le même que celui dans lequel l’écriture gravée sur le sceau du grand prophète Salomon, fils de David, est conçue.

«Je ne dois pas oublier que l’eau ne nous empêche pas aussi de voir dans la mer: nous y avons les yeux ouverts sans en souffrir aucune incommodité. Comme nous les avons excellents, nous ne laissons pas, nonobstant la profondeur de la mer, d’y voir aussi clair que l’on voit sur la terre. Il en est de même de la nuit: la lune nous éclaire, et les planètes et les étoiles ne nous sont pas cachées. J’ai déjà parlé de nos royaumes: comme la mer est beaucoup plus spacieuse que la terre, il y en a aussi en plus grand nombre et de beaucoup plus grands. Ils sont divisés en provinces, et dans chaque province il y a plusieurs grandes villes très-peuplées. Il y a enfin une infinité de nations, de mœurs et de coutumes différentes, comme sur la terre.

«Les palais des rois et des princes sont superbes et magnifiques: il y en a de marbre de différentes couleurs, de cristal de roche, dont la mer abonde, de nacre de perle, de corail et d’autres matériaux plus précieux. L’or, l’argent et toutes sortes de pierreries y sont en plus grande abondance que sur la terre. Je ne parle pas des perles: de quelque grosseur qu’elles soient sur la terre, on ne les regarde pas dans nos pays; il n’y a que les moindres bourgeoises qui s’en parent.

«Comme nous avons une agilité merveilleuse et incroyable, parmi nous, de nous transporter où nous voulons en moins de rien, nous n’avons besoin ni de chars ni de montures. Il n’y a pas de roi, néanmoins, qui n’ait ses écuries et ses haras de chevaux marins; mais ils ne s’en servent ordinairement que dans les divertissements; dans les fêtes et dans les réjouissances publiques. Les uns, après les avoir bien exercés, se plaisent à les monter et à faire paraître leur adresse dans les courses. D’autres les attellent à des chars de nacre de perle ornés de mille coquillages de toutes sortes de couleurs les plus vives. Ces chars sont à découvert, avec un trône où les rois sont assis lorsqu’ils se font voir à leurs sujets. Ils sont adroits à les conduire eux-mêmes, et ils n’ont pas besoin de cochers. Je passe sous silence une infinité d’autres particularités très-curieuses touchant les pays marins, ajouta la reine Gulnare, qui feraient un très-grand plaisir à Votre Majesté. Mais elle voudra bien que je remette à l’entretenir plus à loisir pour lui parler d’une autre chose qui est présentement de plus d’importance. Ce que j’ai à lui dire, sire, c’est que les couches des femmes de mer sont différentes des couches des femmes de terre, et j’ai un sujet de craindre que les sages-femmes de ce pays ne m’accouchent mal. Comme Votre Majesté n’y a pas moins d’intérêt que moi, sous son bon plaisir, je trouve à propos, pour la sûreté de mes couches, de faire venir la reine ma mère avec des cousines que j’ai, et en même temps le roi mon frère, avec qui je suis bien aise de me réconcilier. Ils seront ravis de me revoir dès que je leur aurai raconté mon histoire, et qu’ils auront appris que je suis femme du puissant roi de Perse. Je supplie Votre Majesté de me le permettre; ils seront bien aises aussi de lui rendre leurs respects, et je puis lui promettre qu’elle aura de la satisfaction à les voir.

1 ... 97 98 99 100 101 102 103 104 105 ... 145
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)