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La Mythologie dans l'art ancien et moderne

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La Mythologie dans l'art ancien et moderne
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MERCURE ET YESTA.

lornel, il no resta pas enveloppé dos lances sacrés; mais, s'élanç^-ant, il IVancbit le senil de l'antre obscur. Il rencontra une tortue et s'en empara. Elle était à l'entrée de la grotte, se traînant à pas lents et paissant les llours io la |trairie : à celle vue le fils de Jupiter est plein de

Fig. 435. — Mercure inventeur de la l3ro (d'après une statue aati<iuei.

joie ; il enlève la tortue de ses deux mains et retourne à sa demeure, portant cet aimable jouet. Il vide l'écaillé avec le ciseau d'un acier étincelant et arracbe la vie à la tortue. Ensuite il coupe des roseaux dans une juste mesure et leur fait traverser le dos de la tortue à l'écaillo

Fig. 'i3C.. — Mercure assis (d'après un bronze du musée de .aplos,

de pierre; tout autour il tend avec habileté une peau de bœuf; il y adapte un manche, sur lequel, des deux côtés, il enfonce des chevilles; puis il y joint sept cordes harmonieuses de boyaux de brebis.

« Cet ouvrage achevé, il soulève cet insli-tunent délicieux, il le Trappe en cadence avec Tarcliet et sa main lui fait rendre un son retentissant. Alors le Dieu chante en improvisant des vers harmonieux, et comme les jeunes gens dans les festins s'abandonnent à de joyeux propos, de même il redit les conversations de Jupiter et de la belle Maïa. sa mère, il célèbre sa naissance illustre, il chante les compagnes de la nymphe, ses riches demeures, les trépieds et les somptueux bassins qui se trouvent dans la grotte. » (Hymne homérique.^

La tortue est l'attribut de Mercure parce que c'est avec l'écaillé d'une tortue qu'il a fait le premier modèle de la lyre. Aussi dans les monuments qui le représentent, on voit fréquemment une tortue sous le pied du dieu (fig. i3o) ou une lyre de forme primitive placée à côté de lui. Le sculpteur Duret a fait un Mercure inventeur de la lyre : le jeune dieu, avec une physionomie pleine de malice, vient d'ajuster deux cornes de bélier sur une carapace de tortue, et, touchant pour la première fois les cordes qu'il y a tendues, écoute avec surprise les sons qui charment son oreille ravie.

Mercure dieu des voleurs. — Mercure montra dès la plus tendre enfance les aptitudes qui devaient faire de lui le dieu des voleurs. Le jour même de sa naissance, il avait dérobé le trident de Neptune, les flèches de Cupidon, l'épée de Mars, la ceinture de Vénus, etc. Ce fut pour clore une si belle journée qu'il se rendit en Piérie pour voler les bœufs que gardait Apollon, et, pour qu'on ne pût pas suivre la trace de leurs pas, il les fit marcher à reculons. Il les em-^ mena ainsi jusqu'à Pylos, où il en immola deux aux Dieux de l'Olympe, et cacha les autres dans une caverne.

Mercure se doutait bien que le berger Battus, qui gardait en cet endroit les troupeaux du riche jNélée, ne manquerait pas de divulguer son larcin, s'il était interrogé, et surtout s'il y trouvait son avantage; aussi, il s'approcha de lui, se mit à le caresser, et lui dit en le prenant par la main : « Mon ami, si quelqu'un par hasard vient te demander des nouvelles de ce troupeau, dis hardiment que tu ne l'as point vu; pour te récompenser d'avance de ce petit service, je te donne cette belle génisse. — Tu peux être en sûreté, lui dit Battus en la prenant; cette pierre que tu vois là trahira ton secret plutôt que moi. » Mercure après cela fit semblant de s'éloigner, et, étant revenu un instant après sous une autre figure : « Bonhomme, lui dit-il, si tu as vu passer par là un troupeau , je te prie de m'aider à le chercher ; ne favorise pas par ton silence le vol qu'on m'a fait ; je te donnerai une vache et un taureau. » Le vieillard, voyant qu'on lui offrait le double de ce qu'on lui avait donné : « Je pense, dit-il, que ton troupeau doit être aux environs de cette montagne : oui, il y est si je ne me trompe. » Mercure, que ce dis-

m) MERCURE ET VESTA.

cours lit rire, lui dit : « Ah ! tu me trahis donc, [)Ci'lide, tu nie troniijcs et tu veux m'en imposer à moi-même? » puis il le changea en celte pierre qu'on nomme pierre de touche, qui sert à reconnaître si l'or est de bon aloi ou s'il esl faux. (Ovide.)

Quand int le jour, Mercure revint sur les hauteurs de fAlli'ne. Alni'< le lils de Jupiter se coui'])e et se glisse dans la demeure par la serrure. Il marche dans le n'duit sacré delà grotte d'un pas t'urtif. il pénètre sans hruit comme il e faisait habituellement sur la terre, il arrive ainsi jusqu'à son berceau; alors il s'enveloppe les é[)aules avec ses langes comme un faible enfant et reste couché, jouant d'une main avec son

Fig. 437. — MiTcurc dieu des voleurs (d'après une statui' auli(iue du nui«><Je Pio-Clénieniiii).

^maillot et de l'autre tenant sa lyre mélodieuse. Mais le dieu naNait pu cacher sa fuite à sa divine mère ; elle lui parla en ces termes : « Petit rusé, enfant plein d'audace, d'où viens-tu pendant l'obscurité de la nuit? Je crains bien que le fils puissant de Latone ne charge tes membres de liens pesants, ne t'arrache à cette demeure, ou ne te surprenne dans les vallons, occupé à des vols téméraires. »

Mercure lui répondit par ces paroles pleines de ruse : « Mère, j»our-quoi vouloir me faire peur comme à un faible enfant qui connaît à peine quelque fraude et tremble à la voix de sa mère? Je yeux continuer à exercer cet art qui me semble le meilleui' pour votre gloire et pour la mienne. » (Hymne homérique.)

Apollon n'avait pu obtenir aucun renseignement sur ses bœufs ; mais apercevant un oiseau qui traverse le ciel les ailes étendues, il reconnaît aussitôt, en sa qualité de prophète et d'augure, que le voleur est le fils de Jupiter. 11 s'élance avec rapidité sur les sommets du Cyllène, et pénètre dans la grotte, où Maïa a donné le jour à Mercure. L'enfant, voyant Apollon irrité du vol de ses génisses, ramasse en un peloton sa tète, ses mains et ses pieds et s'enfonce dans ses langes parfumés.

Le fils de Latone, ayant fouillé dans ces réduits, adresse ces paroit^s

MERCURE.

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à Mercure : " Enfant qui reposes dans ce berceau, dis-moi pronipte-nientoù se trouvent mes génisses; autrement s'élèveraient entre nous de funestes débats : je te saisirai, je te précipiterai dans le sombre Tar-tare, au sein des ombres funestes et borribles. Ni ton père ni ta mère vénérable ne pourront te rendre à la lumière, mais tu vivras enfoui sous la terre. » Mercure lui répond par ces paroles pleines de ruse : « Fils <le Latone, pourquoi me tiens-tu ce terrible langage? Pourquoi viens-tu l'hcrcher ici tes génisses? Je ne les ai jamais vues, je n'en ai jamais en-

Fig. r.i>i. — Bus;tc et attributs de Mercure (composition de Saint-Aubin

tendu parier; il ne m'est pas possible de t'indiquer le voleur; je ne re-<;evrai donc pas la récompense promise à qui te le fera trouver. Je n'ai pas la force d'un homme capable de dérober des troupeaux. Ce n'est point là mon métier, d'autres soins me réclament : j'ai besoin du doux sommeil, du lait de ma mère, de ces langes qui couvrent mes épaules, et des bains d'une onde tiède. Mais fais en sorte qu'on ignore d'oii vient cette querelle : ce serait un grand sujet d'étonnement pour tous les immortels qu'un jeune enfant qui vient à peine de naître eût franchi le seuil de ta demeure avec des génisses indomptées. Ce que tu dis est d'un insensé; je suis né d'hier, les cailloux auraient déchiré la peau délicate de mes pieds ; mais si tu l'exiges je prononcerai un serment terrible : je jurerai par la tête de mon père que je ne connais pas le voleur de tes

H'2 MER nu HE ET Y EST A.

lîcnisses, tu as été le prcniicr à m'en aiiprendre la nouvelle. •> (Hymne lioHiériqiie.)

Cependant A|ioll(>n ne se tint j»as pour battu, et avant pris le bain-bin dans ses bras, il le jiorta vers Jujtiter. a qui il demanda ses bœuls (pie son fils lui avait pris. Mercure eoinmenea par nier eUrontément le vol; mais Ju[dter, (jui sait tout, lui ayant ordonné de rendre ce qu'il avait pris, il conduisit Apollon vers la grotte où il avait cacbé les bœufs. Tandis qu'Apollon les comptait, Mercure se mit à jouer de la lie, qu'il venait dinNenter. et Apollon fut si ravi de cet instrument, (pi'il voulut l'acheter. Mercure, en sa qualité de dieu du commerce, saisit l'occasion de faire une bonne affaire, et se fit donner les bœufs en écbange. Apollon se mit aussitôt à essayer déjouer de la lyre, mais tandis qu'il cherchait ses accords, Mercure trouva le moyen d'inventer le chalumeau, et se mit à en jouer. Apollon voulut aussi avoir ce nouvel instrument, que Mercure lui vendit en échange du caducée, baguette magique, entrelacée de serpents et qui lui servit plus tard pour endormir Argus. L'effronterie avec laquelle Mercure sut mentir le jour même de sa naissance et le talent qu'il mit à défendre une mauvaise cause, l'ont fait regarder cojume le patron des avocats.

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