La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Une épigramme de VAnthologie raille le dieu des voleurs : « Touche-i-ai-je à un chou, dieu de Cyllène? — Non, passant. — Quelle honte y a-t-il à cela? — Il n'y a j)as de honte, mais il y a une loi qui défend de porter la main sur le bien d'aulrui. — 0 étrange chose! Mercure a établi une loi contre le vol ! »
Mercure dieu du commerce. —Mercure aail des sa naissance le génie de l'échange, et c'est i>our cela qu'il est le dieu du conunerce. l/art le caractérise alors par la bourse qu'il tient à la main. Cet emblème est le même que celui qu'on lui donne comme dieu des voleurs: mais, au lieu d'apparaître sous les traits d'un enfant qui vient de faire luie malice, il présente la physionomie grave d'un homme qui réfléchit et pèse la valeur de ses actes.
Considéré comme dieu du commerce et de l'échange. Mercure tient habituellement une bourse : il porte le même attribut quand il est iiguré comme dieu des voleurs, mais, dans ce cas, il est représenté sous les traits d'un enfant qui sourit malicieusement, par allusion aux aventures qui ont signalé sa plus tendre enfance. Une statue du musée Pio-Clémentin le représente ainsi, tenant une bourse d'une main, et appliquant avec un sourire significatif un doigt sur sa bouche, comme pour recommander le silence (fig. 437).
Nous avons au Louvre deux statues d'un caractère analogue ; dans l'une l'enfant porte une chemise courte, dans l'autre un [)eiit manteau garni d'un capuclwMi.
MERCURE.
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Mercure dieu des gymnases. — Mercure préside aux exercices (Jr la palestre. Mais sous cet aspccl. l'art modifie son caractère; il n'a
Kig. 439. — Médailles arcadiennes et romaines, avec le coq attribut de Mercure (composition de Saint-Aubin).
plus son chapeau et ses ailes, mais il se présente entièrement nu sous la forme d'un éphèbe vigoureux, qui tient le milieu entre le caractère
Fig. 440. — Mercure (d'après une pierre gravée autiiiue, agate-onyx)
élancé d'un Apollon et le caractère trapu d'un Hercule. Dans une superbe statue du musée Pio-Clémentin, qu'on avait faussement appelée
MERCURE ET VESTA,
Antinous, Mercure est appuyé eontie un tronc de paiinit r cl porte sa < hlamyde enroulée autour du l)ras gauche (lig. iil).
Les attril)uls de Mercure coninie dieu des gymnases sont le palmier et le co({. L(> co(| est par excellence l'oiseau di' la lutte, et les combats
Fig. 4H. — -Mcrciii'c iliru des gymii;isos, dit lAiitiiious (d'après une statue ant.i(jur' du musée Pio-Clémeiitiii;.
<le coqs étaient un grand anuisement [)Our les (irecs. il n'est donc pas surprenant qu'il ait été choisi pour symboliser la lutte et les exercices <pii s'y rattachent.
Les images de Mercure liguraient toujours dans les gymnases. « On a ]»lacc ici, pour protéger ce beau gymnase, le dieu qui règne sur le mont (aliène et ses hautes forets. Mercure, à qui les jeunes garçons se plaisent à offrir des amarantes, des hyacinthes et des violettes parfumées. »
[Anthologie.)
Ces images du dieu étaient ([uelquefois une simple tète posée sur um^ gaine. Le dieu se moque lui-même de cet usage dans une épi-grajume de V Anthologie : (( On m'appelle le rapide Hermès. Ah ! ne me placez pas dans la palestre, ainsi privé de pieds et de mains. Sur une base et sans mains, sans pieds, conunent serai-je rapide à la course, ou habile à la lutte? »
Mercure pédagogue. — Les lettres servent à la Iransiuission des idées. Connue dieu de l'échange et de la transition, Mercure est donc l'inventeur des lettres : en enseignant aux hommes à échanger leurs idées et à les exprimer par des caractères, ce dieu est devenu tout naturellement le protecteur des gymnases. C'est lui qu'invoquent les maîtres d'école qui apprennent aux petits enfants les éléments de toute
MERGUIU-:
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science ; c'est lui qiiïnvoquent aussi les écrivains publics et tous ceux ([ui font leur métier d'écrire. Les instruments dont on se sert pour récriture, pour la géométrie, rentrent dans ses attributions, et ceu qui ont gagné leur vie en s'en servant, les dédient au dieu lorsqu'ils sont trop vieux pour en user. C'est ce qu'on voit dans une petite pièce de V Antliologie (jrecque, Q>i un vieux maître d'école hors de service se met sous la protection du dieu qu'il a sei'vi. « Un disque de plomb noir
|-"i^. Vl. — Mrrcuii' enfant sur son char (d'après un bas-rcliof antir[u sur ivoiro
à tracer des lignes, une règle qui en garantit la rectitude, des vases de liqueur noire pour écrire, des calâmes fendus à leur pointe et bien taillés, la pierre uude qui aiguise le roseau et lui rend sa finesse quand il s'émousse, le fer qui le façonne avec sa pointe et sa lame, tous ces outils de son métier, Ménédème te les consacre, ô Mercure, parce que l'fjge a jeté sur ses yeux un nuage ; et toi, dieu secourable, ne laisse pas mourir do faim ton ouvrier. »
Mercure Criophore. — L'Arcadie, un des principaux centres delà vieille race pélasgique, révérait dans Mercure, ou plutôt dans MciiDi's, une personnification de la puissance protectrice de la nature cl
Fig. 4 53. — Le bélier do Mi-rcure portant la bourse.
spécialement de la terre. On le figurait à roiigiue [lar un morceau de bois surmonté d'une tête, et on fixait sur cette gaine un symbole grossier, qui chez les peuples pasteurs exprime simplement la force gêné-
MERCURE ET VESTA.
laliicc. Ce caractère pastoral disparut du reste assez promptemerit, pour passer au dieu Pan, qui dans plusieurs traditions est fils de -Mercure. Mais le bélier. <[iii lui est consacré, et qu'on voit quelquefois parmi ses attributs, rap[)elle son antique caractère de divinité champêtre, et c'est sous cet aspect qu'il est appelé Mercure Criophore, ou Porte-bélier.
Vn monument antique nous montre le bélier de Mercure portant la bourse (bi dieu (fi»-. ii3). qui sur une ancienne monnaie paraît lui-
Fig. ii'i. — Mercure sur le bélier (d'après une médaille antique).
même monté sur un bélier : un épi placé devant lui indique son caractère pastoral (fig. 4ii).
Mercure gardien des routes. — Mercure, comme dieu du commerce, est tout naturellement le protecteur des routes et de la naviga-
Hg. iiô. — Mercure dieu des voyageurs (duprès une pierre gravée antique, prime d'cmcraude;.
ti >ii. Dans les temps primitifs, des amas de pierres placés aux carrefours des chemins servaient d'autels au dieu : plus tard on les fit au-
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trcment, mais toujours avec la même dostinaiion. Une jolie pienc gravée nous montre Mercure touclinnt une colonne milliaire avec son caducée. La colonne est parée d'un rameau, et un bâton courbé comnu' ceux que portaient les voyageurs est déposé sui' rautel qui la support( On remanjuera que le dieu, n'étant pas ici considéré comme messager, est dépourvu de ses ailes. Le manteau ouvert par le côté, appeb-pœmda, et le bonnet, indique le costume liabituel des voyageurs dont Mercure est le dieu tutélaire (fîg. 445).