La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Fi^. 428. — Mercure atiaclie au dos de Psyclié les ailes de l'Amour encliainé (d'après une pierre gravée antique).
causes; divers motifs les poussent vers les sphères inférieures. Quelques-unes y descendent, parce qu'elles n'étaient point encore venues ici-bas et qu'elles sont nécessaires au maintien de l'économie du monde. Ce sont les âmes nouvelles ou novices. D'autres sont renvoyées dans les corps pour y expier leurs fautes antérieures. D'autres enfin se livrent Noiontairement à leur {lenchant pour la terre. Ce penchant vient de ct^ <[u'elles ont regardé dans le miroir, dans ce même miroir où s'était vu Dionysus avant de créer les existences individuelles. 11 laisse les âmes s'y regarder aussi, et, sitôt qu'elles ont aperçu leur propre image, un désir violent s'empare d'elles de descendre ici-bas et d'exister par elles-mêmes. Les âmes, dans leur soif de l'existence indiiduelle, abandonnent leur céleste patrie et elles s'en vont chercher des destinées nouvelles. Une fois qu'elles ont bu à la coupe de Liber-Pater, enivrées, éprises de la matière, elles perdent peu à peu le .souvenir de leur origine. C'est cet ouldi qui les pousse à s'unir aux corps. Les meilleures d'entre elles, redoutant la naissance, se gardent du fatal breuvage dont la séduction les emporterait vers la terre. Même parmi celles qui ne savent point y résister , il est une différence. Les j)lus nobles n'en boivent qu'avec mesure; elles s'attachent fortement au Cu-nie tutélairc qui leur
PSYCHE.
ni
est assigné pour les accompagner ici-bas, ont les eiix fixés sur lui et sont dociles à sa voix. Mais d'autres ne sont point ainsi ; elles boivent à pleine coupe; et ce monde, qui n'est qu'une ténébreuse caverne, leur paraît beau. C'est là qu'elles achèvent de s'oublier, fascinées par les at-
Fig. 429. — Purification de l'âme.
traits, par les délices de la grotte de Dionysus, symbole du monde sensible et de ses voluptés. » (Creuzer.)
«Ce que nous appelons vie, dit Cicéron, est une véritable mort ; notre ànie ne commence à vivre que lorsque, dégagée et libre des entraves du corps, elle participe à l'éternité et, de fait, les anciennes traditions nous apprennent que la mort a été accordée par les dieux immortels, comme une récompense à ceux qu'ils aimaient. » (Cicéron.) « Ceux que nous regrettons ne nous ont point été enlevés pour toujours, et ils ne sont pas perdus pour nous, mais ils ont été éloignés de notre vue et de notre commerce pour un temps marqué. Ainsi, quand nous serons pareillement arrivés au terme que la nature nous a prescrit, aussitôt nous rentrerons en société avec eux. » (Cicéron.)
MERCURE ET TESTA
•CFIAPlTIIi: PREMIFJi
MKiir.rui:.
:'pC' fl allril)iils (11' Morcuic. — Mcroarc iiivouk'ur de l;i lyre. — Mciitiiv dieu do voleurs. — Los Ixi'ufs d"Apnlloii. — Le l)crgor Hallus. — Mcrciii'c dieu du coni-niorce. —Morcuro dieu des gxmiiases. — Mercure pédagogue. — Mercure Crio-])hore. — M(M'eure gardien des ironies. — Mercure dieu de réloquence. — Mereiirc messaseï' des dieux. — Mcicinc CDiiducleur des àines. — Plaintes de Mercni'c.
Type et attributs de Mercure. — I/i'cliango. la li-ansilioii. 1»^
Fiii'. 'l'M). — VIpiTurc l);irliu (d'ain'è'^ uni' [)irrrc' gravée aiitii|iii '.
passage (liin claf a un aiiti'(> oui etr personnifiés dans iMcirnrc (^llormès). .Mossagcr crlcstc. il porlc aii dioiiv les prières des luunmes et aux liommes les hienlaits des dieux : eondiieteui' des ombres,ni est la tran-
MERCLHi:.
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sitiun di- la vie à la inoi'l ; dieu de l'éloquence et des traités, il tait passer dans (esprit des autres la pensée d'un orateur ou d'un ambassadeur. Il est le dieu des gymnases, parce que dans la lutte il y a
l'ig. i:il. — Mercure (d'après une statue autiqui
échange dv forces; il est le dieu du commerce et des voleurs. [)arce quun objet vendu ou volé passe d'une main dans une autre. Sur les monuments de style archaïque, et principalement sur les vases. Mercure ap[>âraît comme un homme dans la force de l'âge, avec une
MEllCUllE ET VESTA.
l)ai'bc épaisse el pointue, de longs ciicveiix lionclés, un chapeau «le voyage, des talonnières et dans la main le caducée qui ressemble souvent à un sceptre. Mercure barlm se montre aussi quelquefois stu* de Tort jolies }»ierres gravées d'une époque postérieure, mais qui sont d(N imitations évidentes d'un type plus ancien.
Car à la grande époque de l'art, ce dieu a jiris un caractèn! très-différent. Mercure devient alors un éphèbe, souple et svelte, toujours imberbe, portant les cheveux courts, et présentant le type accompli des
Fig. i:32. — Mercure associe à Vénus (sur une médaille de Septime-Sévère) et ù Miiiervii (sur une médaille de Marc-Aurèle), composition de G. Saint-Aubin.
jeunes gens qui fréquentent les gymnases. Son visage n'a jamais la majesté de Jupiter, ni la fierté d'Apollon, mais il est souvent empreint d'une grande finesse, conformément à son rôle dans la Fable, oii il personnifie toujours la ruse et l'habileté.
Le pétase ailé et le caducée sont les attributs de Mercure. Le pétase est un chapeau thessalien qui n'a de particulier dans Mercure que les ailes qu'on y ajoute : quand le dieu est nu-tête, comme dans la figure i33, les ailes sont simplement [dantées dans les cheveux en manière de cornes. Le caducée est une baguette entrelacée de serpents et quel-([uefois accomi»agnée de deux petites ailes ; il a une origine mythologique. Mercure, voyant deux serpents qui se battaient, les sépara avec sa baguette autour de laquelle ils s'entrelacèrent. On voit quelquefois des ailes aux pieds de Mercure (fig. 430), mais jamais au dos.
On donne encore à Mercure d'autres attributs on rapport avec ses différentes fonctions. Comme divinité pastorale, il est quelquefois accom-
Fig. i'i'-i. — Mercure (d'après une statue aiiticiue, musée du Louvre)
MERCUHE.
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pagiic d'un bélier ou d'une chèvre; comme inventeur de la lyre, on jdace près de lui une tortue. C'est un coq qm le caractérise comme dieu du gymnase, et la bourse qu'il tient à la main indique le dieu de l'échange. Tous ces attributs se trouvent réunis dans une jolie pierre gravée antique (fig. 440). La bourse apparaît surtout dans les figures de l'époque romaine , où le caractère commerçant du dieu finit par j)rimer tous les autres.
Mercure est né de l'union de Jupiter et de Maïa, fille du Titan Atlas. Divinité arcadienne, c'est dans une grotte du mont Cyllène qu'il a vu le jour et on l'appelle quelquefois pour cette raison le dieu de Cyllène.
Fig. i34. — Hermaphrodite itiaprès nue ^statue aiitique
Peu de divinités apparaissent aussi fréquemment que Mercure dans la «lythologie; son rôle est très-important, et dans bien des cas il est, comme nos valets de comédie, le personnage qui mène tout, bien qu'il soit toujours dépendant.
Outre les scènes de la Fable auxquelles il prend directement part, Mercure apparaît sur quelques monuments à côté d'autres divinités aux-►juelles il se trouve associé symboliquement. Une monnaie de Marc-Au-rèle le présente à côté de Minerve, à cause du rapport qui existe entre le dieu du commerce et la déesse de l'industrie. Les rapports avec Vénus sont encore plus directs, puisque de leur union est né Hermaphrodite i^Hermès-Aphroditè). Plutarque explique cette union en disant que l'éloquence et le charme du langage doivent être associés à l'attrait de la beauté.
Mercure inventeur de la lyre. — Mercure a inventé la lyre le jdiir même <h' sa naissance. " Dès ()ue M<M'cure fut sorti du sein ma-