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Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
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— Il y a quoi, là-dedans ?

— De l’argent, répondit Volod. C’est le centre de triage des mines de la Val Ridanna et du Val de Fleres.

— Comment tu le sais ?

— Suffit d’ouvrir ses oreilles.

— Tu veux faire quoi ?

— T’es un couillon, gamin ?

— Je suis pas un gamin ! s’enflamma Mikael en se rappelant combien de fois on l’avait traité ainsi.

— Baisse le ton, chuchota Volod. Si t’es pas un couillon, pose pas des questions de couillon. » Il le regarda. « T’es avec moi ? » Puis il ajouta : « C’est dangereux. Si on nous attrape, on sera pendus ».

Mikael sentit la peur lui tenailler l’estomac.

« Si tu t’en sens pas le courage, retourne te coucher, dit Volod.

— Monte », répondit Mikael. Il s’adossa au mur de la maison, joignit les paumes et plia les genoux. Son cœur battait la chamade.

Volod grimpa sur ses épaules.

Mikael se plaqua contre le mur.

« Malédiction, je suis encore trop bas », maugréa Volod.

Alors Mikael lui prit les pieds et le souleva, sans trop d’effort. Pendant qu’il serrait les dents pour tenir, il entendit le couteau de Volod forcer la fenêtre. L’instant d’après, Volod était à l’intérieur.

Effrayé, Mikael ne bougeait plus.

« Qu’est-ce que tu fais là ? », demanda une voix derrière lui.

Il se retourna, terrorisé. Un veilleur de nuit approchait, prêt à donner l’alarme. Il se jeta sur lui, moins par courage que par peur, et le saisit à la gorge pour l’empêcher de crier.

Le veilleur de nuit se débattit et lui donna un coup de poing dans le nez.

Mikael serra plus fort, les yeux exorbités.

L’autre cherchait à se libérer de la prise. La bouche ouverte, il suffoquait, cherchant désespérément de l’air.

Mikael entendit un bruit sourd derrière lui, et le veilleur de nuit s’évanouit, frappé à la tête.

« Lâche-le, mon gars, dit la voix de Volod. Lâche-le ! » Il tira sur le bras de Mikael, qui ne lâchait pas prise. Alors il le gifla.

Ramené à la réalité, Mikael ouvrit ses mains, qui continuaient de serrer le cou de l’homme.

Volod traîna le corps et le cacha dans une ruelle sombre, sous un tas d’ordures. « Partons, vite », dit-il.

De retour à l’auberge, ils réveillèrent les hommes et avant l’aube quittèrent Vitipeno, en grand secret.

« Tu voulais quoi ? Le tuer ? », lui dit Volod, furieux, alors qu’ils grimpaient la pente raide d’un couloir étroit qui montait vers le Brenner.

« Je… balbutia Mikael.

— Tu m’as toisé de haut en bas en m’accusant d’être un voleur, continua Volod. Et tu veux tuer un innocent ?

— J’ai eu peur…

—À quoi ça sert de t’avoir fait combattre nu dans la neige pendant tous ces mois, pour t’apprendre à garder de la distance face à tes émotions, si tu perds la tête à la première occasion ? dit Volod avec dureté. Je dois pouvoir avoir confiance en toi, mon gars.

— Je suis désolé…

— Je m’en fiche que tu sois désolé ! », cria Volod, et sa voix retentit dans la forêt déserte.

Pendant trois jours, il ne lui adressa plus la parole, jusqu’au moment où ils arrivèrent en vue d’Innsbruck, de l’autre côté des hautes et impraticables montagnes qu’ils avaient franchies malgré tout.

« Viens avec moi. Prends ton épée », dit-il à Mikael après avoir discuté avec le patron de l’auberge de l’Ours Brun.

Mikael le suivit sur le pont qui traversait l’Inn. Volod lui avait donné une lourde besace en cuir. Dans les faubourgs, Volod entra dans la boutique d’un forgeron.

« On vient de la part du patron de l’Ours Brun, dit Volod au forgeron. On a quelque chose pour un certain orfèvre que tu connais. »

Le forgeron les emmena dans une petite pièce au fond de la forge. « Faites voir », dit-il.

Volod fit signe à Mikael de donner la besace au forgeron.

« Quatre livres », dit Volod.

Le forgeron sortit de la besace huit lingots d’argent grossièrement fondus. Il les pesa et confirma : « Quatre livres. Laissez ça ici et revenez ce soir. Vous aurez votre dû.

— Tu me prends pour un idiot ? », dit Volod. Il ajouta, en désignant Mikael : « Il restera ici pour surveiller les lingots, jusqu’à ce que tu reviennes avec ton gredin d’ami, à qui tu auras bien expliqué que je connais le prix de l’argent de contrebande. » Il posa le bout du doigt sur la poitrine du forgeron, marquée de minuscules cicatrices causées par les étincelles du métal en fusion. « Et méfie-toi. Il est jeune, mais il manie l’épée mieux que moi. Si tu essaies de l’embrouiller, il te coupera la tête en un clin d’œil, sans hésiter. Si tu veux le dénoncer aux gardes ou à une bande de gredins, il vendra sa peau très cher. Et si jamais tu survivais, je viendrais te chercher et je rendrais justice à l’âme de ce garçon. Compris ? »

Le forgeron avala sa salive. Il fit oui de la tête.

Mikael sentit ses jambes trembler.

« T’es nu au milieu de la neige mais tu sens pas le froid », lui glissa Volod à l’oreille avant de s’en aller.

Une fois seul, Mikael s’assit dans un coin à côté des lingots d’argent. Il resta là jusqu’au soir, sans manger ni boire, la main serrée sur la poignée de son épée.

Le forgeron réapparut à la nuit tombée, accompagné de l’orfèvre, un homme chenu et maigre, avec de petits yeux vifs malgré son âge. Il pesa les lingots puis, sans adresser la parole à Mikael, lui remit une bourse de pièces sonnantes et trébuchantes.

Mikael l’empocha nerveusement.

« Tu ne les comptes pas ? », demanda l’orfèvre.

Mikael sentit sa gorge se serrer de panique. Il avait commis une erreur. Il se revit nu dans la neige, insensible au froid. Seul comptait le combat. « Si le compte n’y est pas… dit-il en s’efforçant de parler d’une voix ferme, je reviendrai te chercher.

— Le compte y est, dit aussitôt l’orfèvre, transi de peur.

— Alors pas besoin que je vérifie », dit Mikael.

L’orfèvre courba les épaules. D’une voix tremblante, il dit à l’adresse du forgeron : « Tu l’as vu toi aussi, que le compte y est ?

— Oui, je l’ai vu, confirma celui-ci, également impressionné par l’épée sertie de trois grosses émeraudes.

— Vous me faites perdre mon temps », dit Mikael, pressé de rentrer à l’auberge.

Les deux hommes s’écartèrent pour lui céder le passage.

Mikael sortit le plus lentement possible. Mais dès qu’il eut passé le coin, il se lança dans une course effrénée.

Aussitôt à l’auberge, il alla trouver Volod et lui remit la bourse.

Celui-ci l’ouvrit et compta dix grosses pièces d’or. Il leva les yeux vers Mikael.

« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda rudement Volod. Tu attends que je te dise “c’est bien”, comme les enfants ? »

Pendant que Mikael rejoignait sa couche le rouge aux joues, Volod, discrètement, lui murmura : « C’est bien, mon gars ».

Mikael s’étendit près d’Emöke, dont le visage ne montrait aucun signe de fatigue. Il admirait sa résistance. Si son esprit semblait ne pas être là, c’était aussi le cas de son corps, qui ne souffrait ni du froid ni de la faim ni de la fatigue. Le seul moment où elle avait paru fatiguée, c’était après la nuit où il avait rêvé du grand cerf.

« Emöke, tu n’as jamais peur ? », lui demanda-t-il. Mikael l’avait sauvée au nom d’une idée. Mais après tous ces mois passés ensemble, il l’aimait comme une sœur. Il la prit dans ses bras.

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