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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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«Tu sais ce qu’a fait autrefois Joab, qui mit du sang autour de ses reins et dans les souliers qu’il avait aux pieds. Tu ne permettras pas que ses cheveux blancs descendent en paix au tombeau; je compte sur ta sagesse.» (2:5-6)

«Mais voici encore: Tu as, parmi tes partisans, Séméï, de Bahurim, qui prononça contre moi des malédictions atroces et me lança des pierres, le jour où je m’enfuyais à Mahanajim, mais, quand je suis revenu du Jourdain, il implora mon pardon, et, devant tout le peuple, je lui ai juré par l’Éternel que je ne le ferai point périr par le glaive. Mais, maintenant, toi, tu ne le laisseras pas impuni, et tu es sage, pour savoir ce que tu devras lui faire; tu feras donc descendre, par une mort sanglante, ses cheveux blancs dans le sépulcre.» (2:8-9)

«Ainsi David s’endormit avec ses pères, et il fut enseveli dans la cité de David. Et le temps qu’il régna sur Israël fut quarante ans: sept ans à Hébron, et trente-trois ans à Jérusalem.» (v. 10-11)

David meurt comme il a vécu, dit Huet. Il a l’horrible ingratitude, cet homme selon le cœur de Dieu, d’ordonner qu’on assassine son général en chef, Joab, le plus fidèle de ses capitaines, celui à qui il devait sa couronne. Sur son lit de mort, il se parjure, avec un cynisme répugnant, mêlé d’hypocrisie, vis-à-vis de Séméi, qu’il a affecté de pardonner pour se faire un renom de générosité, et à qui il a juré de ne jamais attenter à sa vie. En deux mots, il est assassin et perfide jusque sur les bords de la tombe.

Quant au bénédictin Dom Calmet, il ne manque pas de justifier David, et il le fait en ces termes, qui méritent d’être encadrés: «David avait reçu de grands services de Joab, et l’impunité qu’il lui avait accordée pendant si longtemps était une espèce de récompense de son inébranlable dévouement; mais cette considération ne dispensait pas David de l’obligation de punir le crime, et d’exercer la justice contre Joab.» Il est évident que Joab avait commis, notamment, un grand crime, quand il exécuta l’ordre de David de placer Urie au poste le plus dangereux d’un combat et de l’y abandonner. L’Eglise absout David, mais n’absout pas Joab!… «D’autre part, ajoute le R.P. Calmet, les raisons de reconnaissance ne subsistaient pas, en ce qui concerne Salomon: et ce prince avait un motif particulier de faire mourir Joab, puisque celui-ci, pour l’exclure, avait conspiré de donner le royaume à Adonias.»

Conclusion: David est un saint, et Salomon est un sage. Amen!

Il est donc admirable que l’Église chrétienne ait tenu à faire descendre Jésus-Christ de David et de Salomon. Nous avons vu déjà quelques étranges personnages dans la généalogie du Messie, mais ces deux rois ne sont-ils pas plus étranges que tous les autres ascendants?

Si encore l’Église plaidait des circonstances atténuantes!… Mais pas du tout: elle passe l’éponge sur tout les crimes de David et en fait le plus honorable des ancêtres. Il est le modèle des rois, et, comme tel, il reçoit les unanimes louanges des théologiens. Il est proclamé saint parmi les plus saints.

Les papes font chanter ses ineptes rapsodies dans les cérémonies du culte. Bien mieux, l’Eglise, — elle l’a déclaré souvent dans ses conciles, — voit en David l’image humaine de Jésus, c’est-à-dire de Dieu le Fils, de la seconde personne de la divine Trinité!

13. Glorieux règne de S.M. Salomon

«Salomon prit donc possession du trône de David son père, et aussitôt il affermit son pouvoir.» (1 Rois 2:12)

On pense bien, vu les mœurs bibliques, que le nouveau roi n’allait pas tarder à se débarrasser d’Adonias et des deux principaux chefs d’Israël, qui auraient voulu voir la couronne échoir au fils d’Aggith.

Adonias ne pensait plus à la royauté, il en avait fait son deuiclass="underline" tout ce qu’il souhaitait de l’héritage de David, c’était la jeune pucelle qui avait servi d’édredon au vieux roi; car il était amoureux d’Abisag. Pour tout dédommagement du royaume qu’il avait perdu, lui l’ainé, par la brigue et les cabales de Bethsabée et de Nathan, il demandait la jolie servante qui avait réchauffé son père dans ses derniers jours. Cet amour, qui ne tirait pas à conséquence, servit de prétexte à Salomon pour faire assassiner Adonias, malgré que ce dernier se montrait bien humble et s’inclinait devant le fait accompli. Adonias, qui sans doute passait ses nuits à rêver d’Abisag, s’attendait si peu à être occis, fut si simple et si naïf, que c’est à Bethsabée elle-même qu’il s’adressa pour obtenir cette fille.

«Alors, Adonias, fils d’Aggith, vint vers Bethsabée, mère de Salomon. Et elle lui dit: Viens-tu dans de bonnes intentions? Il répondit: Je viens dans de bonnes intentions. Et il ajouta: J’ai un mot à te dire. Elle lui dit: Parle. Adonias s’exprima ainsi: Tu sais bien que la couronne me revenait, comme à l’aîné, et que tout Israël s’attendait à me voir régner; mais la couronne a été transportée sur la tête de mon frère. Qu’il soit donc le roi, puisqu’il a été oint et que l’Éternel l’a établi. Je ne te demande qu’une grâce: je te prie d’aller voir le roi ton fils, qui ne te refusera rien, et de demander à Salomon qu’il me donne Abisag la Sunamite; car je désire en faire ma femme. Bethsabée lui répondit: J’y consens volontiers; je parlerai pour toi au roi. Ainsi Bethsabée se rendit auprès de Salomon, qui se leva dès qu’elle entra, se prosterna devant elle, puis la fit asseoir à sa droite. Et Bethsabée dit au roi: J’ai à te faire une petite demande; ne me la refuse point. Salomon lui répondit: Fais ta demande, ma mère, et sois certaine que tu n’auras pas de refus de moi. Alors, Bethsabée dit: Mon désir est que tu donnes Abisag pour femme à ton frère Adonias. En entendant ces mots, Salomon s’écria: Pourquoi me demandes-tu la Sunamite pour Adonias? Demande-moi aussi le royaume pour lui, en me faisant valoir qu’il est mon frère aîné! demande le pouvoir pour lui, pour le grand-prêtre Abiathar et pour Joab! Eh bien, j’en jure par l’Éternel; que Dieu me traite avec toute sa rigueur, si Adonias, en te chargeant de me porter ces paroles, n’a pas parlé contre sa propre vie! Aussi vrai que Jéhovah est le Dieu vivant, Adonias sera mis à mort aujourd’hui même.

Et, le roi Salomon ayant chargé Bénaja de tuer Adonias, le capitaine Bénaja s’acquitta aussitôt de sa mission, et Adonias fut tué.» (2:13-25)

Ce fut ensuite le tour d’Abiathar; mais celui-ci ne fut pas assassiné. Salomon, qui savait combien le peuple était superstitieux, ne voulut pas verser le sang d’un grand-prêtre; il lui eût été difficile de dire que c’était Dieu qui lui avait inspiré ce meurtre.

«Puis, le roi dit au grand-prêtre Abiathar: Retire-toi dans ta propriété à Anathoth, où je t’exile, quoique tu mérites la mort; mais, parce que tu as porté l’arche de Dieu devant David mon père, je ne te ferai pas mourir aujourd’hui. Ainsi, Salomon chassa Abiathar, afin qu’il ne fût plus sacrificateur de l’Eternel.» (v. 26-27)

Pour Joab, pas de pitié.

«Ces nouvelles étant parvenues à Joab, il se réfugia dans le tabernacle de Jéhovah; et il se tenait là, embrassant dans ses bras les colonnes de l’autel. Cela fut rapporté au roi, et Salomon envoya Bénaja, en lui disant: Va, et tue Joab. Bénaja entra donc au tabernacle et dit à Joab: Sors d’ici, je viens te tuer. — Je mourrai ici, alors, répondit Joab; car je ne sortirai pas de l’asile de Dieu. Bénaja, embarrassé, retourna vers Salomon et lui rendit compte du refus de Joab de sortir du tabernacle. Et le roi dit à Bénaja: Fais comme je t’ai ordonné; tue-le et enterre-le ensuite; et de cette façon je ne serai pas responsable, ni moi, ni ma famille, du sang innocent que Joab a répandu. Le sang des gens qu’il a tués retombera ainsi sur sa tête et sur sa postérité, et le Seigneur donnera une paix éternelle à David, à sa semence, à sa maison et à son trône. Bénaja, donc, se jeta sur Joab dans le tabernacle et le tua; après quoi, il l’ensevelit au désert.» (2:28-34)

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