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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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A l’égard de ce pauvre Méphisboseth, fils de Jonathan et petit-fils de Saül, comment ce boiteux des deux pieds espérait-il régner? s’imaginait-il qu’Absalon, qui venait de lever l’étendard de la révolte pour se proclamer roi, allait abdiquer en sa faveur et achever pour un autre que lui-même la déchéance de David?… Comment, d’autre part, David, qui n’a plus rien, qui ne peut plus disposer de rien, donne-t-il tous les biens du prince Méphisboseth à son domestique Tsiba?… Fréret dit que si ce prince Méphisboseth avait un intendant (ce qui est difficile à croire), il est probable que cet intendant, représenté si peu fidèle, n’aurait pas manqué, dans la débâcle, de s’emparer des biens de son maître, sans attendre la permission de David.

«Cependant, Absalon était entré dans Jérusalem, avec tout le peuple de son parti, et Achitophel, de Guilo, l’un des conseillers de David, était passé à lui (16:15)… Et Achitophel disait à Absalon: Crois-moi, fornique publiquement avec toutes les femmes de ton père, qu’il a laissées pour la garde de sa maison, et ainsi, quand les Israélites sauront que tu as fait à ton père cet affront qui est le pire des outrages, ils n’en seront que plus fortement attachés à toi. Absalon fit donc étendre une tente au-dessus de la terrasse de la maison de son père, il obligea les femmes de son père à monter sur la terrasse, et là, il forniqua avec toutes, en présence du peuple.» (16:21-22)

Les critiques ne croient guère que le fait de commettre en public une chose aussi indécente soit un procédé bien efficace pour s’attacher un peuple; ils refusent de croire aussi qu’Absalon, si jeune qu’il était, ait pu consommer l’acte, coup sur coup, avec les dix femmes de son père, devant toute la population de Jérusalem. Mais ce qui est le plus clair, c’est que l’auteur sacré, écrivant le livre fondamental de la religion, se complaît dans les plus sales histoires; après l’inceste d’Amnon, on nous sert les dix incestes d’Absalon; avec la sainte Bible, nous ne sortons des atrocités que pour tomber dans les turpitudes.

Achitophel donna un autre conseil à Absalon, celui de choisir douze mille hommes et de poursuivre immédiatement David; mais un nommé Cussaï lui conseilla de faire d’abord appel à tout Israël, depuis Dan jusqu’à Béer-Scébah, et ce dernier avis parut le meilleur à Absalon. Achitophel, ennuyé de n’avoir pas été écouté, s’étrangla (ch. 17). Finalement, le parti de la révolte essuya une défaite dans la forêt d’Ephraïm, où vingt mille soldats d’Absalon furent tués par les troupes du roi, commandées par Joab. Dans sa fuite, le fils de David, qui était monté sur un mulet, eut sa chevelure prise dans les branches d’un chêne et y demeura suspendu, le mulet ayant continué sa route. Joab, informé, prit trois javelots et en transperça Absalon. Cet épisode paraît bien tiré par les cheveux, n’est-ce pas? Quant à David, lorsqu’il apprit la mort du beau jeune homme, il versa d’abondantes larmes et cria à plusieurs reprises: «Absalon mon fils! Mon fils Absalon! Absalon mon fils!» Le défunt n’eut pas d’autre oraison funèbre. (ch. 18)

David rentra donc dans sa capitale; il pardonna à Séméï, qui lui avait jeté des pierres, et à Méphisboseth, qui lui jura qu’il n’avait jamais songé à usurper sa couronne (ch. 19).

Il y eut encore une sédition, fomentée par un certain Scébah; elle fut vaincue aussi, et les gens chez qui Scébah s’était réfugié lui coupèrent la tête. Enfin, il y avait un capitaine Amasa, qu’Absalon avait élevé au grade de général; Joab se rapprocha de lui, feignant de lui vouloir du bien; et, tandis qu’ils causaient,

«Joab saisit de la main droite la barbe d’Amasa familièrement, comme s’il voulait l’embrasser; or, Amasa ne prenait point garde à l’épée que Joab tenait de sa main gauche; alors Joab l’en frappa et répandit ses entrailles par terre» (20:9-10).

«Il y eut, du temps de David, une famine qui dura trois ans consécutifs. Jéhovah, interrogé, répondit: C’est à cause de Saül et de sa maison consanguinaire, parce qu’il a fait mourir des Gabaonites. Alors, le roi appela les Gabaonites, pour leur parler. Or, les Gabaonites n’étaient point des enfants d’Israël; mais c’était un reste des Amorrhéens, et les Israëlistes leur avaient promis de les laisser vivre; néanmoins, Saül avait voulu les détruire dans son zèle, croyant servir les intérêts d’Israël et de Juda. David dit donc aux Gabaonites: Que ferai-je pour vous? comment vous apaiserai-je, afin que vous bénissiez l’héritage du Seigneur? Ils lui répondirent: Nous ne voulons ni or ni argent; mais, puisque Saül nous a détruits et qu’il a tellement machiné contre nous que nous avons été exterminés sans pouvoir subsister en Israël, qu’on nous livre sept hommes de sa descendance, et nous les pendrons au nom de l’Éternel, sur le coteau de Gabaa; car Saül était de Gabaa, et il fut l’élu du Seigneur. David leur dit: Eh bien, je vous les livrerai. Cependant, le roi ne leur remit point Méphisboseth, fils de Jonathan, qui avait été son intime ami; mais il prit Armoni et un autre Méphisboseth, qui étaient fils de Ritspa, concubine de Saül, et les cinq fils que Mical, fille de Saül, avait enfantés à son mari Hadriel Méholatite. Et il les livra aux Gabaonites, qui les pendirent sur leur montagne devant l’Éternel; et ils furent pendus tous ensemble au commencement de la moisson des orges.» (21:1-9)

Ce passage de la Bible a toujours embarrassé les théologiens; car il n’est dit nulle part, dans l’histoire de Saül, que ce roi eût fait le moindre tort aux Gabaonites, et bien au contraire Samuel lui reprocha constamment, au nom de Dieu, ses sentiments de générosité en plusieurs circonstances; on n’a pas oublié que le prophète le déclara déchu, parce qu’il n’exterminait pas les peuples non-israëlites qui vivaient dans cette contrée, tels que les Amalécites, les Amorrhéens, les Iduméens, etc. En outre, puisque Saül était lui-même de Gabaa, il est tout naturel qu’il ait favorisé ses compatriotes; s’il avait massacré ceux des habitants de Gabaa, qui n’étaient pas juifs, Samuel n’aurait pas manqué de mentionner ce forfait dans celui de ses deux livres qu’il consacre à Saül.

Ce massacre, qui est relaté ici inopinément, après coup, produit l’effet d’un mensonger prétexte, imaginé par David pour se débarrasser des derniers descendants de son prédécesseur. L’épisode est si peu véridique, que l’auteur y commet un quiproquo: c’est Mérob, sa fille aînée, et non Mical, que Saül maria à Iladriel Méholatite (1 Samuel 18:19); quant à Mical, lorsque David lui fut infidèle en épousant Abigaïl et Achinoam, Saül la donna à Phalti, fils de Laïs (1 Samuel 25:44), et nous avons vu David la reprendre à Phalti (2 Samuel 3:14-16). Il est possible que l’auteur sacré ait voulu parler ici de Mical et des fils qu’elle put avoir d’un autre mari que David; mais il est difficile d’admettre qu’un écrivain, inspiré par Dieu, ait manqué de mémoire au point de confondre le sieur Phalti avec le sieur Hadriel Méholatite, époux de Mérob.

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