La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
• Le roi de Crète Minos, après avoir ravagé les côtes de Mégare, avait mis le siège devant cette ville, dont la destinée dépendait d'un cheveu d'orque Nisus, roi de la contrée, ))ortait parmi ses cheveux blancs. Le siège avait déjà duré six mois sans (pic la fortune se lut déclarée pour l'un ou l'autre parti. Dans Mégare était un{> tour dont les murailles rendaient un son harmonieux depuis qu'Apollon y avait laissé sa lyre. La fill(> du loi, Scylla, montait souvent en temps de paix sur cette tour, poui" avoir le plaisir de tirer de ses murailles ([uel([ues sons, en y jetant de petites pierres. Durant le siège, elle y allait aussi pourvoir de là les
attaques et les combats qui se donnaient autour de la ville. Comme il y avait longtemps que les ennemis étaient campés à l'entour, elle en connaissait les i)rinci[>aii oriiciccs, leui's armes, leurs chevaux et leur ma-uit'i'c (le se battre. Elle avait suitout remarqué leur chef, Minos, avec une attention parliculicie et [ilus qu'il n'aurait été nécessaire poiu' son repos ; sa passion arriva à un tel point qu'elle résolut de sacrifier son pays à la gloire de l'étranger qu'elle aimait.
Lnenuit, pendant ([ue toute la ville était plongée dans le' sommeil, elle pénétra dans l'appartement de son père et lui coupa le chcACu fatal. Munie de ce précieux dépôt, la malheureuse Scylla, à qui le crime donnait une nouvelle hardiesse, sortit de la ville, traversa le camp ennemi, arriva à la tente de Minos à qui elle remit le cheveu dont dépendait le salut de la ville. Minos prit en horreur cette fille dénaturée, quil refusa de voir: le cheveu étant coupé, la ville tomba entre ses mains, mais il partit aussitôt après, défendant de recevoir Scylla sur ses vaisseaux. Ce fut en vain qu'elle arriva tout en larmes sur le rivage, les cheveux épars, les bras étendus vers celui qui la repoussait : elle vit partir le navire, et, dans son désespoir, s'élança dans la mer pour suivre à la nage celui qu'elle aimait. Mais elle aperçoit son père, Nisus, qui, changé en épenner, la poursuivait, et commençait à fondre sur elle pour la déchirer à coups de bec ; et elle-même^ au lieu de nager, commence à voler à la surface de l'eau, car elle était transformée en alouette, et depuis ce temps l'oiseau de proie qu'elle avait si indignement trahi n'a cessé de lui faire une guerre cruelle. (Ovide.)
Fig. il"?. — L'arc et le carquois de l'Amour avec le papillon de Psyché (composition de Gabriel de Saint-Aubin).
CHAPITKE Vil
PSYCHÉ.
Bcaulù de Pschc. — Jalousie de Vénus. — L'oracle.—Psyché enlevée par Zéphire. — Le palais de Psyché. — Les sœurs de Psyché. — La goutle d'huile. — Colère de Vénus. — Les tribulations de Psyché. — Les noces de. Psyché. — L'âme humaine.
Beauté de Psyché. — Un roi avait trois filles, toutes trois fort Ijc.'Ucs. Mais, quelque charmantes que fussent les deux aînées, on pouvait espérer de trouver dans le langage humain des formules d'éloges proportionnées à leur mérite ; tandis que la cadette était d'une perfection si rare.
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Fig. !i'-. — Lo peuple aux genoux de Psyclié (d'après une coinposilion de Rapliaëi;.
si merveilleuse, que les termes manquaient pour Fevprimer et pour en parler dignement. Les habitants du pays, les étrangers, tous enfin s'empressaient d'accourir en foule, attirés par la réputation d'un semblable l)rodige ; et quand ils avaient vu cette beauté dont rien n'approchait, ils restaient confondus d'admiration, et, se prosternant, ils l'adoraient avec
W'J MAHS ET VENUS.
lin rosjiecl l'cliuieux, alisoliiiiuMil coninic si c'eût ('té Vénus clltî-niènic. Lolnnitso l'i'pandit hicnlùf (|iie cotait Vcmhis cUc-mèmo qui venait lial>iti'i' la tci'i'C sous les a|)|)arenccs d'une mortelle, et le crédit de la véritable déesse en fut atteint. On n'allait plus à Cnide. on n'allait plus à Pa|»hos, on ne naviguait j)lus vers la riante île de Cythèic; les anciens temples de Vénus étaient vides, ses cérémonies négligées, ses sacrifices suspendus, et ses autels solitaires ne présentaient plus qu'une cendre froide en place du feu où l'on brûlait autrefois des parfums. Mais lorsque Psclié j)assait, le jxuiple en foule, la prenant pour Vénus, lui présentai! des guirlandes , lui jetait des fleurs, lui adressait des vœux et des ju'ières; les })Merius arrivaient de toutes parts pour lui offrir des victimes. Cet honnnage à la beauté, si conforme à l'esprit antique, fait le sujet d'une composition de Rapbaël (fig. 413).
Jalousie de Vénus. — Vénus, qui du baut du ciel voyait tout cela, ne put contenir son indignation. « Eb quoi! disait-elle, moi, Vénus, l'âme première de la natiu-e, l'origine et le germe de tous les éléments, moi qui féconde l'univei's entier, il me faut partager avec une mortelle les bonneurs dus à mon rang-suprême! Il faut que, consacré dans le ciel, mon nom soit profané sur la terre, et que je voie mes autels délaissés |)our une créatvu^e destinée à la mort! Ab ! celle qui usurpe ainsi mes droits va se repentir de son insolente beauté ! »
Aussitôt elle appelle son fils, cet enfant ailé, si audacieux, qui, dans sa perversité, brave la morale publique, s'arme de torcbes et de flècbes, commettant avec impunité les plus grands désordres et ne faisant jamais le moindre bien. Elle l'excite par ses paroles, et exbale devant lui toute son indignation. « Mon fils, au nom de la tendresse qui t'unit à moi, venge ta mère outragée; mais venge-la ]»leinement. Je ne t'adresse qu'une prière : fais que cette jeune fille s'enflamme de la plus violente passion pour le dernier des bommes, pour un malbeureux condamné par la fortune à n'avoir ni position sociale, ni patrimoine, ni sécuritt' d'existence; enfin pour un être tellement ignoble, que dans le monde entier il ne se trouve pas son pareil en misère ! » Et en parlant ainsi elle couvrait son fils de baisers.
L'oracle d'Apollon. — Vénus, de son côté, poursuivait sa colère et les effets s'en faisaient déjà sentir : car, tandis que les deux sœurs do Psycbé ont épousé des rois, la malbeureuse jeune fille, coupable de trop de beauté, trouve partout des adorateurs, mais ne rencontre pas de mari, et son père, soupçonnant que quelque divinité met obstacle à l'hymen de sa fille, va consulter l'oracle d'Apollon qui ordonne d'exposer la jeune fille sur un rocber pour un bymen de mort. Son mari ne doit pas être un mortel : il porte des ailes comme les oiseaux de proie dont il a la
PSYCHE.
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cruauté, et il asservit les hommes et les dieux eux-mêmes. Il faut bien obéir quand un dieu a parlé. Après quelques jours consacrés aux pleurs et à la désolation, on prépare la pompe de cet hymen funèbre. Le flambeau nuptial est représenté par des torches noirâtres, à la couleur de suie et de cendre. Les chants joyeux d'hyménée se changent en hurlements lugubres, et la jeune fiancée essuie ses larmes avec son voile même de mariage.
Psyché enlevée par Zéphire. — Ouand on eut accompli ce céré-
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Fig. 41 i. — Enlèvement de Psyclié 'd'après Prud'hon).
nionial de mort, on conduisit la malheureuse Psyché au rocher où elle devait attendre son époux. C'était une montagne escarpée : dès que la jeune fille y fut arrivée, on éteignit les torches nuptiales qui avaient éclairé la fête funèbre de ce triste hymen, et chacun regagna sa demeure. Les parents de Psyché, enfermés dans leur palais, refusèrent désormais d'en sortir, se condamnant à d'éternelles ténèbres. Tremblante d'effroi. Psyché se noyait dans les pleurs sur le sonmiet de la montagne, quand tout à coup l'haleine délicate du Zéphire. agitant amou-