La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Le sculpteur Lysippe avait fait aussi une statue de Cupidon pour les Thespiens : elle était j»lacée à côté du chef-d'œuvre de Praxitèle. L,i fameuse statue connue sous le nom de VAmour tendant son arc passe poiM- être une copie dun de ces deux ouvrages (lig. 407). On voyait aussi
MARS ET VÉNUS.
clans le temple de Vénus à Athènes un très-célèbre tableau de Zeuxis, représentant l'Amour couronné de roses. Jusqu'à la conquête romaint>, l'Amour avait presque toujours été représenté comme un adolescent au formes élégantes et sveltes. A partir de cette époque, il apparaît plus souvent comme un j)etit enfant potelé.
L'art moderne a IVé([ti(MiHneiit représenté l'Amour. Dans la chambi'e de bain du cardinal Bibbiena, au Vatican, Raphaël a montré l'Amour triomphant et faisant traîner son char par des papillons, des cNgnes, etc. Dans une foule de compositions ravissantes, il le montre folâtrant à côté de sa mère ou la quittant après l'avoir piquée.
Le Parmesan a fait avec VA?nour taillant son arc une gracieuse figure qu'on a longtemps attribuée au Corrége. Le Corrége et le Titien ont fait aussi Cupidon sous toutes ses formes, mais aucun peintre ne l'a re-
Fij;. iO'J. — L'Amour taillant son arc par Bouchardon, musée du Louvre) (Arrangé dans un cul-dc-lampe de Gabriel de Saint-Aubin.)
présenté aussi souvent que Rubens. Les Cupidons frais et joufflus du grand maître flamand se voient dans toutes les galeries, et se livrent à toutes les occupations, se battant, jouant, volant dans les airs, courant dans la prairie, cueillant des fruits, etc.
Dans l'Ecole française, le Poussin a représenté aussi bien des fois Cupidon, mais le Sueur a peint son histoire complète dans les salons de rhôtel Lambert, et l'austère peintre de saint Bruno a su déployer, sans cesser d'être chaste, une grâce charmante dans ces sujets mytho-logicpics.
On voit dès les commencements du dix-huitième siècle, Timportance démesurée que l'Amour va prendre dans les productions artistiques de celle époque. Coypel avait peint, dans les salons du cardinal Dubois, un plafond représentant la Troupe céleste désarmée par les Amows. « On y
L'AMOUR.
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remarque, dit le biographe du peintre, un de ces petits dieu (jui s'élève vn riant sur l'aigle de Jupiter; mais celui qui ose entreprendre de se saisir du foudre, se brûle, se repent et s'enfuit. Un autre, plus opiniâtre, s'aperçoit avec dépit que tous ses traits se brisent contre l'égide de Minerve, et tente inutilement de nouveaux eiforts. Le Temps arrête par l'aile le téméraire qui vient d'enlever son horloge et sa faux. On voit la balustrade qui règne sur la corniche s'écrouler sous les pas de ce destructeur impitoyable. Le reste de la composition présente aux yeux ce badinagc aimable et noble qui plaît tant à l'esprit et dont l'esprit seul peut être l'inventeur
L'Amour taillant son arc de Bouchardon, qu'on voit maintenant au musée du Louvre (lig. 409), était autrefois dans une île au milieu de l'étang de Trianon. Cette jolie statue, qui a été fort dépréciée au com-
Fig. 410. — L'Amour sur un hippocampe (d'après une pierre gravée ainiquo).
mencement de ce siècle, est bien conforme à l'esprit du dix-huitième siècle. L'Amour, vainqueur des dieux et des hommes, s'est emparé sans peine de la massue dllercule, et tandis qu'il est occupé à s'en faire un arc, il incline la tête avec un mouvement de coquetterie un peu affectée, mais pleine de grâce. A la même époque. Boucher couvrait ses trumeaux de petits amours potelés, qui sont pleins de charme, mais (jui n'ont qu'un rapport fort éloigné avec le type fixé par Praxitèle et Lysippe.
Vien a fait une Marchande cVamours, imitée d'une peinture antique très-célèbre que nous reproduisons (fig. 411), et l'école impériale a très-souvent représenté l'Amour; mais parmi les artistes modernes, aucun ne Ta fait aussi souvent que Prud'hon.
MARS ET VKXUS.
Bien que ses com|>(>siti(nis pèelu'iit ([iiel([iier(tis par iiii peu (raflele-i-ie, elles sont souvent pleines de eluirnie. La plupart ont été po[»ulaii-sées par la gravure ou la lithographie, lei. nous voyons IMw^o//;* debout, les ailes étendues, passer ses bras autour du cou de rinnocenee assise sur un tertre. Plus om,V Innocence séduite par VAnioio' est entraînée par le Plaisir et suivie par les/f<?^;'^^5. Une autrefois, il lait r.ly>io^//'attaché |iar un anneau de fer au piédestal iriin huste de Mi-
Fig. -511. — La ninrcliaiulc d'Ainoiir> (d'apn-^ iiiic peinture aiiiirnic,^
nere et trépignant de son petit pied^ mais dans le pendant, Y Amour f/iomjj/iant seengQ de la femme insensée qui a cru renchaîner pour toujours.
L'Amour frappe souvent en aveugle et fait naître des sentiments (pu^ le mérite ou la beauté n'expliquent pas suflisamment. C'est ce que Cor-régc a voulu exprimer quand il représente Vénus attachant un bandeau sur les yeux de son fils. Le Titien a peint le même sujet qu'on voit souvent reproduit dans l'ait moderne.
Ésaque. — L'Amour produit sur ceuv (pi'il a frappés des effets surprenants, qui dans la Fable se traduis enttoujours [tar des métamorphoses. Ainsi le plongeon est un oiseau qui vole toujours au-dessus des eaux et s'y l»longe fréquemment. Autrefois c'était le lils d'un roi. 11 n'aimait pas la cour de son père et évitait de se rendre aux fêtes qu'on y donnait : il préférait aller dans les bois, parce qu'il avait l'espoir d*y rencontrer la nymphe llespérie qu'il aimait tendrement. Cependant Esaque, c'était son nom, n'était pas payé de retour. Un jour que la nymphe fuyait
(levant lui pour éviter ses poursuites, L-lle lut piquée par un serpent venimeux et mourut. Esaque, désespéré d'avoir causé sa mort, alla se jeter dans la mer du haut d'un rocher. Mais Téthys, touchée de son malheur, le soutint dans sa chute, le couvrit de plumes avant qu'il fût tombt'; dans Teau et Tempècha ainsi de mourir, quelque envie qu'il eût de ne pas survivre à sa chère Ilespérie. Indigné contre la main favorable qui le protège, il se plaint de la cruauté du destin qui le force de vivre. Il s'élève en l'air, puis se précipite avec impétuosité dans l'eau ; mais ses plumes le soutiennent et afîaiblissent reiîort qu'il fait pour y périr. Devenu furieux, il plonge à tout moment dans la mer et cherche la mort qui le fuit. Son amour l'a rendu maigre : il a des cuisses longues et décharnées et un grand cou. Il aime les eaux, et comme il s'y plongea sans cesse, on lui a donné le nom (q plongeon. (Ovide.)
Picus et Circé. — Picus, fils de Saturne et roi d'Italie, était un jeune prince d'une merveilleuse beauté. Toutes les nymphes l'admiraient quand elles le voyaient; mais la magicienne Circé ne se contenta pas de l'admirer, elle voulut qu'il devînt son époux. Elle ne reçut pourtant que des dédains, car il aimait éperdùment Canente, la fille de Janus. Un jour qu'il était allé à la chasse au sanglier, il rencontra Circé, qui lui déclara hautement sa passion. Se voyant dédaignée, la magicienne fit entendre les paroles terribles dont elle se sert pour faire })àlir la lune ou assombrir le soleil. Picus, effrayé de ces formules magiques, se mit à fuir à toutes jambes ; mais il s'aperçut bientôt qu'il courait plus vite que d'habitude, ou plutôt qu'il volait, car il était changé en oiseau. Dans sa rage, il st; mit à donner de grands coups sur les arbres avec son bec : ses plumes avaient gardé la couleur de l'habit qu'il portait ce jour-là, et Tagrafe d'or qui l'attachait fut marquée sur son cou par une tache d'un jaune éclatant. Canente pleura tant et tant que son beau corps finit par s'éva-|)orer dans les airs et il ne resta plus rien d'elle.
Le cheveu de Nisus. — De toutes les métamorphoses que l'Amour a opérées, aucune n'est plus surprenante que celle dont fut victime Scylla, fille du roi Nisus.