Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 131
Перейти на страницу:

Enfant ch�tif? O� vois-tu qu'il le soit? Ch�tif comme le g�n�ral qui m�ne une arm�e�

Et moi j'ai bien compris, le regardant, et regardant les vieilles et les vieux et les plus jeunes, tout l'essaim d'abeilles autour de la reine, tous les mineurs autour du sillon d'or, tous les soldats autour du capitaine, que s'ils ne formaient qu'un ainsi, d'un tel pouvoir, c'est que les avait drain�s, comme la graine une mati�re disparate pour en faire arbres, tours et remparts, un sourire silencieux, pench� et furtif qui les avait convoqu�s tous pour le combat. Il n'�tait point de fragilit� dans cette chair d'enfant si vuln�rable puisqu'elle s'augmentait de cette colonie, tout naturellement, sans m�me le conna�tre, par le seul effet de cet appel qui t'ordonne autour de toi toutes les r�serves ext�rieures. Et une ville enti�re se fait serviteur de l'enfant. Ainsi des sels min�raux appel�s par la graine, ordonn�s par la graine et qui deviennent, dans la dure �corce, remparts du c�dre. Qu'est-ce que la fragilit� du germe s'il d�tient le pouvoir d'assembler ses amis et de soumettre ses ennemis? Crois-tu aux apparences, aux poings de ce g�ant et � la clameur qu'il peut produire? Cela est vrai dans l'instant m�me. Mais tu oublies le temps. Le temps te construit des racines. Et le g�ant, tu ne vois point qu'il est d�j� comme garrott� par une invisible structure. Et l'enfant faible, tu ne vois point qu'il marche � la t�te d'une arm�e. Dans l'instant m�me le g�ant te l'�craserait. Mais il ne l'�crasera point. Car l'enfant n'est point une menace. Mais tu verras l'enfant poser son pied sur la t�te du g�ant et d'un coup de talon te le d�truire.

CLIX

Toujours tu as vu ce qui est fort �cras� par ce qui est faible. Sans doute est-ce faux dans l'instant m�me, d'o� les illusions de ton langage. Car tu oublies le temps. Et certes l'enfant ch�tif, s'il suscite la col�re du g�ant, le g�ant le pi�tinera. Mais ce n'est point du jeu ni du sens de l'enfant ch�tif de tirer cette col�re du g�ant. Mais de n'en point �tre remarqu�. Ou d'en �tre aim�. Et dans l'adolescence peut-�tre de l'aider afin que le g�ant ait besoin de lui. Puis vient l'�ge des inventions et l'enfant grandi forge une arme. Ou bien tout simplement il d�passe l'autre en taille et en poids. Ou bien plus simplement encore l'enfant parle et il en draine mille autour de soi qu'il conduira sur le g�ant et qui lui feront � lui comme une armure. Va-t'en le toucher � travers!

Et le champ de bl�, si j'y d�couvre une seule graine d'ivraie, je le connais d�j� comme vaincu. Et le tyran et ses soldats et ses gendarmes, s'il est quelque part dans son peuple un enfant comme celui d'Ibrahim qui commence de se d�velopper et de m�rir l'image nouvelle qui ordonnera le monde comme un corset de fer (car je d�couvre pr�tes les lignes de force), je le vois d�j� d�mantel� et jet� � bas comme ces temples dont une seule graine est venue � bout, car elle �tait d'un arbre g�ant qui a d�roul� ses racines avec la patience d'un qui se r�veille et s'�tire et lentement gonfle les muscles de son bras. Mais cette racine a fait basculer un contrefort, l'autre a jet� bas un ma�tre couple. Le tronc a crev� la coupole en sa clef de vo�te, et la clef de vo�te s'est �boul�e. Et l'arbre r�gne d�sormais sur des mat�riaux en vrac devenus poussi�re, dont il tire son suc pour se nourrir.

Mais cet arbre g�ant � son tour je saurai l'abattre. Car le temple est devenu arbre. Mais l'arbre deviendra peuple de lianes. Il me suffit d'une graine ail�e au gr� des vents.

Que montres-tu si le temps te d�roule? Certes est invisible en apparence cette cit� dans son armure. Mais je sais lire. Et, de s'�tre enferm�e dans ses provisions, c'est qu'elle a accept� la mort. J'ai peur de ceux-l� qui vont nus, remontant vers le nord de leur d�sert sans forteresse. D�ambulant presque sans armes. Mais graine non encore germ�e et qui ne conna�t point son propre pouvoir. Mon arm�e est issue de l'eau profonde du puits d'El Ksour. Nous sommes semences sauv�es par Dieu. Qui s'opposera � nos d�marches? Me suffit de trouver la faille dans l'armure, pour faire craquer ce temple par le seul r�veil de l'arbre enferm� dans sa graine. Me suffit de conna�tre la danse � danser pour que tu te fasses femelle du m�le, ville d�sormais domestique comme de la femme quand elle reste � la maison. Te voil� mienne comme un g�teau de miel, cit� trop s�re de toi. Doivent dormir tes sentinelles. Car tu es d�labr�e de c�ur.

CLX

�Ainsi donc, me disais-je, il n'est point de remparts. Ceux-l� que je viens de b�tir, s'ils servent mon pouvoir c'est qu'ils sont effets de mon pouvoir. S'ils servent ma permanence c'est qu'ils sont effets de ma permanence. Mais tu ne d�nommes point rempart la gaine du ca�man s'il est mort.

�Et si tu entends une religion se plaindre des hommes qui ne se laissent point conqu�rir, tu n'as qu'� rire. La religion doit absorber les hommes, non les hommes s'y soumettre. Tu ne reproches point � la terre de ne point former un c�dre.

�Tu crois que ceux-l� qui vont pr�chant une religion nouvelle, s'ils la distribuent dans le monde et y rangent les hommes c'est � cause du bruit qu'ils font, de l'habilet� de leurs boniments ou du luxe de leur tapage? Mais j'ai trop �cout� les hommes pour ne point comprendre le sens du langage. Et qu'il est de charrier de l'autre en toi quelque chose de fort qui est point de vue neuf et qui cherche de soi-m�me � s'alimenter. Il est des mots que tu jettes comme des graines, lesquelles ont pouvoir de drainer la terre et de l'organiser en c�dre. Et certes tu eusses pu semer l'olivier et l'organiser en olivier. Et l'un ou l'autre prosp�rera, se multipliant de par soi-m�me. Et certes dans le c�dre grandissant tu entendras chanter le vent de plus en plus fort. Et si la race des hy�nes se multiplie tu entendras le cri des hy�nes de plus en plus remplir la nuit. M'iras-tu cependant dire que c'est le bruit du vent dans les feuilles du c�dre qui y appelle les sucs de la terre, ou la magie du cri des hy�nes qui change en hy�ne la chair des gazelles sauvages? La chair des hy�nes se recrute dans la chair des gazelles, la chair du c�dre se recrute dans les sucs de la rocaille. Les fid�les de ta religion nouvelle se recrutent chez les infid�les. Mais nul jamais n'est d�termin� par le langage si le langage n'a point le pouvoir d'absorber.

�Et tu absorbes quand tu exprimes. Et si je t'exprime tu es � moi. Tu deviens en moi n�cessairement. Car ton langage d�sormais c'est moi. Et c'est pourquoi je dis du c�dre qu'il est langage de la rocaille car elle se fait, � travers lui, murmure des vents.

�Mais qui, sinon moi, te propose un arbre o� devenir?�

Donc, chaque fois que j'assistais � l'action d'un homme je ne cherchais point � l'expliquer par le tintamarre de sa fanfare � car tu peux aussi bien la ha�r et la rejeter � ni par l'action de ses gendarmes, car ils peuvent faire se survivre un peuple qui meurt mais non b�tir. Et je te l'ai dit des empires forts qui d�capitent les sentinelles endormies, de quoi tu d�duis faussement que leur force est venue de leur rigueur. Car l'empire faible, s'il d�capite, l� o� toutes dorment, il n'est qu'un bouffon sanguinaire, mais l'empire fort emplit ses membres de sa force et ne tol�re point le sommeil. L'action de l'homme, je ne cherchais m�me point � l'expliquer par les mots �nonc�s ou les mobiles ou les arguments d'intelligence, mais par le pouvoir informulable de structures nouvelles et fertiles comme il en est de ce visage de pierre que tu as regard� et qui te change.

CLXI

La nuit vint et je gravis la plus haute courbe de la contr�e pour regarder dormir la ville et s'�teindre autour, dans l'obscurit� universelle, les taches noires de mes campements dans le d�sert. Et ceci afin de sonder les choses, connaissant � la fois que mon arm�e �tait pouvoir en marche, la ville pouvoir ferm� comme d'une poudri�re, et qu'au travers de cette image d'une arm�e serr�e autour de son p�le, une autre image �tait en marche, et en construction ses racines, dont je ne pouvais rien conna�tre encore, liant diff�remment les m�mes mat�riaux, et je cherchais � lire dans la nuit les signes de cette gestation myst�rieuse, non dans le but de la pr�voir, mais afin de la gouverner, car tous, moins les sentinelles, ils sont all�s dormir. Et reposent les armes. Mais voici que tu es navire dans le fleuve du temps. Et a pass� sur toi cet �clairage du matin, de midi et du soir comme l'heure de la couv�e, faisant quelque peu progresser les choses. Puis l'�lan silencieux de la nuit apr�s le coup de pouce du soleil. Nuit bien huil�e et livr�e aux songes car seuls se perp�tuent les travaux qui se font tout seuls, comme d'une chair qui se r�pare, des sucs qui s'�laborent, du pas de routine des sentinelles, nuit livr�e aux servantes car le ma�tre est all� dormir. Nuit pour la r�paration des fautes, car leur effet en est report� au jour. Et moi, la nuit, lorsque je suis vainqueur, je remets � demain ma victoire.

1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)