Dictionnaire amoureux de San-Antonio
- Автор: Bouhier Éric
- Год: 2017
- Язык: французский
- Год: Éditions Plon
- ISBN: 978-2259243421
- Жанр: Путеводители
Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
Une première fois en 1985, au dos de Dégustez, gourmandes ! Victor Hugo tint à annoncer lui-même la sortie de ce 122e épisode : À l’occasion du centenaire de ma mort, je suis heureux de vous présenter un San-Antonio nouvelle manière. Le fameux commissaire guigne la succession d’un Superman international et, l’espace d’un livre, devient son disciple. Alors, il met la baise et la rigolade en veilleuse pour tenter de réussir son examen de passage. S’il y parvient, Sana sera promu super-dauphin. S’il échoue, il sera sacré bézuquet à vie. Dans un cas comme dans l’autre, il continuera d’escalader ces dames et de dilater la rate de leurs maris. À la vôtre !
La deuxième fois à l’occasion de Galantine de volaille pour dames frivoles (133e en 1987), les éditeurs ayant jugé nécessaire d’apporter une mise au point capitale réclamée par un des pivots (le seul Pivot en réalité) de la vie littéraire française. Lisez plutôt. Dans le numéro spécial de Lire (plus de 800 pages) qu’il a consacré à San-Antonio et qui s’intitule : « SAN-ANTONIO, son vit, son œuvre », Bernard Pivot a écrit dans sa brillante introduction que San-Antonio était le plus grand écrivain de langue française après Shakespeare. Le célèbre journaliste, monarque incontesté de la littérature actuelle, vient de nous adresser un rectificatif pour nous dire sa crainte de voir cet « après » mal interprété et créer une notion de subalternité dont San-Antonio aurait à souffrir par rapport à Shakespeare ; il préférerait substituer à son « après » la préposition « depuis », qu’il juge moins équivoque. Nous le remercions pour sa grande probité morale et espérons que le présent ouvrage renforcera encore son admiration pour l’immense écrivain. Les éditeurs.
À deux reprises, dans des circonstances d’exception, ces prières d’insérer accueillirent :
— soit les remarques d’Alexandre-Benoît Bérurier : Quand on veut faire pute professionnelle, faut s’assurer au prélavable qu’t’es capab’ d’héberger l’client ; même quand y l’est monté comm’ un seigneur, dont c’est mon cas ; qu’autrement sinon ça d’vient d’l’abusement d’confiance, moi j’trouve. Enfin, viens quand même av’c nous en Taillelande ; si t’aimes pas le bouddha, on t’fera faire des massages (À prendre ou à lécher).
— soit les doléances de sa délicieuse épouse, Berthe Bérurier, dans Bons baisers où tu sais : Sans compter qu’un chibre comme l’sien, au grand jamais j’retrouv’rai l’même. C’tait classé monument hystérique, un nœud de c’t’acabit. Les taureaux faisaient la gueule quand y voiliaient limer c’pauv’Alexandre-Benoît dans la nature. Ça va faire deux mois que j’étiole du frifri, commissaire. C’est plus une vie !
Enfin, pour exonérer San-Antonio de toute arrière-pensée commerciale dans la rédaction de ces prières d’insérer, il est bon de relire celle signée de son chien Salami (La Queue en trompette) : […] je ne vais pas résumer au dos d’une couverture ce que mon connard de maître a raconté en trois cents pages ! Il aurait l’air de quoi ?, et celle qui accompagne Fais pas dans le porno : […] Pour mettre le paquet, j’ai mis le paquet ! Si tu trouves que c’est trop, va m’attendre dans le prochain. Tu le trouveras à ta mesure car ce sera une histoire de cons.
Prix Nobel ?
J’ai beaucoup hésité, et toute la communauté san-antonienne derrière moi, à révéler qu’en 1974 San-Antonio avait reçu le prix Nobel ! Les Prédictions de Nostrabérus en porte témoignage. Comme c’est la coutume, il lui fut remis en Suède par le roi Pilaf III Adolphe. Dans notre pays, si fier pourtant de ses artistes, mais où Les Ch’tis et leurs 20 millions d’entrées ne récoltent pas la moindre queue d’un césar, nous ne voulions pas jouer les trouble-fête et vexer nos nobles institutions littéraires. Pas plus que les autorités cinématographiques, elles ne considèrent le genre comique comme digne de nos prix les plus prestigieux. À l’exception, soyons juste, de nombreux intellectuels éclairés[59] !
San-Antonio eut la délicate attention d’annoncer les intentions du comité Nobel dans Le Secret de Polichinelle, au titre bien choisi, par ces mots tout d’humilité : En dernière minute, que dis-je, en suprême minute, comme l’imprimeur mettait sous presse et comme l’éditeur se mettait à table, nous avons appris qu’on parlait de ce livre pour le Nobel ! C’est comme je vous le dis, appelez-moi Maître et prêtez-moi mille balles. Il écrivait cela en 1958, soit seize ans auparavant ; autant dire que nos élites savaient depuis longtemps à quoi s’en tenir ! Mais il était couru d’avance que les Frédéric Dard et les San-Antonio n’auraient pour prix que leur prix de vente imprimé au dos de la couverture. T’en as qu’ont les prix Goncourt, moi j’ai les prix modiques, bas de gamme. Je suis la 2 CV de la littérature. Cependant, nous devons à la vérité quelques précisions. Des académies littéraires aussi bienveillantes qu’anonymes saisirent, elles, la formidable occasion d’accrocher à leur palmarès le nom d’un des plus grands écrivains contemporains.
Frédéric n’en faisait pas mystère. Encore adolescent, il débuta sa carrière littéraire avec des rêves de reconnaissance de ses pairs. Le Goncourt et le Renaudot le laissaient rêveur, et il n’est pas impossible que le talentueux môme se soit imaginé entrant un jour sous les ors de la Coupole. Il déchanta vite. Son talent était apprécié, mais il ne se construisait qu’une gloire locale. Sa montée à Paris, si désirée, lui offrit certes la célébrité, mais dans un genre lui interdisant toute récompense prestigieuse. Il accepta donc de bonne grâce les prix beaucoup plus anonymes qu’on lui décernait et réserva aux « milieux littéraires autorisés », comme aurait dit Coluche, quelques piques savoureuses, peut-être amères au début, puis prétexte aux bons mots et à la drôlerie.
Avant de se voir décerner le prix Nobel annoncé plus haut, Frédéric Dard reçut :
— Le prix Lugdunum, en 1941, pour Monsieur Joos (ouvrage qui contient deux nouvelles : Vie à Louer et La Plaque tournante).
— Le Grand Prix du théâtre radiophonique, le 25 janvier 1947 pour l’adaptation de La Mort des autres.
— Le prix du Club des transports pour Batailles sur la route, en 1949.
— Le Grand Prix de littérature policière, en 1957, pour Le bourreau pleure. Il partagea la récompense avec Patricia Highsmith et son Monsieur Ripley et reçut le prix des mains de Jeanne Moreau lors d’une réception au restaurant Salvi, rue Marbeuf. Il retrouva vite l’actrice et bientôt amie. En effet, la même année, elle joua dans deux films tirés de ses romans, L’Étrange Monsieur Steve d’André Bailly (adapté de La Revanche des médiocres signé Marcel-G. Prêtre) et Le Dos au mur d’Édouard Molinaro (d’après Délivrez-nous du Mal de Frédéric Dard).
— Le prix de l’académie Rabelais, en 1964, pour L’Histoire de France vue par San-Antonio.
— Le prix Gaulois, en 1965, pour Le Standinge, remis par Pierre Dac, qui l’avait obtenu l’année précédente.
— Le prix Victor Peyret-Juliénas en 1969, pour la contribution de Béru à la promotion de ce cru.
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Bravo, San-Antonio, vous n’avez pas volé votre prix Nobel ! François Nourissier.