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Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
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Une femme ronde, plus jeune que lui d’au moins vingt ans, apparut.

Le capitaine désigna Mikael. « Trouve-lui des vêtements ! ordonna-t-il. Ce garçon va prendre le mal du poumon si on le laisse trempé comme une soupe. Et fais sécher les siens. Il restera dîner avec nous. Nous ne pourrions pas avoir de meilleur hôte, alors tords le cou à une oie bien grasse ! »

La femme s’apprêta à repartir.

« Ah, Annabel… fais vite ! »

La femme sourit et disparut dans la maison.

Le vieil homme s’assit près de la cheminée, l’épée posée sur les genoux. « Il est encore en vie… » répétait-il, heureux.

Une servante conduisit Mikael dans la chambre du capitaine, où il trouva des vêtements secs. La servante prit les siens en échange, et les étendit sur une corde au-dessus de la cheminée de la cuisine.

Au coucher du soleil, tout était prêt et la table dressée.

En s’asseyant, le vieil homme regarda Annabel, sa femme, et lui dit : « Tu sais comment il l’appelle ? » Il tapa la main sur la table et se mit à rire. « Le vieux Raphael ! » Riant encore plus fort, il répétait : « Le vieux Raphael ! » Et il hochait la tête, réjoui. Pourtant, il ne répondit à aucune des questions de Mikael. À la fin de la soirée, au moment de prendre congé, il lui dit : « D’ici jusqu’à Lienz, si tu montres cette épée, tu peux être certain qu’elle t’ouvrira toutes les portes, des plus humbles aux plus prestigieuses. Tu seras accueilli comme un seigneur ». Puis il le regarda avec sérieux. « Mais ne pose aucune question sur… le vieux Raphael.

— Pourquoi ?

— Il a voulu cacher son histoire, et nous avons le devoir de respecter cela, dit gravement le capitaine. Si tu poses des questions, tôt ou tard il y aura un imbécile pour te raconter qui il était. Et puisqu’il t’a accordé l’immense privilège de porter ce à quoi il tenait le plus au monde dans sa vie passée, honore-le en respectant sa volonté. » Il regarda Mikael. « Jure-le, mon garçon.

— Je le jure », dit Mikael avec émotion.

Le vieil homme le fixait toujours. « Il doit y avoir quelque chose d’extraordinaire en toi pour qu’il t’ait donné son épée, dit-il enfin. Si tu le revois, je te demande de le saluer pour moi.

— Je ne sais même pas votre nom, messire… »

Le capitaine sourit. « Laisse tomber les noms. Ils ne veulent rien dire. » Il ouvrit sa casaque au niveau de la poitrine et découvrit deux effroyables cicatrices — l’une du nombril au sternum, l’autre traversant le thorax — qui dessinaient une croix charnue et violacée. « Parle-lui de ça. Il saura qui je suis. »

À son retour à l’hospice, tous les hommes dormaient, sauf Volod.

« Qu’est-ce qu’il voulait ?

— C’est un ami de… du baron.

— Et il t’a raconté son histoire ?

— Non. »

Volod sourit et acquiesça. « Ça devait être un brave. Dors, maintenant. Demain on se lève tôt. »

Mikael se coucha près d’Emöke. Mais il n’arrivait pas à fermer l’œil. Plus tard dans la nuit, il lui caressa les cheveux, en prenant garde de ne pas la réveiller. Il pensait à Eloisa, et sentit son cœur défaillir.

Le lendemain, pendant que tous se préparaient, cinq des hommes de la bande, la tête basse et l’air coupable, vinrent trouver Volod.

L’un d’eux, embarrassé, commença : « Volod, les frères nous ont dit qu’il y a des mines de cuivre et de zinc par ici. »

Volod le regarda. Cet homme avait été mineur, à Dravocnik, comme son père et son grand-père. « On part dans une heure, leur répondit-il. Si je ne vous vois pas revenir, je saurai que vous avez trouvé du travail.

— Volod, nous on… », intervint l’un des autres.

Volod le coupa d’un geste de la main. « Vos chevaux, on les garde. Vos épées aussi. Un mineur n’a pas besoin d’épée. Mais vous pouvez garder vos arcs. »

Les cinq hommes avaient honte, comme s’ils étaient des traîtres.

Volod leur donna l’accolade, chaleureusement. « Vous avez été de très bons compagnons, dit-il. Dieu vous bénisse. J’espère que dans une heure, je reverrai pas vos sales gueules. »

Incapables de vaincre leur embarras, mais visiblement heureux, les cinq hommes quittèrent l’hospice.

« Tu les laisses partir ? dit Mikael, étonné.

— Bien sûr, répondit d’emblée Volod. Et avec joie.

— Pourquoi ?

— Tu as vu leurs yeux ? Je ne sais pas s’ils ont trouvé la liberté. Mais un homme doit pouvoir chercher du travail. Il doit pouvoir nourrir ses enfants et sa femme. Sans être enchaîné à un seigneur qui l’entraîne à la ruine juste par orgueil, et qui ne s’aperçoit même pas de sa misérable et insignifiante existence. » Il lui posa la main sur l’épaule. « Impossible de dire si ces hommes, mes hommes, ont trouvé la liberté. Mais regarde leurs yeux. Ils ont trouvé une raison de vivre. Peut-être qu’au fond, c’est ça la liberté. Avoir une raison de vivre. Qui je suis pour leur refuser ça ? Tu comprends ?

— Mais notre bataille ? », s’exclama Mikael.

Volod hocha la tête. « Tu te remplis toujours la bouche de grands mots, paysan. »

Mikael rougit.

« Ces hommes ne sont pas à moi. Si je pensais ça, même un seul instant, c’est moi qui ne serais plus libre. »

Une heure passa. Les hommes ne revinrent pas.

C’était une journée de soleil. Le ciel semblait lavé par la pluie des jours précédents. Les pierres des maisons brillaient.

Le vieux capitaine vint leur rendre leurs armes. Il rendit son épée à Mikael en dernier, la tenant sur ses paumes avec respect.

« Où allez-vous ? demanda-t-il à Volod.

— À Constance », répondit celui-ci.

Mikael se retourna, ébahi, se rendant compte qu’il n’avait jamais demandé où ils allaient.

Le visage du vieil homme devint grave. « C’est presque à trois cents lieues ! s’exclama-t-il. Un voyage long et pénible. »

Volod acquiesça.

Le vieil homme aussi, hochant la tête. « Allez jusqu’au fond de la vallée, dit-il, la main tendue vers l’ouest. Puis vous montez au nord par les montagnes. La crête est à trois mille pieds à peine. Vous descendez dans l’autre vallée et vous remontez le cours de la Drava jusqu’à Lienz. Là, il faudra vous arrêter jusqu’au printemps. Les montagnes seront déjà couvertes de neige.

— Nous irons aussi loin que nous pourrons », répondit Volod.

Une fois encore, le capitaine acquiesça. « Je sais », dit-il en souriant. Il lui tendit un rouleau de parchemin. « Jusqu’à Lienz, ce sauf-conduit vous évitera des ennuis et vous assurera l’hospitalité. Après, il faudra vous débrouiller par vous-même.

— Merci, dit Volod.

— Une dernière chose. Il vaudrait mieux que tu dises que tu voyages avec ta femme. » Il fit un clin d’œil. « On respecte plus la femme d’un guerrier que la sœur d’un jeune homme. »

Volod sourit. « Vous êtes sage.

— C’est le seul privilège de l’âge. »

La bande se remit en route. Mikael avait maintenant un cheval. Les frères avaient chargé les quatre autres de miches de pain, fromage et bouteilles de vin.

« Cadeau de la ville », dit le prieur avec un regard vers le vieux capitaine, qui lui avait manifestement parlé de l’épée de Mikael.

Au bout d’une dizaine de lieues, ils s’arrêtèrent à Köttschach pour la nuit. Comme l’avait dit le vieil homme, le sauf-conduit leur assura l’hospitalité. Et dès que Mikael eut sorti son épée, on fit rôtir un cochon de lait en leur honneur.

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