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Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
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Comme les autres soirs, Agnete sortit pour le soigner.

En rentrant, elle dit à Eloisa : « Faut que j’aille à l’église ».

Eloisa l’accompagna et s’agenouilla près d’elle.

Agnete priait à voix basse, mais Eloisa l’entendit demander pardon à la Mère de Dieu.

Le soldat mourut dans la nuit.

47

Quand ils entrèrent à Kirchbach, dans le territoire d’Hermagor, Volod et les siens étaient trempés jusqu’aux os. Pendant les dix lieues entre l’embouchure de la vallée où ils avaient bivouaqué et la petite ville, la pluie n’avait pas cessé de tomber.

En voyant arriver des cavaliers habillés comme des gueux mais armés d’arcs et d’épées, les gens de Kirchbach se mirent à leurs fenêtres et sortirent sur le seuil des boutiques.

Volod s’arrêta sur la place principale et attendit, sous la pluie.

Une escouade de soldats, menée par un vieux capitaine en casaque bleu clair, vint bientôt se poster devant lui.

Le vieux capitaine arrêta son cheval à une distance de quatre verges. « Qui êtes-vous ? », demanda-t-il d’une voix ferme.

Volod s’avança et répondit : « Personne ».

Le vieil homme, silencieux, le regardait avec l’assurance d’un homme fort. À son attitude fière, on devinait qu’il avait livré de nombreuses batailles.

« Nous sommes de passage, ajouta Volod. Nous cherchons seulement un endroit où dormir et sécher nos vêtements.

— Vous êtes en fuite ?

— Nous cherchons un endroit où dormir et sécher nos vêtements, répéta Volod. Demain, nous partirons.

— On vous poursuit ? », insista le vieil homme.

Volod le regarda en silence, puis secoua la tête. « Non, dit-il.

— Vous êtes des brigands ?

— Non », répondit Volod en se redressant.

Le vieil homme parut satisfait. Il acquiesça, puis fit avancer son cheval, aussi vieux que lui, près de celui de Volod. Il posa la main sur la marque d’Ojsternig. « Ce cheval n’est pas à toi.

— Non », dit Volod.

Le vieil homme le regarda. L’âge n’avait pas éteint ses yeux, noirs comme la nuit, chose rare dans ces régions. Ils brillaient comme des charbons ardents. « Il n’y a que deux endroits où vous pouvez dormir, dit-il enfin. La prison, ou le couvent. » Il sourit. « Chez les frères, on mange mieux. »

Volod sourit aussi. « Alors nous dormirons chez les frères, si vous voulez bien nous introduire auprès d’eux.

— Vous partez demain matin ?

— Nous partons demain matin.

— Venez », dit le vieux en faisant virer son cheval. Il traversa la place, contourna l’église et s’arrêta devant une imposante construction de pierre et de bois. Il n’eut pas besoin de frapper à l’entrée car le frère portier était déjà là. « Appelle le prieur », lui dit-il d’un ton péremptoire.

Le frère portier repartit à l’intérieur. Bientôt le prieur du couvent apparut, escorté de trois moines. C’était un bonhomme grassouillet au visage sympathique et aux joues rubicondes.

« Frère Stanislao, auriez-vous de la place pour une nuit dans votre hospice ? », demanda le vieux capitaine.

Le frère Stanislao regarda les hommes trempés. Il fit la moue. « La femme aussi ? dit-il en pointant son menton rond en direction d’Emöke.

— Vous voulez la faire dormir sous la pluie simplement parce que c’est une femme ? dit le vieil homme.

— Elle vit dans la crainte de Dieu, ou c’est… ? Le prieur laissa sa question en suspens.

— C’est ma sœur », intervint Mikael, qui avait fait toute la route à pied en tenant par la bride le cheval sur lequel il avait installé Emöke.

Volod se tourna vers Mikael. Le capitaine vit ce regard mais ne dit rien.

Emöke avait un regard flou, absent.

« Qu’est-ce qu’elle a ? demanda le frère Stanislao à Mikael d’un ton suspicieux.

— Elle n’aime pas parler, frère, dit Volod. Elle se mettra dans un coin et vous ne vous apercevrez même pas qu’elle est là. Et le garçon… son frère… restera pour veiller sur elle. »

Le prieur, immobile, réfléchissait.

« Frère Stanislao, dit le capitaine, nous sommes en train de nous mouiller.

— Entrez, soupira le prieur. Mais je ne veux aucune arme dans mon couvent.

— Bien sûr, prieur, dit le vieil homme. S’ils veulent rester, ils me remettront leurs armes et je les leur rendrai demain matin, à la sortie de la ville. » Il se tourna vers Volod. « Nous sommes d’accord ? »

Volod échangea un regard avec lui puis enleva son arc et son épée. « Je me fie à vous.

— Comme moi-même je me fie à vous », répondit le vieux capitaine avec un sourire malin.

Les hommes remirent leurs armes. Quand ce fut son tour, Mikael délaça le fourreau de sa besace et découvrit la garde de l’épée de Raphael.

Le capitaine la vit, et se figea un court instant sur son canasson, les yeux écarquillés. Il saisit rapidement l’épée, sans faire de commentaire.

L’hospice était une salle de soixante pieds sur trente chauffée par deux cheminées, une à chaque bout. Les moines y avaient disposé de la paille. Mikael venait de s’y installer quand un soldat du vieil homme s’approcha de lui. « Le capitaine veut te parler en privé. Suis-moi. »

Mikael se tourna vers Emöke. Il croisa le regard de Volod.

« Vas-y », dit Volod, qui alla s’asseoir à côté d’Emöke. « Je veillerai moi-même sur… ta sœur », ajouta-t-il avec un sourire.

Mikael suivit le soldat. Ils sortirent du couvent. La pluie avait cessé, mais Mikael était encore trempé. L’homme le conduisit jusqu’à une construction basse et trapue, pourvue de deux grandes portes. Celle de gauche menait aux prisons, celle de droite aux quartiers du capitaine.

Celui-ci l’accueillit d’un air soucieux. Il fit signe qu’on les laisse seuls. Il tenait l’épée de Raphael sur ses paumes.

« Tu es un voleur, mon garçon ?

— Non, messire », répondit Mikael, offensé.

Le vieil homme désigna l’épée du menton. « Où l’as-tu prise ?

— Je ne l’ai pas… prise. Elle m’a été offerte.

— Par qui ? »

Mikael eut l’impression que sa voix tremblait. « Par son propriétaire légitime », répondit-il alors.

Le capitaine le regardait en silence. Son regard exprimait une profonde émotion.

« Dis-moi son nom.

— Le vieux Raphael.

— Le vieux Raphael, répéta le capitaine. C’est comme ça que tu l’appelles ?

— Oui, messire.

— Il est donc encore en vie », murmura le capitaine comme pour lui-même. Il contemplait l’épée, plongé dans ses pensées. Puis il la prit des deux mains par la lame et la mit sous le nez de Mikael. « Pourquoi te l’aurait-il donnée ?

— Il m’a dit… » Mikael, gêné, s’interrompit.

« Il t’a dit quoi, mon garçon ? demanda le vieux capitaine, dont la voix redevenait autoritaire.

— Il m’a dit… » Mikael se rappelait parfaitement les mots de Raphael. Mais il avait du mal à les prononcer. « Il m’a dit… : “L’homme qui possédait cette épée n’a pas su lui faire honneur. Tu as maintenant l’occasion de réhabiliter cette arme noble. De la laver du déshonneur dont son précédent propriétaire l’a souillée.” »

Les yeux du vieux capitaine s’emplirent de larmes. Un sourire mélancolique se dessina sur son visage ridé. « Oui, c’est lui, murmura-t-il. C’est bien lui. » Immobile, il tenait toujours l’épée par la lame, perdu dans ses pensées. Tout à coup, il se secoua. « Annabel ! cria-t-il. Annabel, misère de misère ! Où êtes-vous donc tous passés ? »

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