Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Purgatoire des innocents
Purgatoire des innocents - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Purgatoire des innocents

Электронная книга - «Purgatoire des innocents». Краткое содержание книги:

Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois trouver une planque où il pourra reprendre des forces.
1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 110
Перейти на страницу:

— Arrête de pleurnicher, commande papa. Tu gâches ce merveilleux texte !

— J’essaye, gémit Jessica en reniflant.

— Je ne te demande pas d’essayer, je te demande d’y arriver.

— Dé… Déshabillez-vous donc, Sophie, et que la résignation la plus entière puisse vous mériter des bontés de notre part, qui seront à l’instant remplacées par les traitements les plus durs et les plus igno… mi… nieux si vous ne vous soumettez pas, traitements qui ne feront que nous irriter davantage, sans vous mettre à l’abri de notre intempérance et de nos brutalités.

— Ça suffit, dit soudain papa.

Jessica, à la fois soulagée d’en terminer avec cette éprouvante lecture, et inquiète de connaître la suite de cette soirée, ferme un peu brutalement le livre.

— Que crois-tu qu’il arrivât à Sophie ? demande alors papa.

— Je sais pas…

— Que va lui faire Raphaël, à ton avis ?

— Je sais pas !

— Bien sûr que si, tu le sais. Mais tu ne veux pas le dire. Tu as honte…

Jessica passe une main sur son visage, emportant les dernières larmes.

— Je te laisse le livre. Tu vas lire la suite, d’accord ?

— Oui, monsieur.

— Nous en reparlerons demain.

Étonnée, Jessica hoche le menton. Serait-il possible que ses tourments cessent si vite ?

Qu’il ne lui demande pas de le toucher, comme la veille ?

Qu’elle n’ait pas à se salir les mains ou la bouche, cette nuit ?

Papa effleure sa joue et quitte la pièce.

*

Sandra se hâte de sortir du bureau, n’oublie pas d’éteindre la lumière et de remettre en place le fauteuil.

Elle grimpe les escaliers et s’enferme dans la salle de bains.

Lorsqu’elle en sort, papa est déjà au lit, en train de lire. Lautréamont, Les Chants de Maldoror. Après le marquis, le comte…

— Je peux reprendre le travail demain ? demande Sandra. Avec un peu de fond de teint et…

— Certainement pas. Tu vas téléphoner à ta conne d’assistante et lui dire que tu prends une semaine de congés.

— Une semaine ?

— Demande à ta remplaçante de venir. J’ai besoin de toi, dit Patrick.

— D’accord, murmure Sandra en se couchant.

— Il va falloir aller chercher l’argent. Nos amis ne peuvent pas rester sans surveillance, tu es d’accord avec ça ?

— Bien sûr. J’appellerai demain.

— Parfait.

— Tu… as fait quoi, avec elle, ce soir ?

Papa tourne la tête vers sa nièce.

— C’est étrange que tu poses toutes ces questions, ma douce. Qu’est-ce qui t’arrive ?

— J’ai envie de savoir… J’ai envie d’être plus proche de toi.

Surpris, il met quelques secondes à lui sourire.

— Eh bien, je lui ai fait lire un passage des Infortunes de la vertu.

— Le passage où Sophie arrive au couvent des récollets ?

— Exactement, ma douce.

— A-t-elle rougi ?

— Bien sûr. Elle est presque prête, mais j’ai envie que ça dure longtemps, avec elle. Très longtemps… Sa copine n’était qu’une petite écervelée, sans caractère. Jessica, elle… Elle est si prometteuse.

— Tu… Tu vas la garder en vie ? s’inquiète Sandra.

Papa caresse son visage.

— N’aie pas peur, ma douce. Je t’ai faite à mon image… Personne, jamais, ne te remplacera à mes côtés.

Raphaël, 36 ans

Des kilomètres en fourgon. Tellement de kilomètres.

Des heures et des heures, enchaîné à l’arrière d’un véhicule bleu nuit, sous la surveillance de deux gendarmes armés jusqu’aux dents.

Ils ont quitté la centrale de Clairvaux au petit matin, sous une pluie battante.

Raphaël a obtenu l’extraction, comme ils disent.

« Vous êtes content ? » lui a demandé le directeur.

Ce type possède décidément un drôle d’humour.

Il pleut toujours, de la buée obstrue les petites vitres qui ne permettent de toute façon pas d’admirer le paysage.

Ce n’est pas une balade d’agrément. Juste une permission d’une journée, sous bonne garde.

Enfin, ils arrivent à destination, les portes du fourgon s’ouvrent. La première chose que voit Raphaël, c’est un fusil braqué sur lui.

Il hésite à descendre. Pourtant, il n’a pas le choix. Il doit y aller, ne peut plus reculer.

— Vous pouvez m’enlever les menottes ? demande-t-il.

Il n’a que peu d’espoir d’être entendu, mais ne peut s’empêcher d’essayer.

— Impossible, répond le plus gradé. Descendez, maintenant.

Les quatre gendarmes l’escortent dans l’allée. Deux d’entre eux ont les armes à la main.

Et encore, Raphaël a de la chance : il a échappé à l’escorte du GIGN.

Ils ont pénétré avec le fourgon jusque dans le cimetière, on appelle ça une entrée discrète.

Là encore, Raphaël a de la chance : l’enterrement est en cours, ils auraient pu arriver trop tard.

Il n’a pas eu le droit d’accompagner Anthony dans sa dernière demeure, n’a pas pu tenir la main de sa mère lors de son dernier soupir. Mais il voulait au moins être là pour ses funérailles.

Le braqueur sent un puissant vertige le saisir. Ça fait si longtemps qu’il n’est pas sorti du cachot, de l’isolement.

Il lève les yeux vers le ciel. Si longtemps qu’il ne l’avait pas vu…

Puis son regard se pose sur le petit attroupement autour du caveau familial. Là où reposent ses grands-parents maternels. Il aperçoit son frère de dos. Et, pendant une seconde, il espère la présence de son père parmi ces gens. Comme il l’a espérée à chaque moment douloureux de sa vie.

Soudain, les visages se tournent, une rumeur s’empare du petit groupe.

William, lui, ne dit rien. Il fait quelques pas, serre Raphaël dans ses bras.

— Elle n’a pas souffert, tu sais.

— Merci, Will.

— Viens, maintenant…

On dirait que le jeune homme est seul avec son frère, au milieu de ce grand cimetière. Qu’il n’a pas vu les quatre gendarmes. Qu’il ne voit pas les regards hostiles des voisins, des cousins, des rares personnes présentes autour du cercueil de leur mère. Qui dévisagent le malfaiteur, ce fils indigne, cet oiseau de malheur.

Il faut toujours trouver un coupable quand frappe la mort.

Raphaël s’avance. Les gens s’écartent sur son passage, les gens se taisent à son approche. Impressionnés, sans doute. Par ce visage aussi dur que les pierres tombales qui les cernent.

À moins qu’ils aient simplement peur d’être touchés par le Mal en personne.

Raphaël arrive jusqu’au cercueil, pose ses mains à plat dessus. Puis il se penche et l’embrasse.

Les gendarmes ont enfin la décence de s’écarter légèrement. Ils surveillent les alentours, craignant sans doute qu’un commando ne vienne libérer le braqueur.

Que Raphaël profite de la mort de sa propre mère pour s’évader.

1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)