Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Purgatoire des innocents
Purgatoire des innocents - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Purgatoire des innocents

Электронная книга - «Purgatoire des innocents». Краткое содержание книги:

Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois trouver une planque où il pourra reprendre des forces.
1 ... 80 81 82 83 84 85 86 87 88 ... 110
Перейти на страницу:

William garde toujours le silence, papa sort un Kleenex de sa poche.

— Tiens, fiston. Tu me fais peine !

— Merci.

— Vas-y, lèche-lui les bottes ! ricane Raphaël. Te gêne surtout pas pour moi ! Et si tu lui faisais une petite pipe, pendant que t’y es ?

Will envoie un regard acerbe à son frère, papa n’en finit plus de sourire. Il semble beaucoup s’amuser de cette scission fraternelle.

— Allons les garçons… Vous êtes pitoyables, vous savez.

Puis il tourne la tête vers Raphaël.

— Les pipes, c’est Jessica qui me les fait.

Raphaël crache par terre, dans sa direction.

— Bon, si on revenait à nos moutons, Will. Tu devais me donner un nom et une adresse, je crois ?

— J’ai faim.

Patrick s’agenouille par terre, à une distance raisonnable du jeune homme. Et surtout, hors de portée de Raphaël.

— Tu as faim ? Eh bien dis-moi ce que je veux savoir et je t’apporterai un vrai repas.

— Et si on faisait l’inverse ? Vous me donnez à manger et ensuite, je vous file l’adresse.

— Tu vas me faire perdre patience, fiston.

William déglutit bruyamment.

— Je vous donne son nom maintenant et l’adresse après, négocie le jeune homme.

Patrick éclate de rire, Raphaël maugrée :

— T’es pas mon frère, c’est pas possible… Ils ont dû se tromper à la maternité !

— Marché conclu, fiston !

— Il s’appelle Pierre Lefèbvre.

Aussitôt, papa extirpe de sa poche le portable de Raphaël et l’allume. Il consulte les appels sortants, regarde à quel nom est enregistré l’interlocuteur que Raphaël a contacté la veille.

— Pierrot

— C’est comme ça que Raph l’appelle, précise William. Et on ne met jamais les noms de famille dans le répertoire.

— Je suis pas complètement débile, sermonne son geôlier. Et son adresse ?

— J’ai trop faim pour m’en souvenir.

18 h 55

Sandra s’arrête sur le seuil de la pièce, le plateau entre les mains. Papa le lui confisque et le dépose devant William.

— Voilà mon gaillard, de quoi te faire péter la panse !

— Merci…

— Merci, papa ! parodie son frère.

— Il n’y a rien pour toi, champion ! se réjouit leur geôlier.

— Tant mieux. J’ai besoin de rien. Contrairement à mon frère, je ne suis pas un clebs à qui on file à bouffer dès qu’il donne la papatte.

— Je te sens tellement amer. Ça me désole…

Tandis que Patrick se poste face à la fenêtre, Raphaël tourne la tête vers Sandra, figée à l’entrée de leur cellule. Elle n’aperçoit aucune haine dans ce regard furtif. Seulement des questions.

Lui discerne le désarroi et la honte dans les yeux de jade.

La seconde d’après, Patrick se campe devant lui.

— Elle te plaît, ma femme, n’est-ce pas ?

— Ta femme ? Tu veux dire ta fille, c’est ça ?

— Sandra n’est pas ma fille, Einstein !

— Oh… Ta petite sœur, alors ? Ou bien… Ta nièce, peut-être ? Ou une gamine que tu as enlevée à la sortie des classes il y a vingt ans…

— Ça, tu ne le sauras jamais. En tout cas, elle te plaît.

— T’as raison : j’aurais dû me la faire quand j’en avais l’occasion, envoie Raphaël avec un sourire forcé.

— Tu es vulgaire, champion. Et Sandra ne supporte pas ce qui est vulgaire.

Le braqueur préfère se taire.

Tout ce qu’il dira pourra être retenu contre elle.

— Je n’aime pas la façon dont tu la regardes, poursuit Patrick. Alors je pense que je vais te crever l’œil qu’il te reste.

— Bonne idée ! Comme ça, la prochaine fois que tu m’emmèneras dans les bois pour jouer aux fossoyeurs, faudra que tu me files une canne blanche. Ou que tu me tiennes le bras !

— Un point pour toi, admet Patrick.

Tandis que les deux hommes se défient verbalement, William se jette sur la nourriture. Et, discrètement, planque plusieurs morceaux de pain au fond des poches de son pantalon. Même si elle le voit faire, Sandra ne dit rien.

— Je pourrais aussi te castrer, non ?

— Tu pourrais faire tout ce que tu veux, papa. Je suis attaché, j’ai une main explosée et plusieurs côtes cassées, j’ai pas dormi depuis des lustres, je suis épuisé… Vas-y, régale-toi. Mais il y a une chose que tu ne pourras pas faire…

— Quoi donc ?

— M’obliger à ramper devant toi.

*

21 h 20

Jessica n’a pas de montre. Pourtant, son instinct lui dit que l’heure approche.

L’instant maudit où il franchira cette porte.

Ses yeux voudraient se fermer, elle voudrait dormir. Mais la peur la tient en alerte.

Que va-t-il lui demander ce soir ? Quelles horreurs ?

— Raphaël ?

— Oui ?

— Vous dormiez, je vous réveille ?

— Non, petite.

Ils sont obligés d’élever la voix pour s’entendre clairement.

— Comment tu te sens ? demande le braqueur.

Raphaël cherche ses mots. Il se sent maladroit même s’il est heureux qu’elle renoue le contact.

— Pas terrible. J’ai peur qu’il vienne, dit-elle.

— Je comprends.

— Il m’a dit qu’il s’en prendrait à vous si je fais pas ce qu’il veut. Hier soir, il m’a dit ça… Et puis il m’a obligée à faire des trucs… Des trucs dégueulasses. Je voulais pas qu’il vous fasse souffrir !

Le braqueur sent son estomac se vriller sur lui-même.

— Vous croyez que je dois dire non s’il me demande encore ?

— Je… je crois que tu ne dois pas résister. Tu dois te laisser faire, sinon, il te fera plus mal encore.

Raphaël ressent une nausée fulgurante, même s’il n’a avalé que quelques morceaux de pain donnés en douce par son frère.

Elle ne s’était pas trompée, les pas résonnent bientôt dans le couloir.

Papa éclaire la scène, s’avance doucement.

— Bonsoir ma colombe…

— Bonsoir monsieur.

Il rapproche le lit d’Aurélie, la détache puis s’assoit en face d’elle.

— Tu es très belle, ce soir.

— Merci, monsieur.

Il est un peu étonné, déstabilisé.

— Tu as peur de moi ?

— Un peu, avoue-t-elle en triturant son oreiller.

— C’est bien… Ne pas mentir, c’est bien.

Il dépose quelque chose sur ses genoux. Un livre.

— Tu veux bien me faire la lecture ? demande-t-il.

— Oui, si vous voulez.

Elle prend le bouquin légèrement écorné. La couverture attire son regard et la met aussitôt mal à l’aise.

— Et si tu commençais par lire le titre ? propose papa.

CHAPITRE 51

— Les Infortunes de la vertu, marquis de Sade.

— Tu n’as jamais lu un livre tel que celui-là, n’est-ce pas ?

— Je ne crois pas, monsieur.

— Eh bien, tu vas le lire pour moi… Commence où il y a le marque-page rouge, tu veux bien ?

— D’accord.

Sa main hésite un peu lorsqu’elle tourne les pages. Plusieurs morceaux de papier, de différentes couleurs, sont glissés dans le livre, tels des repères. Enfin, elle arrive jusqu’au rouge, le pose sur le lit, juste à côté d’elle.

1 ... 80 81 82 83 84 85 86 87 88 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)