Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 79 80 81 82 83 84 85 86 87 ... 131
Перейти на страницу:

Mais mien, un, et ind�montrable est le son qu rendra ce retentissement.

Mais peut-�tre demanderas-tu: �Pourquoi ta contrainte?�

Lorsque j'ai fond� un visage il faut qu'il dure. Quand j'ai p�tri un visage de terre, je le passe au four pour le durcir et qu'il soit permanent pendant une dur�e suffisante. Car ma v�rit�, pour �tre fertile, doit �tre stable, et qui aimeras-tu si tu changes d'amour tous les jours, et o� seront tes grandes actions? Et la continuit� seule permettra la fertilit� de ton effort. Car la cr�ation est rare mais s'il est quelquefois urgent qu'elle te soit donn�e pour te sauver, il serait mauvais qu'elle t'atteign�t chaque jour. Car pour faire na�tre un homme il me faut plusieurs g�n�rations. Et sous pr�texte d'am�liorer l'arbre, je ne le tranche pas chaque jour pour le remplacer par une graine.

Et en effet, je ne connais que des �tres qui naissent, vivent et meurent. Et tu as assembl� des ch�vres, des moutons, des demeures et des montagnes et aujourd'hui de cet assemblage na�tra un �tre neuf et qui changera le comportement des hommes. Et il durera, puis s'�puisera et mourra, ayant us� son don de vivre.

Et la naissance est toujours pure cr�ation, feu du ciel descendu et qui anime. Et la vie ne va point selon une courbe continue. Car il est devant toi cet �uf. Puis il �volue de proche en proche et il est une logique de l'�uf. Mais vient la seconde o� sort le cobra et tous les probl�mes pour toi sont chang�s.

Car il est des ouvriers dans le chantier et assemblage de pierres. Et il est une logique de l'assemblage des pierres. Mais vient l'heure o� le temple est ouvert, lequel transfigure l'homme. Et tous les probl�mes pour l'homme sont chang�s.

Et de ma civilisation, si j'en ai sur toi jet� la graine, il me faut plus d'une dur�e d'homme pour qu'elle pousse ses branches, ses feuilles et ses fruits. Et je refuse de changer de visage tous les jours, car rien ne na�tra.

Ta grande erreur est de croire en la dur�e d'une vie d'homme. Car d'abord � qui ou � quoi se d�l�gue-t-il quand il meurt? J'ai besoin d'un dieu pour me recevoir.

Et de mourir dans la simplicit� des choses qui sont. Et mes oliviers l'an d'apr�s feront leurs olives pour mes fils. Et me voil� calme � l'heure de la mort.

CXLIII

Ainsi m'apparut-il de plus en plus qu'il ne fallait point �couter les hommes pour les comprendre. Car l�, sous mes yeux, dans la ville, ils ont peu la conscience de la ville. Ils se croient architectes, ma�ons, gendarmes, pr�tres, tisseurs de lin, ils se croient pour leurs int�r�ts ou leur bonheur et ils ne sentent pas leur amour, de m�me que ne sent point son amour celui qui vaque dans la maison tout absorb� par les difficult�s du jour. Le jour est aux sc�nes de m�nage. Mais la nuit, celui-l� qui s'est disput� retrouve l'amour, car l'amour est plus grand que ce vent de paroles. Et l'homme s'accoude � la fen�tre sous les �toiles, de nouveau responsable de ceux qui dorment, du pain � venir, du sommeil de l'�pouse qui est l� � c�t�, tellement fragile et d�licate et passag�re. L'amour, on ne le pense pas. Il est.

Mais cette voix ne parle que dans le silence. Et de m�me que pour ta maison, de m�me pour la ville. Et de m�me que pour la ville, de m�me pour l'empire. Se fasse un calme extraordinaire et tu vois tes dieux.

Et nul ne saura, dans la vie du jour, qu'il est dispos� � mourir. Et lui para�tront mauvais path�tique les paroles qui lui parleront de la ville autrement qu'� travers l'image de son int�r�t ou de son bonheur, car il ne saura point qu'ils sont des effets de la ville. Petit langage pour une trop grande chose.

Mais si tu surplombes la ville et te recules dans le temps pour voir sa d�marche, tu d�couvriras bien � travers la confusion, l'�go�sme, l'agitation des hommes, la lente et calme d�marche du navire. Car si tu reviens apr�s quelques si�cles voir le sillage qu'ils ont laiss� tu le d�couvriras dans les po�mes, les sculptures de pierre, les r�gles de la connaissance et les temples qui �mergeront encore du sable. L'usuel s'en sera effac� et fondu. Et ce qu'ils disaient int�r�t ou go�t du bonheur, tu comprendras qu'ils ne furent qu'un reflet mesquin d'une grande chose.

Aura march� l'homme que j'ai dit.

Ainsi de mon arm�e quand elle campe. Demain matin dans la fournaise du vent de sable je la jetterai sur l'ennemi. Et l'ennemi lui deviendra comme un creuset qui la fondra. Et coulera son sang, et trouveront leurs bornes dans la lumi�re, d'un coup de sabre, mille bonheurs particuliers d�sormais an�antis, mille int�r�ts d�sormais frustr�s. Cependant mon arm�e ne conna�tra point la r�volte car sa d�marche n'est point d'un homme mais de l'homme m�me.

Et cependant sachant qu'elle acceptera demain de mourir, si je marche ce soir � pas lents, dans le silence de mon amour, parmi les tentes et les feux du campement, et si j'�coute parler les hommes, je n'entendrai point la voix de celui-l� qui accepte la mort.

Mais on te plaisantera ici pour ton nez de travers. On se disputera par l� pour un quartier de viande. Et ce groupe accroupi se h�rissera de paroles vives qui te para�tront insultantes au conducteur de cette aim�e. Et si je dis � l'un qu'il est ivre de sacrifice tu l'entendras te rire au nez car il te jugera bien emphatique et faisant peu de cas de lui qui s'estime si important, car n'est point de son intention ni de sa conscience ni de sa dignit� de mourir pour son caporal, lequel n'a point qualit� pour recevoir un tel cadeau de lui. Et cependant, demain, il mourra pour son caporal. Nulle part tu ne rencontreras ce grand visage qui affronte la mort et se donne � l'amour. Et si tu as tenu compte du vent de paroles tu reviendras lentement vers sa tente avec aux l�vres le go�t de la d�faite. Car ceux-l� plaisantaient et critiquaient la guerre et injuriaient les chefs. Et certes tu as vu les laveurs de ponts, les cargueurs de voiles et forgeurs de clous, mais t'a �chapp�, car tu �tais myope et le nez contre, la majest� du navire.

CXLIV

Cependant ce soir-l� je m'en fus visiter mes prisons. Et j'y d�couvris que n�cessairement le gendarme n'avait distingu� pour les choisir et les jeter dans les cachots que ceux qui se montraient permanents, ne composaient point, n'abjuraient pas l'�vidence de leur v�rit�.

Et ceux-l� qui demeuraient libres �taient ceux-l� m�mes qui abjuraient et qui trichaient. Car souviens-toi de ma parole: Quelle que soit la civilisation du gendarme et quelle que soit la tienne, seul tient devant le gendarme, s'il d�tient pouvoir de juger, celui qui est bas. Car toute v�rit� quelle qu'elle soit, si elle est v�rit� d'homme et non de logicien stupide, est vice et erreur pour le gendarme. Car celui-l� te veut d'un seul livre, d'un seul homme, d'une seule formule. Car il est du gendarme de b�tir le navire en s'effor�ant de supprimer la mer.

CXLV

Car je suis fatigu� des mots qui se tirent la langue et il ne me para�t point absurde de chercher dans la qualit� de mes contraintes la qualit� de ma libert�.

Comme dans la qualit� du courage de l'homme en guerre, la qualit� de son amour.

Comme dans la qualit� de ses privations, la qualit� de son luxe.

Comme dans la qualit� de son acceptation de la mort, la qualit� de ses joies dans la vie.

Comme dans la qualit� de sa hi�rarchie, la qualit� de son �galit� que je dirai alliance.

Comme dans la qualit� de son refus des biens, la qualit� de son usage des m�mes biens.

Comme dans la qualit� de sa soumission totale � l'empire, la qualit� de sa dignit� individuelle.

Car dis-moi, si tu le pr�tends favoriser, ce qu'est un homme seul? Je l'ai bien vu de mes l�preux.

Et dis-moi, si tu la pr�tends favoriser, ce qu'est une communaut� opulente et libre? Je l'ai bien vu de mes Berb�res.

CXLVI

Car � ceux-l� qui ne comprenaient pas mes contraintes je r�pondis:

�Vous �tes semblables � l'enfant qui, de n'avoir connu au monde qu'une forme de jarre, la consid�re comme absolue et ne comprend point plus tard, s'il change de demeure, pourquoi l'on a d�form� et d�vi� la jarre essentielle de sa maison. Et ainsi quand tu vois forger dans l'empire voisin un homme autre que toi, et �prouvant et pensant et aimant et plaignant et ha�ssant diff�remment, tu te demandes pourquoi ceux-l� d�forment l'homme. D'o� ta faiblesse, car tu ne sauveras point l'architecture de ton temple si tu ignores qu'elle est d'un dessin fragile et victoire de l'homme sur la nature. Et qu'il est quelque part des ma�tres couples, des piliers, des cintres et des contreforts pour la soutenir.

1 ... 79 80 81 82 83 84 85 86 87 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)