Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
« Il devait attendre les autorités pour ouvrir la porte du tombeau, mais il a percé un trou dans la plaque et a pris une bougie pour regarder de l’autre côté. Carnarvon lui a alors demandé : “Voyez-vous quelque chose ?” et il a répondu : “Oui, des choses merveilleuses.”
Elle ferma les yeux.
— Je me revois encore devant cette porte close, même après tant d’années. C’est un souvenir inoubliable.
Elle rouvrit les paupières.
— J’irai peut-être en 1922, quand tout sera terminé. Pour assister à l’ouverture de ce tombeau.
Elle se pencha à l’extérieur du porche.
— Seigneur, il pleut à nouveau ! Je dois rentrer. Au fait, pourquoi ne mettez-vous pas votre masque ?
— Mes lunettes se couvrent de buée sitôt que je le porte. Et vous, pourquoi n’avez-vous pas le vôtre ?
— Nous en manquons. Vous avez fait renforcer votre système immunitaire, au moins ?
Il secoua la tête.
— Je n’en ai pas eu le temps.
— Trouvez-le. Et munissez-vous d’un masque. Vous ne pourrez pas aider Kivrin, si vous tombez malade.
J’en suis déjà incapable, se dit-il alors qu’il regagnait son appartement. Je ne peux ni accéder au labo ni obtenir d’un tech qu’il vienne à Oxford. Je n’arrive même pas à localiser Basingame. Il avait pourtant joint tous les agents de voyages, guides et loueurs de bateaux d’Écosse. Le recteur était introuvable. Montoya pouvait avoir raison. Peut-être était-il sur une plage tropicale en compagnie de sa maîtresse.
Montoya. Il ne l’avait pas revue depuis la veille de Noël. Elle cherchait alors le recteur pour obtenir l’autorisation de sortir du périmètre en quarantaine. Le lendemain, elle avait téléphoné afin de savoir si Basingame était truite ou saumon. Elle avait ensuite rappelé et déclaré que c’était « sans importance ». Avait-elle réussi à le contacter entretemps ?
Il gravit les marches quatre à quatre. Si elle avait joint Basingame et obtenu un sauf-conduit, elle était retournée à son chantier archéologique.
Mais si Basingame avait appris par cette femme qu’Oxford était en quarantaine, il serait immédiatement revenu… sauf si le mauvais temps et des routes impraticables l’en avaient empêché. Montoya lui avait-elle parlé de l’épidémie ? Angoissée par le déluge qui menaçait ses travaux, peut-être ne lui avait-elle demandé qu’une signature.
Mlle Taylor, ses quatre carillonneuses valides et Finch étaient à son domicile. Placés en cercle, ils s’étiraient et s’accroupissaient. Finch tenait un bout de papier et comptait à mi-voix.
— J’allais faire un saut à l’annexe de l’hôpital, dit-il, penaud. Voici le rapport de William.
Il le tendit à Dunworthy et s’éclipsa.
Les carillonneuses prirent leurs étuis à clochettes.
— Une certaine Mlle Wilson a téléphoné, déclara Mlle Taylor. Elle m’a chargée de vous dire qu’elle avait échoué et qu’il faudrait utiliser un terminal de Brasenose.
— Merci.
Elle sortit, avec son quatuor en file indienne derrière elle.
Il appela Montoya au chantier archéologique, à son domicile, à son bureau de Brasenose. En vain. Il fit un autre essai chez elle et laissa sonner pendant qu’il lisait le compte rendu. Badri avait passé la journée du samedi et la matinée du dimanche dans les fouilles. William avait dû joindre Montoya, pour l’apprendre.
Le site de Skendgate était en pleine campagne, dans une ferme du National Trust proche de Witney. On élevait des canards, des poulets et des porcs, dans une ferme. Badri avait séjourné là-bas un jour et demi, à patauger dans la boue… les circonstances idéales pour attraper un virus mutant.
Colin entra, trempé jusqu’aux os.
— Le stock d’affichettes est épuisé, déclara-t-il. Nous en recevrons d’autres de Londres, demain.
Il fouilla dans son sac, retrouva son bonbon et le fourra dans sa bouche, avec les poils et le reste.
— Savez-vous qui j’ai vu dans l’escalier ? s’enquit-il.
Il alla s’affaler sur la banquette de la fenêtre et prit Le Temps des Chevaliers.
— William et une fille. Ils s’embrassaient et roucoulaient des mots tendres. J’ai eu des difficultés à passer.
Dunworthy ouvrit la porte. William lâcha à regret une petite brune en imper et entra.
— Savez-vous où est Mlle Montoya ? lui demanda Dunworthy.
— Non. Selon les services locaux du ministère de la Santé, elle serait sur son chantier, mais elle ne répond pas au téléphone. Elle doit être dans le cimetière et n’entend pas la sonnerie. J’envisageais d’utiliser un hurleur quand j’ai pensé à m’adresser à une amie qui étudie l’archéologie.
Il inclina la tête pour désigner la petite brune.
— Elle m’a dit qu’elle avait vu les listes d’affectation et que Badri s’était porté volontaire pour travailler là-bas le samedi et le dimanche.
— Un hurleur ? Qu’est-ce que c’est ?
— Un dispositif qu’on branche sur la ligne et qui amplifie la sonnerie à l’autre bout du fil. Au cas où l’individu qu’on veut joindre serait dans le jardin ou sous la douche.
— Pourriez-vous en installer un sur mon combiné ?
— Ça dépasse mes compétences, mais je connais quelqu’un qui pourrait s’en charger. J’ai son téléphone dans ma chambre.
Il repartit, avec la fille.
— Si vous voulez voir Mlle Montoya, je sais comment vous faire franchir les barrages, proposa Colin.
Il retira le bonbon de sa bouche et l’examina.
— C’est fastoche. Les flics n’aiment pas poireauter sous la pluie.
— Il n’est pas dans mes intentions d’enfreindre la loi. Nous essayons d’enrayer l’épidémie, pas de la répandre.
— Comme au Moyen Âge. Les gens fuyaient la peste et l’emportaient avec eux.
William réapparut sur le seuil.
— Elle dit qu’il lui faudrait deux jours pour installer cet appareil mais vous propose d’utiliser celui qu’elle a sur son propre poste.
Colin saisit sa veste.
— Je peux partir ?
— Non, répondit Dunworthy. Et change-toi. Je ne voudrais pas que tu prennes froid.
Il descendit l’escalier avec William.
— Elle poursuit ses études à Shrewsbury, expliqua ce dernier en partant sous la pluie.
Colin les rattrapa au milieu de la cour.
— Je ne risque rien, on m’a vacciné. Pendant la peste noire, il n’y avait pas de quarantaine et cette saloperie s’est répandue partout. Pour sortir du périmètre, le mieux, c’est Botley Road. Il y a un pub juste à côté du barrage et les flics y passent la moitié de leur temps.
— Ferme ta veste, lui intima Dunworthy.
La fille en question n’était autre que Polly Wilson. Elle précisa qu’elle essayait toujours de forcer les protections du système informatique mais qu’elle n’avait pour l’instant obtenu aucun résultat. Dunworthy téléphona aux fouilles.
— Laissez sonner, conseilla Polly. Elle est peut-être loin de l’appareil. Les hurleurs ont un rayon d’action de cinq cents mètres.
Il attendit dix minutes, raccrocha, patienta un moment, fit un nouvel essai et ne s’avoua vaincu qu’un quart d’heure plus tard.
Polly regardait William avec des yeux de merlan frit et Colin frissonnait dans sa veste trempée. Dunworthy le ramena chez lui et le coucha.
— Si vous vous sentez trop vieux pour le faire, je peux franchir les barrages et aller lui dire de vous appeler, proposa Colin en rangeant son bonbon dans son sac.
Le lendemain matin, Dunworthy retourna à Shrewsbury et fit un nouvel essai infructueux.
Polly le raccompagna jusqu’au portail et lui proposa en chemin :