Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
Badri avait demandé quelle était l’année puis déclaré : « C’est impossible. »
Après son accrochage avec Gilchrist, Dunworthy avait téléphoné à Andrews pour lui annoncer que le remplaçant du recteur lui interdisait l’accès au transmetteur de Brasenose.
— Ce n’est pas grave, avait répondu le tech. Les coordonnées géographiques sont moins importantes que les coordonnées temporelles. J’ai parlé à Jésus de ce contrôle de paramètres et les responsables ont donné leur accord.
On avait à nouveau coupé la liaison vidéo mais même sans l’image la nervosité d’Andrews était évidente. Sans doute craignait-il de s’entendre demander d’aller à Oxford.
— J’ai fait quelques recherches. S’il n’existe en théorie aucune limite, le plus grand décalage jamais constaté était de cinq ans, et il concernait une sonde. Pour les historiens, le maximum est de deux cent vingt-six jours, au XVIIe siècle.
— Qu’est-ce qui aurait pu encore clocher ?
— Absolument rien, si les calculs étaient exacts.
Andrews avait promis de le rappeler lorsqu’il aurait terminé les vérifications.
Dans le pire des cas, Kivrin se serait donc retrouvée en 1325. La peste n’avait pas encore fait son apparition en Chine, cette année-là. Et Badri avait parlé à Gilchrist d’un décalage mineur. Quant aux coordonnées, le tech les avait contrôlées avant de tomber malade. Mais la peur rongeait malgré tout Dunworthy qui consacrait ses rares instants de loisir à téléphoner à des techs, dans l’espoir de trouver quelqu’un qui accepterait de venir interpréter le relèvement sitôt que Gilchrist rouvrirait le laboratoire. Ils auraient dû recevoir le séquençage la veille, mais Mary l’attendait toujours.
Elle rappela en fin d’après-midi, pour demander :
— Pourriez-vous mettre une salle à notre disposition ?
Le circuit vidéo avait été rétabli. Elle paraissait avoir dormi en T.P. et son masque se balançait sous son cou.
— Nous n’avons plus un seul lit. Nous comptons trente et un cas parmi nos pensionnaires.
— Ne serait-il pas possible d’aménager de nouveaux locaux ? Nous n’en avons pas encore besoin mais ça ne tardera guère, à ce rythme. Par ailleurs, plusieurs membres du personnel ont chopé ce virus ou ont peur de venir travailler.
— Vous n’avez pas encore reçu le séquençage ?
— Non. Le C.M.G. vient de téléphoner. Suite à une erreur, les chercheurs doivent tout reprendre à zéro. Nous serons fixés demain. Ils suspectenl désormais un virus originaire d’Uruguay. Je présume que Badri n’a pas eu de contacts avec des Uruguayens ? Quand ces places supplémentaires seront-elles prêtes ?
— Ce soir, répondit Dunworthy.
Mais Finch l’informa qu’ils n’avaient plus de lits de camp et il dut s’adresser au ministère de la Santé pour en obtenir une douzaine.
Ils les dépliaient quand son secrétaire lui annonça qu’ils étaient à court de couvertures, de masques réglementaires et de papier hygiénique.
— Nous en manquons pour nos pensionnaires, dit-il en glissant un drap sous un matelas. Alors, je ne parle pas des malades qu’on va nous envoyer. Je précise que nous n’avons pas non plus de pansements.
— Nous n’improvisons pas un hôpital de campagne, fit remarquer Dunworthy. Nous n’aurons pas non plus besoin de charpie. Savez-vous si les autres facultés ont des techs à Oxford ?
— Oui, monsieur. La réponse est non, et j’ai téléphoné partout.
Il coinça un oreiller sous son menton.
— J’ai placardé des affiches pour demander à tous d’économiser le papier hygiénique, mais ça n’a servi à rien. Les Américaines sont les plus gaspilleuses.
Il enfila la taie.
— Je suis désolé pour elles, notez bien. Helen est tombée à son tour malade et nul ne peut la remplacer.
— Helen ?
— Mme Piantini. Elle a 39,7° de fièvre. Elles ne pourront pas interpréter leur Chicago Surprise.
À quelque chose malheur est bon, pensa Dunworthy.
— Demandez-leur de me servir de standardistes même si elles interrompent leurs répétitions. J’attends des appels importants. Andrews a-t-il téléphoné ?
— Non, monsieur. Pas encore. Et la vid est coupée.
Il donna du gonflant à l’oreiller.
— Elles pourraient jouer le Stedmans, bien sûr, mais c’est du réchauffé. Il est ennuyeux qu’elles n’aient pas d’autre solution.
— Avez-vous la liste des techs ?
— Oui, monsieur, dit-il en utilisant la manière forte pour ouvrir un lit de camp récalcitrant. Là-bas, à côté du tableau noir.
Dunworthy alla prendre la liasse. La feuille du sommet de la pile était couverte de colonnes de nombres, des chiffres qui allaient de un à six sans ordre apparent.
— Pas ça ! s’exclama Finch en lui arrachant les papiers des mains. Ce sont les variations du Chicago Surprise.
Il lui tendit un bout de papier.
— Tenez. J’ai noté les noms des techs par faculté, avec leur adresse et leur téléphone.
Colin entra. Il avait une veste trempée et tenait un rouleau de bande adhésive ainsi qu’un paquet recouvert de plastène.
— Le vicaire m’a chargé de placarder ça dans tous les services, dit-il.
Il prit une affiche qui annonçait : « Vous vous sentez désorienté ? La confusion mentale peut être un signe avant-coureur de la grippe. »
Il déchira une longueur d’adhésif et fixa la feuille au tableau noir.
— Je reviens de l’hôpital, précisa-t-il. Vous ne devinerez jamais ce que faisait la Mégère. Elle lisait la Bible aux patients.
Il prit une affiche où était rappelé : « N’oubliez pas votre masque », qu’il colla à côté de la précédente. Il rempocha le ruban adhésif.
— J’espère que je ne choperai pas cette saloperie.
Il remit le paquet sous son bras et repartit.
— N’oublie pas ton masque, lui cria Dunworthy.
Colin sourit.
— Elle me l’a déjà dit. Et elle a précisé que le Seigneur punirait tous ceux qui n’auront pas écouté la parole des justes.
Il sortit le cache-nez gris de sa poche.
— Je préfère encore ça, fit-il en le plaçant devant sa bouche.
— La trame est trop lâche pour filtrer un virus.
— Je sais. Mais c’est tellement moche que ces saloperies n’osent même pas approcher.
Il disparut au pas de course.
Dunworthy téléphona à Mary pour lui annoncer que les salles étaient prêtes, mais il ne put la joindre et dut aller à l’hôpital. La pluie se calmait et il y avait à nouveau des passants dans les rues, masqués pour la plupart. Ils allaient à l’épicerie la plus proche ou faisaient la queue devant les pharmacies, mais il régnait ici un silence surnaturel.
Quelqu’un avait arrêté le carillon. Dunworthy le regretta presque.
Mary était dans son bureau, devant un écran.
— Nous avons reçu le séquençage, lui annonça-t-elle sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche. »
— En avez-vous informé Gilchrist ?
— Non. Ce n’est pas le virus de Caroline du Sud. Ni l’uruguayen.
— C’est quoi, alors ?
— H9N2. Les deux autres sont des H3.
— Alors, d’où vient-il ?
— Le C.M.G. l’ignore. C’est une nouveauté. Elle lui tendit un listing.
— Une mutation de sept points, ce qui explique qu’il est mortel.
Il regarda la feuille. Des colonnes de chiffres qui lui rappelaient les variations du Chicago Surprise et étaient tout aussi incompréhensibles.
— Il vient pourtant de quelque part.
— Pas nécessairement. Il se produit tous les dix ans une mutation antigénique importante capable de provoquer une épidémie. Ce virus a pu apparaître chez Badri. Savez-vous s’il y a des volatiles près de chez lui ?