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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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L’éclairage était un peu trop jaune.

Et les peintures étaient placées trop bas.

Les conditions dans lesquelles on pouvait les regarder n’étaient pas idéales. Et d’ailleurs, les couleurs des toiles étaient elles-mêmes passées. Après que le docteur Horvath eut révélé à sa Granéenne que, pour l’œil humain : bleu plus jaune égale vert, ils se lancèrent dans une conversation animée. L’organe de vision granéen était analogue à celui de l’homme, ou de la pieuvre, d’ailleurs : une lentille à courbure variable, des récepteurs nerveux à l’arrière. Mais les parties nerveuses étaient différentes.

Cependant les peintures avaient un certain impact. Dans la salle principale – dont les plafonds culminaient à trois mètres de hauteur et où les œuvres étaient plus grandes – le groupe s’arrêta devant un dessin représentant une scène de rue. Un brun-et-blanc avait grimpé sur une voiture et haranguait une foule de bruns et de bruns-et-blancs, sur un fond de ciel rouge crépuscule. Tous les visages arboraient le même sourire plat, mais Renner y sentait de la violence et regarda de plus près. Nombre des figurants portaient des outils, souvent cassés, toujours de la main gauche. La ville elle-même était en feu.

« Cela s’intitule : Retournez à vos travaux. Vous remarquerez que le thème d’Eddie le Fou revient constamment », dit la Granéenne de Sally. Elle repartit avant qu’on ait pu la questionner.

La peinture suivante montrait un quasi-Granéen, grand et mince, avec une tête minuscule et de longues jambes. Il quittait une forêt en courant vers le spectateur. Derrière lui, la buée de sa respiration s’étirait en un long filet blanc. « Le Porteur de message », dit la Granéenne de Hardy.

Ensuite, il y avait une autre scène d’extérieur : une myriade de bruns et de blancs, prenant un repas autour d’un feu de camp. Des yeux rouges et animaux les entouraient. Le relief était sombre et l’Œil de Murcheson luisait dans le ciel sur fond de Sac à Charbon.

« Vous ne pouvez pas conclure, d’après leurs expressions, ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent, n’est-ce pas ? C’est ce que nous craignions, dit la Granéenne d’Horvath. Communication non verbale. Les attitudes sont différentes des vôtres.

— Nul doute, dit Bury. Ces tableaux seraient vendables, mais aucun d’entre eux plus spécialement. Ils ne seraient que des curiosités… bien qu’assez chères en tant que telles, à cause de l’énormité du marché potentiel et de la limitation de la source. Mais ils ne nous disent rien. Qui sont les auteurs ?

— Celui-ci est relativement ancien. Vous pouvez constater qu’il a été peint sur le mur de l’immeuble lui-même, et…

— Mais par quel genre de Granéen ? Brun-et-Blanc ? »

Il y eut un rire impoli parmi les Granéennes. Celle de Bury dit : « Vous ne verrez pas d’œuvre d’art qui n’ait pas été réalisée par un brun-et-blanc. La communication est notre spécialité. L’art en est une forme.

— Mais les blancs n’ont-ils jamais rien à dire ?

— Si, bien sûr. Mais ils le font dire par des médiateurs. Nous traduisons et nous communiquons. Bien des peintures sont des disputes, exprimées visuellement. »

Weiss s’était contenté de suivre, sans rien dire. Renner le remarqua, et lui demanda à voix basse : « Des commentaires ? »

Weiss se gratta le menton. « Je ne suis pas retourné dans un musée depuis l’école primaire… mais… il me semblait que la peinture pouvait servir aussi… à être jolie…

— Hum. »

Dans tout le Musée, il n’y avait que deux portraits. Figurant tous deux des bruns-et-blancs, ils montraient le buste complet du sujet. Chez les Granéens, l’expression devait se lire dans l’attitude du corps, non du visage. Ces tableaux étaient éclairés de façon étrange et les bras des êtres représentés étaient tordus de manière tout aussi bizarre. Renner leur trouvait un air mauvais.

— Non ! dit sa Granéenne. Celui-ci a fait construire la sonde d’Eddie le Fou. Et celui-là a inventé la langue universelle, il y a très longtemps.

— On s’en sert toujours ?

— Tant bien que mal. Mais elle s’est fragmentée, bien sûr. C’est ce qui arrive toujours. Sinclair, Potter et Bury ne parlent pas la même langue que vous. Les sons ont parfois des analogies entre eux mais les signes non verbaux sont très différents. »

Renner rattrapa Weiss au moment où il allait entrer dans la salle des sculptures. « Vous aviez raison. Dans l’Empire, il y a des peintures qui ne sont que belles. Ici, non. Avez-vous vu la différence ? Pas de paysages sans Granéens en train d’y faire quelque chose. Presque pas de portraits, à part ces deux tableaux utilitaires. D’ailleurs tout est fait dans un but précis. » Il se retourna pour interroger sa Granéenne. « Exact ? Ces peintures que vous m’avez montrées, celles qui ont été réalisées avant que vous n’inventiez la photo. Elles non plus n’étaient pas gratuites.

— Renner, savez-vous quelle somme de travail entre dans ces tableaux ?

— Je ne m’y suis jamais essayé, mais je peux l’imaginer.

— Alors vous comprendrez que personne ne se donnerait ce mal sans avoir réellement quelque chose à dire.

— Pourquoi pas : “La montagne est belle” ? » suggéra Weiss. La Granéenne de Renner haussa les épaules.

Les statues étaient mieux que les toiles. Les différences de pigmentation et d’éclairage ne jouaient pas. La plupart représentaient des Granéens mais étaient plus que des portraits. Une file d’individus de taille décroissante : un porteur, trois blancs, neuf bruns, vingt-sept miniatures ? Non, ils étaient tous taillés dans du marbre blanc et avaient la forme des preneurs de décisions. Bury les considéra, sans exprimer d’avis et dit : « Il apparaît que vous devrez me donner des interprétations pour tous ces objets avant que je puisse les vendre où que ce soit. Ou même les offrir.

— Inévitablement, dit sa Granéenne. Ceci, par exemple, illustre une religion datant du siècle dernier. L’âme du parent se divise pour devenir les enfants, puis à nouveau pour donner les petits-enfants, ad infinitum. »

Une autre sculpture, taillée dans du grès rouge, représentait un groupe d’individus aux longs doigts minces. En surnombre sur la main qui terminait un bras gauche relativement court. Des médecins ? Ils mouraient sous l’action d’un filet de matière verte et translucide qui les balayait comme une faux : une arme laser, tenue par un personnage invisible. Les Granéennes hésitèrent à en parler. « Un événement déplaisant de notre histoire », dit la Fyunch (clic) de Bury. Et ce fut tout.

Une autre des œuvres d’art figurait une bagarre entre quelques blancs faits de marbre et une foule d’êtres de grès, d’un type impossible à reconnaître. Les rouges étaient minces et menaçants, armés de plus que leur part de dents et de griffes. Une machine étrange occupait le centre de la mêlée. « Celle-ci est intéressante, dit la Granéenne de Renner. De par la tradition, les médiateurs – ceux de mon type – peuvent réquisitionner tous les genres de moyens de transport dont ils ont besoin et cela pour n’importe quel preneur de décisions. Il y a longtemps, un médiateur a utilisé cette autorité pour faire construire une machine à voyager dans le temps. Si vous le voulez, je pourrai vous la montrer. Elle se trouve à l’autre bout du continent.

— Elle fonctionnait ?

— Non, Jonathan. On n’a jamais fini de la construire. Le maître qui l’avait commandée s’est ruiné à essayer de le faire.

— Oh. » Whitbread montra sa déception.

« On ne l’a jamais essayée, dit la Granéenne. La partie théorique est peut-être imparfaite. »

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