Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Alex - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
1 ... 4 5 6 7 8 9 10 11 12 ... 77
Перейти на страницу:

— Déshabille-toi, répète l’homme. Entièrement.

Et il la lâche. Alex fait un pas, groggy, elle tâche de se retenir, retombe à genoux, retient un gémissement de douleur. Il s’avance, se penche. Au-dessus d’elle, son gros visage, sa lourde tête au crâne démesuré, ses yeux gris…

— Tu comprends ?

Et il attend la réponse, lève une main largement ouverte, Alex se précipite, elle dit « oui », plusieurs fois, « oui, oui, oui », elle se relève immédiatement, tout ce qu’il veut pour ne plus être frappée. Très vite, pour qu’il comprenne qu’elle est entièrement, totalement prête à lui obéir, elle ôte son tee-shirt, arrache son soutien-gorge, fouille avec précipitation les boutons de son jean, comme si ses vêtements avaient soudain pris feu, elle veut être nue très vite pour qu’il ne la frappe pas de nouveau. Alex se contorsionne, retire tout ce qu’elle a sur elle, tout, tout, vite et elle se met debout, elle garde les bras le long du corps et c’est seulement à cet instant qu’elle comprend tout ce qu’elle vient de perdre et qu’elle ne retrouvera jamais. Sa défaite est absolue, en se déshabillant si vite, elle a tout accepté, elle a dit oui à tout. D’une certaine manière, Alex vient de mourir. Elle retrouve des sensations très lointaines. Comme si elle était extérieure à son propre corps. C’est peut-être pour cela qu’elle trouve l’énergie de demander :

— Qu’est-ce que vous vou… voulez ?

C’est vrai qu’il n’a quasiment pas de lèvres. Même quand il sourit, on voit que c’est tout sauf un sourire. À cet instant, c’est l’expression d’une interrogation.

— Qu’est-ce que tu as à offrir, sale pute ?

Il a essayé d’y mettre de la gourmandise, comme s’il essayait sincèrement de la séduire. Pour Alex, ces mots ont du sens. Pour toutes les femmes, ces mots ont du sens. Elle avale sa salive. Elle pense : il ne va pas me tuer. Son cerveau s’enroule autour de cette certitude et serre très fort pour empêcher toute contradiction. Quelque chose, en elle, lui dit bien qu’il la tuera tout de même, après, mais le nœud autour de son cerveau est serré, serré, serré.

— Vous pouvez me… b… baiser, dit-elle.

Non, ce n’est pas ça, elle le sent, ce n’est pas de cette manière…

— Vous pouvez me v… violer, ajoute-t-elle. Vous pouvez t… tout faire…

Le sourire de l’homme s’est figé. Il fait un pas en arrière, prend un peu de distance pour la regarder. Des pieds à la tête. Alex écarte les bras, elle veut se montrer offerte, abandonnée, elle veut montrer qu’elle a abdiqué toute volonté, qu’elle s’en remet à lui, qu’elle est à lui, gagner du temps, rien que du temps. Dans cette circonstance, le temps, c’est de la vie.

L’homme la détaille tranquillement, son regard passe lentement de haut en bas, s’arrête enfin sur son sexe, longuement. Elle ne bouge pas, il penche la tête légèrement, interrogatif, Alex a honte de ce qu’elle est, de lui montrer ça. Et si elle ne lui plaît pas, si ça ne lui suffit pas, le peu qu’elle a à donner, que va-t-il faire ? Il hoche alors la tête, comme s’il était déçu, désappointé, non, ça ne va pas. Et pour le faire mieux comprendre il tend la main, saisit le téton droit d’Alex entre le pouce et l’index et il tourne si vite et si fort que la jeune femme se plie en deux et hurle instantanément.

Il la lâche. Alex se tient le sein, les yeux exorbités, la respiration coupée, elle danse d’un pied sur l’autre, la douleur l’a aveuglée. Ses larmes coulent malgré elle lorsqu’elle demande :

— Qu’est-ce que… vous allez faire ?

L’homme sourit, comme s’il voulait lui rappeler une évidence :

— Bah… Je vais te regarder crever, sale pute.

Puis il fait un pas sur le côté, comme un acteur.

Alors elle voit. Derrière lui. Sur le sol, une perceuse électrique, à côté d’une caisse en bois, pas très grande. De la taille d’un corps.

4

Camille scrute et détaille un plan de Paris. Devant la concierge, un agent en uniforme, détaché du commissariat, passe son temps à expliquer aux curieux, aux voisins, qu’ils n’ont pas à rester là sauf s’ils ont un témoignage crucial sur l’enlèvement. Un enlèvement ! C’est une attraction, un peu comme un spectacle. Il manque la vedette principale mais ça ne gêne pas, rien que le décor, c’est déjà magique. Toute la soirée, on se répète le mot, comme dans un village, on n’en revient pas, mais qui, qui, qui, qui, je ne sais pas je te dis, une femme, à ce que j’ai compris, mais on la connaît, dis, on la connaît ? La rumeur enfle, même des enfants descendent voir, devraient être couchés à cette heure, mais tout le monde dans le quartier est excité par cette situation inattendue. Quelqu’un demande si la télé va venir, on pose sans cesse les mêmes questions à l’agent en faction, on reste des quarts d’heure entiers, désœuvré, à attendre on ne sait quoi, juste pour être présent au cas où quelque chose arriverait enfin, mais rien, alors peu à peu la rumeur s’affaiblit, l’intérêt s’appauvrit, c’est qu’il se fait tard, encore quelques heures et la nuit devient plus lourde, l’attraction tourne au dérangement, les premières réclamations fusent par les fenêtres, on aimerait dormir, maintenant, on veut du silence.

— Ils n’ont qu’à appeler la police, lâche Camille.

Louis est plus calme, comme toujours.

Sur son plan, il a souligné les axes qui convergent vers le lieu de l’enlèvement. Quatre itinéraires possibles que la femme peut avoir empruntés avant d’être enlevée. La place Falguière ou le boulevard Pasteur, la rue Vigée-Lebrun ou, en sens inverse, la rue du Cotentin. Elle peut aussi avoir pris un bus, le 88 ou le 95. Les stations de métro sont assez loin du lieu de l’enlèvement mais restent une possibilité. Pernety, Plaisance, Volontaires, Vaugirard…

Si on ne trouve toujours rien, demain, il faudra élargir le périmètre, ratisser encore plus loin à la recherche du moindre renseignement, pour ça il faut attendre qu’ils se lèvent, ces cons-là, attendre demain, comme si on avait le temps.

L’enlèvement est un crime d’un type assez particulier : la victime n’est pas sous vos yeux, comme pour un meurtre, il vous faut l’imaginer. C’est ce que Camille tente de faire. Ce qui tombe sous son crayon : la silhouette d’une femme qui marche dans la rue. Il prend du recul : trop élégante, un peu femme du monde. Pour dessiner des femmes pareilles, peut-être que Camille vieillit un peu. Tout en passant ses coups de téléphone, il raye, recommence. Pourquoi la voit-il si jeune ? Est-ce qu’on enlève les vieilles femmes ? Pour la première fois, il pense à elle non comme à une femme mais comme à une fille. « Une fille » a été enlevée rue Falguière. Il reprend son dessin. En jean, cheveux courts, un sac en bandoulière. Non. Autre dessin, la voici en jupe droite, forte poitrine, il raye, agacé. Il la voit jeune mais au fond, il ne la voit pas. Et quand il la voit, c’est Irène.

Il n’y a pas eu d’autre femme dans sa vie. Entre les rares occasions qui se présentent à un homme de sa taille, une part de culpabilité, un peu de dégoût de soi et la crainte de ce que représentait la reprise d’un commerce normal avec les femmes, ses besoins sexuels dépendaient de la coïncidence de trop de conditions, ça ne s’est pas fait. Si, une fois. Une fille qui s’était mise dans un mauvais pas, il l’a tirée d’embarras. Fermé les yeux. Il a lu le soulagement dans son regard, rien de plus sur le coup. Et puis il l’a rencontrée près de chez lui, comme par hasard. Alors un verre à la terrasse de La Marine, puis on dîne, et forcément, on se prend au jeu, on monte pour un dernier verre, et après… Normalement, ce n’est pas le genre de chose qu’un flic intègre peut accepter. Mais vraiment gentille, un peu hors cadre, l’air de vouloir remercier avec sincérité. Bon, c’est ce que Camille s’est répété ensuite pour se disculper. Plus de deux ans sans toucher une femme, en soi, c’était une raison, mais pas suffisante. Il a commis une mauvaise action. Une soirée tendre et calme, on ne s’est pas cru obligé de croire à des sentiments. Elle avait appris son histoire, à la Brigade, cette histoire, tout le monde la connaît, la femme de Verhœven a été assassinée. Elle a dit des choses simples, de tous les jours, elle s’est déshabillée à côté et elle est venue sur lui tout de suite, pas de préliminaires, ils se sont regardés dans les yeux, Camille les a juste fermés à la fin, pas possible de faire autrement. Ils se croisent de temps à autre, elle n’habite pas très loin. Quarante ans peut-être. Et quinze centimètres de plus que lui. Anne. Subtile aussi : elle n’a pas dormi avec lui, elle a dit qu’elle préférait rentrer. Camille, ça lui a évité des tristesses, c’était bien vu. Quand ils se rencontrent, elle fait comme si rien ne s’était passé. La dernière fois, il y avait du monde, elle lui a même serré la main. Pourquoi pense-t-il à elle maintenant ? Est-ce le genre de femme qu’un homme peut avoir envie d’enlever ?

1 ... 4 5 6 7 8 9 10 11 12 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)