Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La jeune fille et les clones
La jeune fille et les clones - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La jeune fille et les clones

Электронная книга - «La jeune fille et les clones». Краткое содержание книги:

Sur Stratos, les femmes se reproduisent l'hiver par clonage. En été, les hommes entrent en rut et il faut les enfermer dans les Sanctuaires. Mais quelques-uns échappent à la police sexuelle et s'accouplent, proti pudor ! avec les femmes. Les « vars » qui naissent de ces unions sont élevés jusqu'à la puberté puis chassés du clan ; à eux d'en fonder un autre, s'ils peuvent.
Maia et Leie, sa soeur jumelle, se voient ainsi, très jeunes, réduites à explorer ce monde pastoral et le trouvent plutôt compliqué. Il y a des radicales qui militent pour les droits des hommes ; des Perkinites qui au contraire, pour les éliminer, proposent la parthénogénèse ; et même un visiteur venu des étoiles pour proposer à Stratos de réintégrer le Phylum. Quoi, il y aurait eu sécession ? Pourquoi tous ces mystères : la Porte à Enigmes, le Mur d'Images, le Grand Modeleur ? Et comment faire bouger les choses ?
1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 147
Перейти на страницу:

Elle n’avait pas besoin de regarder l’échiquier pour voir les formes qu’il décrivait. Dans son état actuel de conscience, elle ne pouvait s’empêcher de les voir.

« Ces pots de colle de rades doivent en avoir plein le dos », songeait perversement une partie d’elle-même. Une partie mineure. Le reste avait fui un malheur insoutenable pour se réfugier dans l’abstraction et avait disparu dans un maelström de formes cabriolantes.

— … Je pensais donc déployer de simples Balises autour du Rouet, comme ça… vous voyez ? Ça devrait le protéger au moins de la première destruction…

— Ça ne marchera pas ! s’écria Maïa en ouvrant les yeux.

Renna et les femmes la regardèrent, abasourdis, s’approcher à grands pas et écarter brutalement une var pour accéder à l’échiquier. Elle prit le stylet de la main de Renna et effaça rapidement une partie de son dessin.

— Tu ne comprends pas ? Même moi, j’y arrive. Pour se protéger des Planeurs, il ne faut pas attendre d’être frappé. Ta barrière doit venir à leur rencontre. Tiens, regarde…

Elle esquissa un tourbillon de carrés sur l’échiquier puis déclencha le chronomètre. La configuration se mit à puiser en envoyant des ondes ovales, concentriques, de points noirs à huit carrés du centre. Ça rappelait les ondes formées par les gouttes tombant d’un robinet. Si on n’y touchait pas, le petit dessin palpiterait éternellement.

— Je ne connaissais pas ce truc-là, avoua Renna, étonné. Comment est-ce que ça s’appelle ?

— Je… je n’en sais rien. J’ai dû le voir quand j’étais petite. Mais c’est assez évident, non ?

— Mouais…

Il reprit son stylet, dessina un Canon à Planeurs de l’autre côté de l’échiquier et relança le chronomètre. Une série de missiles filèrent droit sur la figure qu’avait tracée Maïa. Ils la heurtèrent… et furent engloutis les uns après les autres, sans déclencher une ride !

— Alors là, je suis scié, fit admirativement Renna en secouant la tête. Tu pourrais protéger ça contre quelque chose de plus gros, comme ce truc qu’on nous a envoyé hier soir ?

— Comment veux-tu que je le sache ? répliqua Maïa d’un ton cassant. Tu me prends pour un garçon ?

Plusieurs rades gloussèrent d’un air indécis, mais Maïa se fichait de savoir si elles riaient avec elle, ou d’elle. L’une des filles se leva en reniflant et s’en alla. Maïa se frotta le menton en étudiant l’échiquier.

— Enfin, puisque tu le demandes, je vois un moyen de parer le Bulldozer que le coq et le mousse ont utilisé contre nous.

— Oui ? fit Renna en se décalant sur le banc, et une autre var céda bon gré mal gré sa place à Maïa.

— Je ne connais pas la terminologie, dit-elle en retrouvant un peu de son indécision habituelle. Mais il est évident que cette espèce de Pied-de-biche doit renvoyer les figures qui…

Tout en parlant, elle dessinait. Renna glissait de temps en temps une remarque, ou, plus souvent, une question. Maïa se rendit à peine compte que les autres vars s’éloignaient l’une après l’autre. Leur opinion n’avait plus aucune importance, et il lui était égal d’être pincée à s’intéresser à cette idiotie de jeu d’hommes. Renna la prenait au sérieux, ce que n’avait jamais fait aucune femme. Il était attentif, apportait ses idées, et partageait le Plaisir que lui inspirait cet exercice abstrait.

À l’heure du dîner, ils pensaient avoir un plan.

Itinérant – Journal de bord Mission Stratos
Arrivée + 45 290 Ms

Qu’est-ce que l’intelligence pour l’univers ? Des instants de lucidité ? Des éphémères qui se regardent le nombril ?

À quoi sert l’existence humaine, avec son enfance et son adolescence interminables, consacrées au pénible apprentissage des connaissances nécessaires à la compréhension et à la création, et son long déclin menant à la mort ? Heureux celui ou celle qui parvient à l’excellence, même brièvement. La lumière brille, aveuglante, pendant un bref instant, puis s’éteint.

Sur certains mondes, le formidable allongement de la vie se justifie par la préservation de dons rares. Cette louable intention aboutit trop souvent à une gérontocratie d’esprits confits dans l’habitude, jaloux de toute pensée étrangère.

Les Stratoïnes croient avoir trouvé une meilleure voie : si une femme fait ses preuves dans un domaine donné, elle continue – génétiquement, ce qui préserve ses dons innés, et dans une perpétuité éducative que seul permet le clonage. L’épanouissement des dons de la première mère se poursuit, mais chaque fille est un renouveau, une nouvelle explosion d’enthousiasme. Préservation ne veut pas forcément dire sclérose.

Les Stratoïnes ont trouvé un arrangement avec la mort. Il y a un prix à payer, mais les avantages sont évidents.

Je passe beaucoup de temps avec les Savantes de l’Université, mais je préfère encore observer le déroulement de la vie sur Stratos, souvent guidé/gardé par Iolanthe Nitocrisse.

Hier, à ma grande joie, elle a enfin obtenu l’accréditation nécessaire pour m’emmener au festival d’Été de Caria.

Il a lieu sur les hauteurs, à l’ombre de l’acropole. Des bannières claquent au-dessus des pavillons de soie, des arches fleuries et des zennarbres. Des odeurs piquantes, exotiques, montent des étals des marchandes entre lesquels cabriolent des jongleuses. Hors des murs de Caria, les citoyennes abandonnent leur allure sereine et compassée pour un pas plus alerte.

J’avais l’impression d’attirer les regards, et pas seulement parce que je suis étranger. J’étais pour ainsi dire le seul homme d’âge mûr. Il y avait des garçonnets en culottes courtes, comme sur tous les mondes, et quelques vieillards, mais les adultes pubères étaient dans leurs sanctuaires d’été. Iolanthe, qui était responsable de moi, dut plusieurs fois montrer mes papiers à des gardes. Sans doute craignaient-elles que je me mette à hurler en arrachant mes vêtements. Iolanthe avait l’air satisfaite de mon air calme et pondéré.

Si elle savait combien je suis parfois mal à l’aise ici…

La parade du jour était conduite par un char représentant la Sainte Patronne de la fête, et dans laquelle je crus reconnaître la déesse des portes de la cité. Derrière venaient des musiciennes et des danseuses qui effectuaient des acrobaties fantastiques, comme si cette énorme planète ne pesait pas plus qu’une lune. Leurs robes flottantes semblaient gonflées d’air.

De nombreux clans défilèrent ainsi, puis un brusque changement de tonalité musicale annonça une formation de cavalières en armure étincelante, suivies de lugars portant des palanquins abritant des dignitaires couvertes de médailles. Dans la foule, les aînées se penchèrent sur les plus jeunes pour leur expliquer ce qui leur avait valu ces distinctions.

Puis la foule excitée envahit l’avenue, noyant la queue du défilé, et le carnaval commença. Une averse d’été passa, douchant les têtes, les costumes et la décoration florale, mais pas la joie de la fête. Certaines femmes restèrent un instant pétrifiées à ma vue, alors que d’autres me lançaient un sourire complice et m’invitaient à me joindre à elles. C’était réjouissant et amusant, mais la moiteur, la promiscuité…

Je demandai à lolanthe de m’emmener ailleurs, ce qu’elle fit aussitôt, malgré la déception des jeunes Nitocrisses qui nous accompagnaient. Nous quittâmes l’avenue principale pour visiter le reste de la fête.

1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 147
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)