Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La jeune fille et les clones
La jeune fille et les clones - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La jeune fille et les clones

Электронная книга - «La jeune fille et les clones». Краткое содержание книги:

Sur Stratos, les femmes se reproduisent l'hiver par clonage. En été, les hommes entrent en rut et il faut les enfermer dans les Sanctuaires. Mais quelques-uns échappent à la police sexuelle et s'accouplent, proti pudor ! avec les femmes. Les « vars » qui naissent de ces unions sont élevés jusqu'à la puberté puis chassés du clan ; à eux d'en fonder un autre, s'ils peuvent.
Maia et Leie, sa soeur jumelle, se voient ainsi, très jeunes, réduites à explorer ce monde pastoral et le trouvent plutôt compliqué. Il y a des radicales qui militent pour les droits des hommes ; des Perkinites qui au contraire, pour les éliminer, proposent la parthénogénèse ; et même un visiteur venu des étoiles pour proposer à Stratos de réintégrer le Phylum. Quoi, il y aurait eu sécession ? Pourquoi tous ces mystères : la Porte à Enigmes, le Mur d'Images, le Grand Modeleur ? Et comment faire bouger les choses ?
1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 147
Перейти на страницу:

— Elles ont des projets pour lui, tu sais.

Maïa fit volte-face. Baltha se curait les dents avec un bâtonnet, appuyée à un cabestan.

— Ton Terrien a beaucoup plus de valeur pour ces rades qu’elles ne veulent bien le dire, fit-elle en souriant.

— Je sais. Elles ont besoin des informations contenues dans la bibliothèque de son vaisseau, releva Maïa, partagée entre la curiosité et son aversion pour la grande blonde. Elles espèrent y trouver de quoi les aider à faire de Stratos un monde plus semblable aux autres.

— Moi j’te parie qu’elles cherchent un genre d’aide plus rapide, fit Baltha en haussant un sourcil peut-être moqueur.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Réfléchis, Pu-pucelle, reprit la grande Orientale en balançant son cure-dents par-dessus bord. Tu vois comment elles l’asticotent. E’vont lui d’mander d’gagner sa croûte et son logis, à Ursulaborg. Et j’te parie qu’il y arrivera très bien.

Maïa se sentit devenir écarlate.

— Et quand bien même il amorcerait quelques…

— Amorcer, mon cul ! coupa l’autre. T’as rien compris, minette. C’t’un étranger ! Évidemment, y s’pourrait qu’y soit trop différent pour amorcer des Stratoïnes comme nous. Tant qu’on a pas essayé, on en sait rien. Mais imagine qu’sa s’mence prenne, qu’ça marche, même en hiver ?

— Tu veux dire que son sperme pourrait ne pas amorcer des clones… mais des vars ? risqua-t-elle en battant des paupières. Quelle que soit la saison ?

— Hon-hon. Et qu’est-ce qui se passerait si ses fils vars héritaient de lui ? Et leurs fils après eux, et ainsi de suite ? Tu crois pas qu’ça foutrait l’plan d’Lysos en l’air ?

Maïa secoua la tête, abasourdie.

— Je trouve qu’il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

— Tu parles que ça cloche ! ironisa la grande var en crachant dans la mer. Elles veulent foutre le bordel dans les plans d’nos ancêtres, ces connasses qui croient tout savoir !

En fait, ce n’était pas ce que Maïa entendait par clocher. Elle ne pouvait mettre le doigt dessus, mais elle était sûre qu’il y avait une faille dans le raisonnement de Baltha. Elle doutait que la semence d’un homme venu des étoiles suffise à détourner le schéma vital de Stratos.

— Je croyais que tu détestais l’état des choses autant que les rades, dit-elle, curieuse de savoir d’où venait la hargne de Baltha. Tu les as aidées à arracher Renna aux Perkies.

— C’était une alliance de raison, ma Pu-pucelle. D’accord, mes copines et moi, on déteste les Perkies. C’est qu’des mijaurées qui veulent tout avoir sans rien faire. Lysos a jamais voulu c’genre de chose. Mais en dehors de ça, on est pas d’accord avec les rades. Toutes des saloperies d’hérétiques. On veut juste secouer un peu le cocotier, pas changer les Lois d’la nature !

« Pourquoi me raconte-t-elle tout ça ? » se demanda Maïa, puis elle vit avec quelle intensité Baltha regardait Renna.

— Vous aussi, vous avez des projets pour lui, dit-elle.

— Comment ça ? lança la blonde en se tournant vers elle.

— J’ai vu ce que tu as ramassé dans ta petite boîte, bluffa Maïa. Dans le canyon, quand on s’enfuyait.

— Espèce de petite…, gronda la femme, puis un sourire s’inscrivit lentement sur ses traits ingrats. Bien joué. Espionner, c’est un art, un vrai. À condition d’arriver à faire la différence entre les ennemies et les amies, mignonnette.

— Je la connais, merci.

— T’es sûre ?

— Aussi sûre que je sais que tu n’hésiterais pas à exploiter Renna à tes propres fins, au moins autant que les rades.

— Tout le monde exploite tout le monde, gamine, soupira Baltha. Tes amies, Kiel et Thalla se sont bien servies de toi. Elles t’ont vendue aux Bellères, en espérant suivre ta trace jusqu’à la prison et trouver ton Homme des étoiles.

— Je croyais que c’était Calma Lemère…, commença Maïa en ouvrant de grands yeux.

— Crois ce que tu veux, citoyenne. J’vais pas m’crever l’melon à essayer d’expliquer des choses à une cinq-ans qui sait tout, et d’abord à r’connaître ses amies d’ses ennemies.

Elle se détourna et alla nonchalamment engager la conversation avec une grande blonde qui servait à bord du Manitou. En dessous, sur le pont principal, Naroïne ordonnait à un petit groupe de femmes de fiche un peu la paix aux marins et de venir participer aux exercices de combat obligatoires. Baltha ramassa sa treppe et rejoignit les autres. Des bruits de bâtons qui s’entrechoquaient montèrent bientôt jusqu’à Maïa, suivis du choc sourd de corps tombant sur le pont.

Maïa ne savait plus quoi penser. Elle vit Thalla prendre une pique dans le râtelier et s’approcher de la zone d’exercice. Elle leva les yeux, lui sourit, et Maïa sentit brutalement ses doutes se confirmer. « Cette salope de Baltha a raison ! Kiel et Thalla ont dû se servir de moi. »

Elle ferma les yeux, emportée par une vague de désespoir qui rendait douloureuse chacune de ses inspirations. Elle leur en avait voulu d’essayer de la lâcher à cap Grange, mais ça, c’était pire que tout. « Je ne peux faire confiance à personne. »

L’impression de trahison était atroce, pourtant, étrangement, le sentiment le plus vif était le regret d’avoir maudit Calma Lemère et son clan sous le coup de la colère. « Pardonnez-moi », songea-t-elle. Même si elle devait apprendre un jour que Baltha se trompait, ou mentait, elle s’en voulait d’avoir appelé la malédiction sur cette malheureuse famille de forgeronnes qui ne lui avait jamais réellement fait de mal au fond.

Contrastant avec ses sombres pensées, la voix joyeuse de Renna continuait à décrire sa stratégie pour le match à venir.

— … alors je me suis dit que si je mettais un Rouet à chaque bout de l’échiquier, près de la bordure…

Irritée, elle dissipa la fange de culpabilité dans laquelle elle se vautrait. « Même si Baltha a menti, je ne pourrai plus jamais faire confiance à Thalla et à Kiel. Je suis aussi seule qu’en prison. »

Elle ferma les yeux. Le cliquetis des bâtons était ponctué par les beuglements de Naroïne. Et Renna palabrait toujours.

— … évidemment, ils seront heurtés par les projectiles de mes adversaires. La plupart seront déviés par les bras du Rouet, mais certaines formes de base m’inquiètent…

Les caprices du vent amenèrent l’homme de barre à ordonner un léger changement de cap, et le soleil sortit de derrière une voile pour frapper les yeux clos de Maïa. Elle retrouva l’étrange vertige qu’elle avait éprouvé le matin même. Le soleil mettait en évidence les taches qui dansaient, omniprésentes, sous ses paupières fermées… danse sans fin, compagne de tous ses rêves. Privée de volonté, sa conscience s’abandonna à leur tourbillon, indifférente à ses problèmes, comme si tous ses soucis étaient éphémères.

Ces mouchetures étaient la seule chose durable, importante.

— Vous voyez comment un simple Planeur, frappant en diagonale, désagrégera mon Rouet…

Elle songea aux jours et aux nuits qu’elle avait passés en prison, au ravissement qu’elle avait éprouvé lorsque les dessins mystérieux de Renna s’étaient déployés devant ses yeux, sur l’écran du jeu de la Vie. C’était un exercice bien plus subtil qu’une vraie partie qui consistait à envoyer des formes simulées contre celles de son adversaire. Mais il avait triché, puisqu’il utilisait un jeu réversible. C’était la machine qui faisait tout. Pas étonnant qu’il eût des problèmes avec les concepts les plus courants de la version de compétition.

1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 147
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)