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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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Xaro haussa les épaules avec langueur. « Il se trouve que, quand j’ai posé le pied sur la rive de votre douce cité, mon regard est par hasard tombé, au bord du fleuve, sur un homme qui avait jadis été un invité dans ma demeure, un marchand qui faisait commerce d’épices rares et de vins de choix. Il allait torse nu, avec sa peau rouge qui pelait, et, de toute évidence, il creusait un trou.

— Pas un trou. Un fossé, pour amener l’eau du fleuve jusqu’aux champs. Nous avons l’intention de planter des haricots. Les champs de haricots ont besoin d’eau.

— Que mon vieil ami est aimable d’aider au terrassement. Et comme cela lui ressemble peu. Se pourrait-il qu’on ne lui ait pas donné le choix sur ce point ? Non, assurément pas. Vous n’avez pas d’esclaves, à Meereen. »

Daenerys rougit. « On paie votre ami en nourriture et en gîte. Je ne peux lui rendre sa fortune. Meereen a besoin de haricots plus que d’épices rares, et les haricots exigent de l’eau.

— Mettriez-vous mes danseurs à creuser des fossés, eux aussi ? Douce reine, dès qu’il m’a vu, mon vieil ami est tombé à genoux et m’a supplié de l’acheter comme esclave et de le ramener à Qarth. »

Elle eut l’impression qu’il venait de la gifler. « Eh bien, achetez-le donc.

— Ne vous déplaise. Je sais que cela ne lui déplaira pas, à lui. » Il posa la main sur le bras de Daenerys. « Il est de ces vérités que seul un ami peut vous dire. Je vous ai aidée quand vous êtes arrivée, mendiante, à Qarth, et j’ai franchi de longues lieues et des mers démontées pour vous assister à nouveau. Y a-t-il un endroit où nous pourrions discuter en toute franchise ? »

Daenerys sentait la chaleur de ses doigts. À Qarth aussi, il était chaleureux, se remémora-t-elle, jusqu’au jour où je ne lui ai plus été d’aucune utilité. Elle se remit debout. « Venez », l’invita-t-elle, et Xaro la suivit entre les colonnes, jusqu’aux larges degrés de marbre qui conduisaient à ses appartements privés, au sommet de la pyramide.

« Ô la plus belle des femmes, susurra Xaro tandis qu’ils entamaient l’ascension, j’entends des pas derrière nous. On nous suit.

— Mon vieux chevalier ne vous effraie pas, certainement ? Ser Barristan a juré de garder tous mes secrets. »

Elle le mena sur la terrasse qui dominait la cité. Une pleine lune flottait dans le ciel noir au-dessus de Meereen. « Marchons, voulez-vous ? » Daenerys glissa son bras sous le sien. L’air était lourd du parfum des floraisons nocturnes. « Vous parliez d’aide. Commercez avec moi, en ce cas. Meereen a du sel à vendre, et du vin…

— Du vin ghiscari ? » Xaro fit la grimace. « La mer fournit tout le sel dont Qarth a besoin, mais je prendrai volontiers la totalité des olives que vous voudrez bien me vendre. De l’huile d’olive, également.

— Je n’en ai pas à proposer. Les esclavagistes ont incendié les arbres. » Depuis des siècles, on cultivait des oliviers sur les bords de la baie des Serfs, mais les Meereeniens avaient bouté le feu à leurs oliveraies quand l’ost de Daenerys avait avancé sur eux, lui laissant traverser des terres brûlées. « Nous replantons, mais il faut sept ans avant qu’un olivier commence à donner des fruits, et trente avant qu’on puisse véritablement le considérer comme productif. Et le cuivre ?

— Un joli métal, mais capricieux comme une femme. L’or, en revanche… L’or est sincère. Qarth vous fournira volontiers de l’or… contre des esclaves.

— Meereen est une cité libre habitée par des hommes libres.

— Une cité pauvre qui jadis fut riche. Une cité affamée qui jadis fut grasse. Une cité sanglante qui jadis fut paisible. »

Ses accusations portaient. Elles contenaient trop de vérité. « Meereen redeviendra riche, grasse et paisible, et libre au surplus. Allez voir les Dothrakis, si vous tenez à vos esclaves.

— Les Dothrakis créent les esclaves, mais les Ghiscaris les dressent. Et pour atteindre Qarth, par nécessité, les seigneurs du cheval doivent faire franchir le désert rouge à leurs captifs. Ils mourraient par centaines, voire par milliers… Et bien des chevaux, également, raison pour laquelle aucun khal ne s’y risquera. Et il y a un détail supplémentaire : Qarth ne veut pas voir des khalasars grouiller autour de nos remparts. La puanteur de tous ces chevaux… Ceci dit sans vouloir vous offenser, Khaleesi.

— Le cheval a une odeur franche. C’est plus que je ne peux en dire de certains grands lords et princes marchands. »

Xaro ne prêta aucune attention à la pique. « Daenerys, permettez-moi d’être honnête avec vous, comme il convient à un ami. Vous ne rendrez pas Meereen riche, grasse et paisible. Vous ne lui apporterez que la destruction, comme vous l’avez fait à Astapor. Vous avez conscience qu’une bataille s’est déroulée aux Cornes d’Hazzat ? Le Roi Boucher a fui et regagné son palais, ses nouveaux Immaculés courant à ses basques.

— La chose est connue. » Brun Ben Prünh avait dépêché un rapport sur les combats depuis le champ de bataille. « Les Yunkaïis se sont attaché de nouvelles épées-louées, et deux légions de la Nouvelle-Ghis ont combattu à leurs côtés.

— Deux deviennent bientôt quatre, puis dix. Et des émissaires yunkaïis ont été expédiés à Myr et à Volantis pour engager d’autres épées. La Compagnie du Chat, les Longues Lances, les Erre-au-Vent. Certains racontent que Leurs Bontés ont également acheté la Compagnie Dorée. »

Son frère Viserys avait un jour donné un banquet pour les capitaines de la Compagnie Dorée, dans l’espoir qu’ils soutiendraient sa cause. Ils ont mangé ses plats, écouté ses suppliques et lui ont ri au nez. Daenerys n’était alors qu’une petite fille, mais elle se souvenait. « J’ai moi aussi des épées-louées.

— Deux compagnies. Les Yunkaïis en enverront vingt contre vous, s’il le faut. Et quand elles se mettront en marche, elles ne partiront pas seules. Tolos et Mantarys ont accepté de conclure une alliance. »

Funestes nouvelles, si elles étaient vraies. Daenerys avait envoyé des missions à Tolos et à Mantarys, dans l’espoir de trouver de nouveaux amis à l’ouest pour compenser l’inimitié de Yunkaï au sud. Ses émissaires n’étaient pas revenus. « Meereen a conclu une alliance avec Lhazar. »

Cela le fit simplement glousser. « Les seigneurs du cheval dothrakis appellent les Lhazaréens les Agnelets. Quand vous les tondez, ils se bornent à bêler. Ce n’est pas un peuple martial. »

Même un ami bêlant vaut mieux qu’aucun. « Leurs Bontés devraient suivre leur exemple. J’ai déjà épargné Yunkaï, mais je ne commettrai pas cette erreur deux fois. S’ils devaient oser m’attaquer, je raserais entièrement la Cité Jaune.

— Et tandis que vous rasez Yunkaï, ma douceur, Meereen se soulèvera dans votre dos. Ne fermez pas les yeux sur vos périls, Daenerys. Vos eunuques sont d’excellents soldats, mais ils sont trop peu nombreux pour rivaliser avec les armées qu’enverra Yunkaï contre vous, dès qu’Astapor tombera.

— Mes affranchis…, commença Daenerys.

— Des esclaves de lit, des barbiers et des maçons ne gagnent pas les batailles. »

Il se trompait sur ce point, elle l’espérait. Les affranchis avaient autrefois formé une simple populace, mais elle avait organisé les hommes en âge de se battre en compagnies, et ordonné à Ver Gris d’en faire des soldats. Qu’il pense ce qu’il voudra. « L’auriez-vous oublié ? J’ai des dragons.

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