Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Votre Grâce…
— Votre Magnificence…
— Votre Excellence…
— Il suffit ! » Daenerys tapa sur la table. « Nous ne laisserons mourir personne. Vous êtes tous mon peuple. » Elle s’était laissé aveugler par ses rêves de retour et d’amour. « Je n’abandonnerai pas Meereen pour qu’elle subisse le sort d’Astapor. J’ai peine à le dire, mais Westeros devra attendre. »
Groleo fut effaré. « Nous devons accepter ces vaisseaux. Si nous refusons ce présent… »
Ser Barristan mit un genou en terre devant elle. « Ma reine, votre royaume a besoin de vous. On ne veut pas de vous ici, mais à Westeros, les hommes accourront pour se placer sous vos bannières, par milliers, grands lords et nobles chevaliers. Elle est venue, se crieront-ils de l’un à l’autre, avec des voix pleines de joie. La sœur du prince Rhaegar est enfin de retour chez elle.
— S’ils m’aiment tant, ils m’attendront. » Daenerys se mit debout. « Reznak, convoquez Xaro Xhoan Daxos. »
Elle reçut le prince marchand seule à seul, assise sur son banc d’ébène polie, sur les coussins que ser Barristan avait disposés pour elle. Quatre matelots qarthiens accompagnaient Xaro, les épaules chargées d’une tapisserie roulée. « J’ai apporté à la reine de mon cœur un nouveau présent, annonça Xaro. Il se trouvait dans les caves de ma famille depuis avant le Fléau qui emporta Valyria. »
Les marins déroulèrent la tapisserie sur le sol. Elle était vieille, poussiéreuse, fanée… et immense. Daenerys dut venir se placer à côté de Xaro avant que les motifs n’apparaissent clairement. « Une carte ? Elle est magnifique. » Elle couvrait la moitié du sol. Les mers étaient bleues, les terres vertes, les montagnes noires et brunes. Les cités étaient représentées par des étoiles en fils d’or ou d’argent. Il n’y a pas de mer Fumeuse, s’aperçut-elle. Valyria n’est pas encore une île.
« Vous voyez là Astapor, et Yunkaï, et Meereen. » Xaro indiqua du doigt trois étoiles d’argent près du bleu de la baie des Serfs. « Westeros se trouve… quelque part par là-bas. » Sa main s’agita en un geste vague en direction de l’autre bout de la salle. « Vous avez obliqué au nord alors que vous auriez dû poursuivre au sud-ouest et traverser la mer d’Été, mais, avec mon présent, vous regagnerez promptement votre légitime place. Acceptez mes galères d’un cœur joyeux, et faites force de rames vers l’ouest. »
Si seulement je pouvais. « Messire, j’accepte de grand cœur ces vaisseaux, mais je ne puis vous faire la promesse que vous me demandez. » Elle lui prit la main. « Donnez-moi les galères, et je jure que Qarth aura l’amitié de Meereen jusqu’à ce que les étoiles s’éteignent. Laissez-les-moi pour le commerce, et vous récolterez une bonne part des profits. »
Le sourire heureux de Xaro mourut sur ses lèvres. « Que me dites-vous ? Êtes-vous en train de m’annoncer que vous ne voulez pas partir ?
— Je ne peux pas. »
Des larmes coulèrent des yeux de Xaro, le long de son nez, plus bas que les émeraudes, les améthystes et les diamants noirs. « J’ai assuré aux Treize que vous écouteriez ma sagesse. J’éprouve du chagrin à apprendre que je me trompais. Prenez ces vaisseaux et partez, sinon, assurément, vous périrez dans les hurlements. Vous n’avez aucune idée du nombre d’ennemis que vous vous êtes attirés. »
Je sais que l’un d’eux se tient devant moi en cet instant même, versant des larmes de comédie. Cette découverte l’attristait.
« Quand je suis allé dans la Salle des Mille Trônes implorer les Impollus d’épargner votre vie, j’ai plaidé que vous n’étiez qu’une enfant, poursuivit Xaro. Mais Egon Emeros le Délicat s’est levé et a dit : C’est une enfant stupide, une folle irresponsable, trop dangereuse pour qu’on la laisse vivre. Petits, vos dragons excitaient l’admiration. Grands, ils représentent la mort et la dévastation, une épée ardente suspendue sur le monde. » Il essuya ses larmes. « J’aurais dû vous tuer à Qarth.
— J’étais une invitée sous votre toit et j’avais partagé la viande et la boisson avec vous, dit-elle. En mémoire de tout ce que vous avez fait pour moi, je pardonnerai ces paroles… une fois… Mais ne vous aventurez plus jamais à me menacer.
— Xaro Xhoan Daxos ne menace pas. Il promet. »
La tristesse de Daenerys se changea en fureur. « Et je vous promets que, si vous n’êtes pas parti avant le lever du soleil, nous apprendrons si les larmes d’un menteur peuvent éteindre le feu des dragons. Laissez-moi, Xaro. Et vite. »
Il s’en fut mais abandonna son monde derrière lui. Daenerys se rassit sur son banc pour contempler la mer de soie bleue, en direction de la lointaine Westeros. Un jour, se promit-elle.
Le lendemain matin, la galéasse de Xaro était partie, mais le « don » qu’il lui avait apporté resta derrière lui, dans la baie des Serfs. De longues bannières rouges volaient des mâts des treize galères qarthiennes, pour se tordre au vent. Et lorsque Daenerys descendit accorder audience, un messager des vaisseaux l’attendait. Il ne prononça pas un mot, mais déposa à ses pieds un coussin de satin noir, sur lequel reposait un seul gant, taché de sang.
« Qu’est-ce donc ? demanda Skahaz. Un gant taché de sang…
— … signifie la guerre », acheva la reine.
Jon
« Attention aux rats, messire. » Edd-la-Douleur précéda Jon au bas des escaliers, une lanterne à la main. « Ça couine, c’est affreux, quand on leur marche dessus. Ma mère faisait un bruit de ce genre, quand j’étais p’tit. D’vait y avoir du rat en elle, maintenant que j’y songe. Des cheveux bruns, de p’tits yeux en vrille, elle aimait le fromage. Peut-être portait-elle une queue, aussi, j’ai jamais été vérifier. »
Tout Châteaunoir était relié en sous-sol par un dédale de tunnels que les frères appelaient les galeries de vers. Sous terre, il fait noir et lugubre, si bien qu’on les utilisait peu en été, mais quand les vents de l’hiver commençaient à souffler et les neiges à tomber, les galeries devenaient le moyen le plus rapide de circuler à travers le château. Les intendants y avaient déjà recours. Progressant le long de la galerie, l’écho de leurs pas sonnant devant eux, Jon vit des chandelles allumées dans plusieurs niches des parois.
Bowen Marsh attendait à la jonction de quatre galeries. Il avait avec lui Wick Taillebois, long et maigre comme une haquebute. « Ce sont les comptes remontant à trois cycles, à comparer avec nos provisions actuelles, expliqua Marsh à Jon en lui tendant une forte liasse de papiers. Si nous commencions par les réserves de grain ? »
Ils se déplacèrent dans la grisaille des pénombres souterraines. Chaque salle d’entrepôt possédait une porte en chêne massif avec un cadenas en fer aussi gros qu’une assiette à soupe. « Y a-t-il des problèmes de maraude ? s’inquiéta Jon.
— Pas encore, lui répondit Bowen Marsh. Une fois que l’hiver sera venu, en revanche, vous seriez sans doute bien avisé de placer des sentinelles ici en bas, messire. »
Wick Taillebois portait les clés sur un anneau autour de son cou. Pour Jon, toutes se ressemblaient, et pourtant, inexplicablement, Wick trouvait à chaque porte la clé adéquate. Une fois à l’intérieur, il sortait de sa sacoche un bloc de craie gros comme le poing et marquait chaque caque, sac et barrique en les décomptant, tandis que Marsh comparait le nouveau résultat à l’ancien.