Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Vraiment ? À Qarth, on vous voyait rarement sans un dragon sur l’épaule… Et pourtant à présent, cette gracieuse épaule est aussi charmante et nue que votre sein délicieux, je me dois de le constater.
— Mes dragons ont grandi, et point mes épaules. Ils volent loin, pour chasser. » Hazzéa, pardon. Elle s’interrogea sur l’ampleur de ce que savait Xaro, sur ce qu’il avait entendu chuchoter. « Questionnez Leurs Bontés d’Astapor sur mes dragons, si vous ne me croyez pas. » J’ai vu les yeux d’un esclavagiste fondre et lui couler sur les joues. « Dites-moi, vieil ami, pourquoi me rendre visite, si ce n’est pas pour le commerce ?
— Pour apporter un présent à la reine de mon cœur.
— Poursuivez. » Quel piège va-t-il tendre, à présent ?
« Le don que vous me suppliiez de vous accorder, à Qarth. Des vaisseaux. Il y a dans la baie treize galères. Les vôtres, si vous en voulez. Je vous ai apporté une flotte, pour vous emporter chez vous, à Westeros. »
Une flotte. C’était plus qu’elle ne pouvait en espérer, aussi, bien entendu, se méfia-t-elle. À Qarth, Xaro lui avait offert trente vaisseaux… contre un dragon. « Et quel prix exigez-vous pour ces vaisseaux ?
— Aucun. Je n’ai plus aucun désir de dragons. J’ai vu leur ouvrage à Astapor en venant ici, lorsque ma Nuée de soie a fait escale pour se réapprovisionner en eau. Les vaisseaux sont à vous, douce reine. Treize galères, et des hommes, pour tirer sur les rames. »
Treize. Bien entendu. Xaro faisait partie des Treize. Nul doute qu’il ait convaincu chacun de ses collègues de céder un vaisseau. Elle connaissait trop bien le prince marchand pour imaginer qu’il sacrifierait treize de ses propres navires. « Je dois y réfléchir. Puis-je inspecter ces bâtiments ?
— Vous êtes devenue méfiante, Daenerys. »
Toujours. « Je suis devenue sage, Xaro.
— Inspectez tout votre content. Quand vous serez satisfaite, jurez-moi que vous rentrerez sur-le-champ à Westeros, et les vaisseaux sont à vous. Jurez sur vos dragons et votre dieu à sept faces et les cendres de vos pères, et partez.
— Et si je décidais d’attendre un an, ou trois ? »
Une expression de deuil traversa le visage de Xaro. « Cela m’attristerait beaucoup, délice de douceur… Car, si jeune et forte que vous puissiez pour l’heure paraître, vous ne vivrez pas si longtemps. Pas ici. »
Il offre le rayon de miel d’une main, et montre le fouet de l’autre. « Les Yunkaïis ne sont point si terrifiants.
— Tous vos ennemis ne se trouvent pas dans la Cité Jaune. Méfiez-vous des hommes au cœur froid et aux lèvres bleues. Vous n’aviez pas quitté Qarth depuis quinze jours que Pyat Pree se mettait en route avec trois de ses collègues conjurés, pour vous chercher à Pentos. »
Daenerys ressentit plus d’amusement que de crainte. « Il est bon que j’aie obliqué, en ce cas. La moitié d’un monde sépare Pentos de Meereen.
— Certes, reconnut-il. Cependant, tôt ou tard, la rumeur de la présence de la reine dragon dans la baie des Serfs finira par les atteindre.
— Cela devrait-il m’effrayer ? J’ai vécu quatorze ans dans la peur, messire. Je m’éveillais craintive chaque jour, et allais me coucher craintive chaque soir… Mais mes peurs ont été cautérisées le jour où j’ai émergé du feu. Je ne crains plus qu’une seule chose, désormais.
— Et que craignez-vous donc, douce reine ?
— Je ne suis qu’une sotte jeune femme. » Daenerys se dressa sur la pointe des pieds et lui baisa la joue. « Mais point assez sotte pour vous le dire. Mes hommes inspecteront ces vaisseaux. Ensuite, vous recevrez ma réponse.
— À votre convenance. » Il effleura son sein nu et chuchota : « Laissez-moi m’attarder pour aider à vous convaincre. »
Un instant, elle fut tentée. Peut-être les danseurs l’avaient-ils échauffée, après tout. Je pourrais fermer les yeux et imaginer qu’il est Daario. Un Daario rêvé serait plus sûr que le vrai. Mais elle repoussa cette pensée. « Non, messire, je vous en remercie, mais non. » Daenerys se coula hors de ses bras. « Une autre nuit, peut-être.
— Une autre nuit. » Sa bouche était triste, mais ses yeux semblaient plus soulagés que déçus.
Si j’étais un dragon, je pourrais voler jusqu’à Westeros, se dit-elle quand il fut parti. Je n’aurais nul besoin de Xaro et de ses vaisseaux. Daenerys se demanda combien d’hommes treize galères pouvaient contenir. Il en avait fallu trois pour la transporter de Qarth à Astapor avec son khalasar, mais c’était avant qu’elle eût acquis huit mille Immaculés, mille épées-louées et une vaste horde d’affranchis. Et les dragons, que vais-je en faire ? « Drogon, chuchota-t-elle d’une voix douce, où es-tu ? » Un moment, elle le vit presque, filant à travers les cieux, ses ailes noires avalant les étoiles.
Elle tourna le dos à la nuit, vers ser Barristan Selmy qui se tenait en silence dans les ombres. « Mon frère m’a posé un jour une devinette ouestrienne. Qui écoute tout et n’entend rien ?
— Un chevalier de la Garde Royale. » La voix de Selmy était solennelle.
« Vous avez entendu l’offre qu’a faite Xaro ?
— Oui, Votre Grâce. » Le vieux chevalier prenait garde à ne point fixer son sein nu tandis qu’il parlait.
Ser Jorah n’aurait pas détourné les yeux. Il m’aimait comme femme, tandis que ser Barristan n’aime en moi que sa reine. Mormont avait été un informateur, qui rendait compte à ses ennemis à Westeros ; néanmoins il l’avait bien conseillée, également. « Que pensez-vous de l’offre ? Et de lui ?
— De lui, bien peu de chose. Ces navires, toutefois… Votre Grâce, avec eux nous pourrions être chez nous avant le terme de l’année. »
Daenerys n’avait jamais été nulle part chez elle. À Braavos, il y avait eu une demeure avec une porte rouge, mais c’était tout. « Méfiez-vous des Qarthiens qui apportent des présents, surtout s’ils sont marchands des Treize. Il y a ici un traquenard. Peut-être les vaisseaux sont-ils pourris, ou…
— S’ils étaient tellement impropres à la navigation, ils n’auraient pas pu traverser la mer pour venir de Qarth, fit observer ser Barristan, mais Votre Grâce a été bien avisée d’insister pour les soumettre à une inspection. Dès l’aube, j’accompagnerai l’amiral Groleo aux galères, avec ses capitaines et une quarantaine de marins. Nous pourrons scruter chaque pouce de ces vaisseaux. »
Le conseil était bon. « Oui, faites donc. » Westeros. Chez moi. Mais si elle partait, que deviendrait sa ville ? Meereen n’a jamais été ta ville, sembla lui susurrer la voix de son frère. Tes villes se trouvent de l’autre côté de la mer. Tes Sept Couronnes, où t’attendent tes ennemis. Tu es née pour leur porter le sang et le feu.
Ser Barristan s’éclaircit la gorge et ajouta : « Ce conjuré dont le marchand a parlé…
— Pyat Pree. » Elle essaya de se remémorer son visage, mais ne vit que ses lèvres. Le vin des conjurés les avait colorées de bleu. On appelait cela l’Ombre-du-soir. « Si un sortilège pouvait me tuer, je serais déjà morte. J’ai laissé leur palais en cendres. » Drogon m’a sauvée alors qu’ils allaient me vider de ma vie. Drogon les a tous calcinés.
« Vous parlez avec justesse, Votre Grâce. Néanmoins, je resterai vigilant. »