Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Elle l’embrassa sur la joue. « Je le sais bien. Venez, raccompagnez-moi au banquet. »
Le lendemain matin, Daenerys s’éveilla pleine d’espoir comme elle ne l’avait jamais été depuis son arrivée dans la baie des Serfs. Bientôt, Daario serait de nouveau à ses côtés, et ensemble ils prendraient la mer pour Westeros. Chez moi. Une de ses jeunes otages lui apporta son repas du matin, une fillette grassouillette et timide du nom de Mezzara, dont le père gouvernait la pyramide de Merreq. Daenerys la serra joyeusement dans ses bras et la remercia d’un baiser.
« Xaro Xhoan Daxos m’a offert treize galères, annonça-t-elle à Irri et Jhiqui tandis qu’elles l’habillaient pour ses audiences.
— Treize est un mauvais chiffre, Khaleesi, murmura Jhiqui en langue dothrakie. C’est connu.
— C’est connu, confirma Irri.
— Trente vaudrait mieux, acquiesça Daenerys. Trois cents mieux encore. Mais treize pourraient suffire à nous transporter à Westeros. »
Les deux Dothrakies échangèrent un coup d’œil. « L’eau empoisonnée est maudite, Khaleesi, expliqua Irri. Les chevaux ne peuvent la boire.
— Je n’ai aucune intention d’en boire », leur promit Daenerys.
Quatre pétitionnaires seulement l’attendaient, ce matin-là. Comme toujours, lord Ghael fut le premier à se présenter, paraissant encore plus accablé que d’habitude. « Votre Gloire, gémit-il en s’abattant sur le marbre à ses pieds. Les armées des Yunkaïis fondent sur Astapor. Je vous en prie, venez au sud avec toutes vos forces !
— J’ai prévenu votre roi que sa guerre était une folie, lui rappela Daenerys. Il n’a pas voulu écouter.
— Le Grand Cleon n’avait pour seul but que de frapper les ignobles esclavagistes de Yunkaï.
— Le Grand Cleon est lui-même esclavagiste.
— Je sais que la Mère des Dragons ne nous abandonnera pas à l’heure de notre péril. Prêtez-nous vos Immaculés pour défendre nos remparts. »
Et si je le fais, qui défendra les miens ? « Nombre de mes affranchis ont été esclaves à Astapor. Peut-être certains voudront-ils défendre votre roi. Le choix leur appartient, ce sont des hommes libres. J’ai donné à Astapor sa liberté. À vous de la défendre.
— Alors, nous sommes tous morts. C’est la mort que vous nous avez donnée, et non la liberté. » Ghael se remit d’un bond sur pied et lui cracha au visage.
Belwas le Fort le saisit par l’épaule et le jeta contre le marbre avec tant de force que Daenerys entendit les dents de Ghael casser. Le Crâne-ras aurait fait pire, mais elle l’arrêta.
« Assez, dit-elle en se tapotant la joue avec une extrémité de son tokar. « Personne n’est jamais mort d’un crachat. Emmenez-le. »
Ils le traînèrent par les pieds, laissant derrière lui quelques débris de dents et une traînée de sang. Daenerys aurait volontiers renvoyé le reste des pétitionnaires… Mais elle demeurait leur reine, aussi les écouta-t-elle et s’efforça-t-elle de rendre la justice de son mieux.
Plus tard, cet après-midi-là, l’amiral Groleo et ser Barristan revinrent de leur inspection des galères. Daenerys réunit son conseil pour les écouter. Ver Gris était là, pour représenter les Immaculés. Skahaz mo Kandaq, les Bêtes d’airain. En l’absence de ses Sang-coureurs, un jaqqa rhan flétri du nom de Rommo, yeux plissés et jambes arquées, vint parler pour ses Dothrakis. Ses affranchis étaient représentés par les capitaines des trois compagnies qu’elle avait formées – Mollono Yos Dob des Boucliers fidèles, Symon Dos-zébré des Libres Frères, Marselen des Hommes de la Mère. Reznak mo Reznak papillonnait auprès de la reine, et Belwas le Fort se tenait derrière elle, ses bras énormes croisés. Daenerys ne manquerait pas de conseillers.
Groleo avait été un bien triste hère depuis qu’on avait démantelé son navire afin de construire les engins de siège qui avaient remporté Meereen pour Daenerys. Elle avait tenté de le consoler en le nommant lord Amiral, mais c’était un honneur vide de sens ; la flotte meereenienne avait pris la mer pour Yunkaï en voyant l’ost de Daenerys approcher de la cité, si bien que le vieux Pentoshi était un amiral sans marine. Et pourtant, maintenant, il souriait dans sa barbe éparse zébrée de sel, d’une façon dont la reine n’avait guère le souvenir.
« Les navires sont donc solides ? demanda-t-elle, avec un espoir.
— Convenables, Votre Grâce. Ce sont de vieux bâtiments, certes, mais bien entretenus pour la plupart. La coque de la Princesse Impollue est vermoulue. Je n’aimerais pas la piloter hors de vue des côtes. Un changement de gouvernail et de haubans ne ferait pas de mal au Narraqqa, et le Lézard Strié a quelques rames fendues, mais elles sont utilisables. Les rameurs sont des esclaves, mais si nous leur offrons un salaire décent de rameur, la plupart resteront avec nous. Ils ne savent que ramer. On pourra remplacer ceux qui partiront par des éléments puisés dans mes propres équipages. Le voyage jusqu’à Westeros sera long et dur, mais ces navires sont assez solides pour nous y mener, ce me semble. »
Reznak mo Reznak poussa un pitoyable gémissement. « Alors, c’est vrai. Votre Excellence a l’intention de nous abandonner. » Il se tordit les mains. « Les Yunkaïis rétabliront les Grands Maîtres à l’instant où vous partirez et nous, qui avons si fidèlement servi votre cause, nous seront passés par l’épée, nos tendres épouses et nos filles vierges violées et réduites en esclavage.
— Pas les miennes, grommela Skahaz Crâne-ras. Je les tuerai d’abord. » Il gifla la poignée de son épée.
Daenerys eut l’impression qu’il venait en fait de la gifler, elle. « Si vous redoutez ce qui suivra quand je partirai, accompagnez-moi à Westeros.
— Où la Mère des Dragons ira, les Hommes de la Mère la suivront, annonça Marselen, le dernier frère de Missandei.
— Comment ? » voulut savoir Symon Dos-zébré, ainsi dénommé pour l’entrelacs de cicatrices qui lui couturaient le dos et les épaules, un souvenir des coups de fouet qu’il avait reçus en tant qu’esclave à Astapor. « Treize vaisseaux… Cela ne suffit pas. Cent vaisseaux pourraient n’y pas suffire.
— Les chevaux de bois ne sont pas bons, objecta Rommo, le vieux jaqqa rhan. Les Dothrakis iront à cheval.
— Nos humbles personnes pourraient avancer par voie de terre, en suivant la côte, suggéra Ver Gris. Les vaisseaux pourraient se maintenir à leur hauteur et ravitailler la colonne.
— Cela serait faisable jusqu’à ce que vous atteigniez les ruines de Bhorash, déclara le Crâne-ras. Plus loin, vos vaisseaux devront virer vers le sud, au-delà de Tolos et de l’île des Cèdres, et contourner Valyria, tandis que l’infanterie continuera vers Mantarys par l’ancienne route des dragons.
— La route des démons, on l’appelle, désormais », glissa Mollono Yos Dob. Le dodu commandant des Boucliers fidèles ressemblait davantage à un scribe qu’à un soldat, avec ses mains maculées d’encre et sa lourde bedaine, mais il était aussi habile qu’on peut l’être. « Tant et plus d’entre nous périraient.
— Ceux restés derrière à Meereen envieraient leurs trépas faciles, se lamenta Reznak. Ils nous feront tous esclaves, ou nous jetteront dans l’arène. Tout redeviendra comme avant, ou pire.
— Où est passé ton courage ? s’emporta ser Barristan. Son Altesse vous a libérés de vos chaînes. À vous d’affûter vos épées et de défendre votre propre liberté, à son départ.
— Braves paroles, de la part de quelqu’un qui a l’intention de prendre la mer pour le couchant, riposta avec hargne Symon Dos-zébré. Jetterez-vous un regard derrière vous, pour nous voir mourir ?