Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]
Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
1 ... 72 73 74 75 76 77 78 79 80 ... 125
Перейти на страницу:

Mais comment ?

Un embryon de résolution frémit dans son esprit engourdi. Il avait encore ses communicateurs. Il pouvait contacter ses collègues en poste dans le présent. Ensuite… Pour le moment, il ne voyait pas comment agir. Cela dépassait les compétences d’un agent ordinaire. Il faudrait un Danellien pour traiter ce problème. Ou, faute de Danelliens, un agent non-attaché – si tant est qu’il en reste…

Emil Volstrup s’ébroua, comme un nageur qui aurait failli être englouti par les rouleaux, puis se mit au travail.

1765 av. J.C.

15 926 av. J.C.

1765 av. J.C.

Un souffle d’automne déferlait sur les collines. La fraîcheur matinale imprégnait les ruisseaux dévalant les coteaux et déposait du givre sur l’herbe. La forêt s’était dissociée en bosquets, grands ou petits ; si les sapins demeuraient noirs, les frênes viraient au jaune et les chênes se tachetaient d’ocre. Des armées d’oiseaux filaient dans le ciel : cygnes, oies sauvages et autres volatiles. Les cerfs se défiaient en combat singulier. Au sud, le Caucase murait le ciel de ses sommets enneigés.

L’agitation régnait dans le camp des Bakhri. Les hommes démontaient les tentes, chargeaient les chariots et y attelaient les bœufs, réunissaient les chevaux tractant les chars, pendant que les jeunes garçons rassemblaient les troupeaux avec l’aide des chiens. Ils se préparaient à passer l’hiver dans la plaine. Mais le roi Thuliash avait décidé d’accompagner Denesh, l’étranger, afin de lui faire ses adieux en privé.

« Tu gardes un secret par-devers toi, je n’en doute pas, ce qui prouve que tu es investi de certains pouvoirs », lui déclara-t-il d’un air grave. C’était un homme de haute taille, aux cheveux et à la barbe auburn, moins basané que la plupart de ses sujets. Vêtu d’une tenue ordinaire – tunique, culottes et jambières bordées de fourrure –, il tenait calée sur son épaule une hache de combat à la lame de bronze et au manche cerclé d’or. « Mais, en outre, j’ai appris à t’apprécier et regrette que tu ne puisses demeurer plus longtemps parmi nous. »

Denesh sourit. De carrure athlétique, avec un visage étroit, des cheveux gris et des yeux noisette, il rendait une bonne tête à son interlocuteur. Toutefois, il n’appartenait visiblement pas au peuple des Aryens, qui avaient conquis les tribus de la région quelques générations plus tôt. Et jamais il n’avait prétendu pareille chose. En fait, il ne disait rien sur lui, hormis qu’il voyageait en quête de sagesse. « Mon séjour a été fort agréable et je t’en remercie, répondit-il, mais ainsi que je te l’ai dit, à toi et aux sages de ta tribu, mon dieu m’appelle une nouvelle fois. »

Thuliash se signa en témoignage de respect. « Alors je prie Indra, le Seigneur du Tonnerre, afin qu’il ordonne à ses Maruts de veiller sur toi tant que tu resteras dans leur domaine ; et je chérirai les présents que tu m’as faits, les contes que tu nous as narrés, les chansons que tu nous as chantées. »

Denesh brandit sa hache pour répondre au compliment. « Que ta vie soit prospère, ô roi, et aussi celle de tes enfants et petits-enfants. »

Il monta sur son char, qui avançait à leurs côtés. Son cocher était déjà à son poste, un jeune homme sans doute originaire de la région – carrure d’athlète, nez camus, forte pilosité –, qui s’était montré plutôt taciturne pendant que son maître séjournait chez les Bakhri. Obéissant à son ordre, les deux chevaux partirent au petit trot, gravissant le coteau en biais pour se diriger vers les montagnes.

Thuliash regarda le char s’éloigner jusqu’à ce qu’il ait disparu à la vue. Les deux hommes n’avaient rien à redouter dans les highlands. Le gibier y était abondant, les habitants hospitaliers, et ils étaient trop bien armés pour craindre les bandits. En outre, même si Denesh était fort discret sur ses pouvoirs, c’était de toute évidence un sorcier. Si seulement il était resté… les Bakhri auraient pu changer d’avis et franchir les montagnes… Poussant un soupir, Thuliash soupesa ses armes et regagna le camp. Les conflits ne manqueraient pas durant les années à venir. Les tribus qui lui devaient allégeance devenaient trop importantes eu égard à leurs pâturages. Il comptait conduire la moitié d’entre elles de l’autre côté de la mer intérieure, puis plus loin vers l’est, pour conquérir de nouveaux territoires.

Les deux passagers du char étaient fort peu bavards. C’était sans problème qu’ils compensaient les cahots de leur course, mais leur esprit était avant tout préoccupé de souvenirs et de regrets accumulés durant les mois écoulés. Au bout d’une heure de route, ils arrivèrent sur une crête, une hauteur solitaire et battue par les vents. « Ça devrait suffire », dit Keith Denison[20] en anglais.

Agop Mikelian tira les rênes. Les chevaux épuisés stoppèrent sans renâcler. Si léger fût le char, ils se fatiguaient vite à le tracter sur un terrain aussi difficile, ne bénéficiant ni de licol, ni d’étriers ni même de fers – autant d’inventions appartenant encore à l’avenir. « Pauvres bêtes, on aurait dû s’arrêter plus tôt, dit le cocher.

— Il fallait être sûr que personne ne nous suivait, lui rappela Denison en sautant à terre. Ah ! ça fait presque autant de bien que de rentrer chez soi. » Il vit la grimace de son assistant. « Pardon. J’avais oublié.

— Ce n’est pas grave, dit l’autre en l’imitant. Je sais où aller, moi aussi. » La Patrouille l’avait recruté en 1908, juste après le massacre de Van. C’était avec joie qu’il plongeait dans le passé, enthousiaste à l’idée de reconstituer l’origine du peuple arménien. Il se fendit d’un sourire optimiste. « La Californie des années 1930, par exemple, pour profiter de la popularité de William Saroyan. »

Denison opina. « C’est vrai, vous m’en avez déjà parlé. » Ils n’avaient guère eu le temps de faire connaissance, si prenante était leur mission. Les agents – ou plutôt les hommes-années – n’étaient pas en nombre suffisant pour étudier dans les détails l’ensemble des migrations des premiers Indo-Européens. Mais c’était néanmoins une tâche vitale. Sans une description précise de tels événements historiques, comment la Patrouille pouvait-elle préserver la course du monde et l’émergence de l’avenir ? Denison et son assistant s’activèrent.

Mikelian s’était révélé un auxiliaire intelligent et digne de confiance. Vu l’expérience qu’il avait acquise, il jouerait sans nul doute un rôle plus important lors de leur prochaine expédition.

« Où est-ce que vous comptez aller, au fait ? demanda l’Arménien.

— Paris, 1980. J’y ai rendez-vous avec mon épouse.

— Pourquoi à ce moment-là ? Je croyais qu’elle était attachée à son époque d’origine, plus proche du milieu du XXe siècle. »

Denison s’esclaffa. « Vous oubliez les petits tracas de la longévité. Une personne sur qui les années n’ont aucune prise finit par attirer la curiosité de ses amis et voisins. Lorsque je suis parti pour cette mission, Cynthia était en train de mettre nos affaires en ordre avant de déménager. Elle doit activer sa nouvelle identité en 1981 – le nom reste le même, mais le domicile change. Sa nouvelle identité et la mienne, bien sûr – celle d’un mari anthropologue saisi par la bougeotte à intervalles réguliers. Et le meilleur moyen de nous couler dans un milieu postérieur au nôtre, c’est encore d’y prendre une année de vacances – et pourquoi pas à Paris ? »

Et je les aurai sacrement méritées, ces vacances. Et elle aussi, oui. Notre séparation aura duré moins longtemps pour elle, et elle aura eu de quoi s’occuper avec son travail pour la Patrouille et les préparatifs de notre déménagement, sans parler de toutes nos connaissances new-yorkaises dont il fallait endormir la méfiance. Toutefois, je suis sûr qu’elle se sera fait du souci et qu’elle aura pesté contre la règle lui interdisant de sauter quelques semaines en aval pour vérifier que je suis bien rentré. (Même une boucle causale aussi infime peut avoir des conséquences calamiteuses. C’est peu probable, d’accord, mais nous prenons assez de risques comme ça sans que ce soit la peine d’en rajouter. Je suis bien placé pour le savoir. Oh ! que oui.) Quant à moi, j’ai passé plus d’un trimestre parmi ces nomades.

вернуться

20

Voir « Le Grand Roi », in La Patrouille du temps. (N.d.T.)

1 ... 72 73 74 75 76 77 78 79 80 ... 125
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)