Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » L'apprenti [Prentice Alvin - fr]
L'apprenti [Prentice Alvin - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'apprenti [Prentice Alvin - fr]

Электронная книга - «L'apprenti [Prentice Alvin - fr]». Краткое содержание книги:

Au bord de la rivière Hatrack, près des forêts profondes où règne encore l’homme rouge, un enfant va naître en des circonstances tragiques. Un enfant au destin exceptionnel. Septième fils d’un septième fils, il détiendra, dit-on, les immenses pouvoirs d’un « Faiseur ! ». Si les forces du mal ne parviennent à le détruire. Car il existe un autre pouvoir, obscur, prêt à tout pour l’empêcher de vivre et de grandir.
Nous sommes dans les années 1800, sur la terre de pionniers américains. Mais dans ce monde parallèle opèrent charmes et sortilèges, on y possède des « talents » à la dimension de pouvoirs et, les ombres de présences bienveillantes ou maléfiques rôdent dans la nature. Un récit magique et flamboyant où l’enjeu n’est rien moins que le destin du monde.
1 ... 72 73 74 75 76 77 78 79 80 ... 103
Перейти на страницу:

— Alors l’oublie pas avant d’ouvrir ta goule », dit Vanderwoort.

Alvin observait Mock Berry qui jetait des regards en coin vers le poêle mais ne faisait rien pour s’en approcher. Personne de sensé n’aurait refusé un peu de chaleur un jour pareil, mais Mock Berry savait qu’il y avait pire que d’avoir froid. Il se dirigea donc vers le comptoir.

Vanderwoort savait forcément qu’il était là mais il continua un moment de regarder Martin et Marguerite jouer avec Arthur Stuart, sans s’occuper de lui.

« Suskwahenny, dit Marguerite.

— S.U.S K.W.A.H.E.N.N.Y, épela Arthur.

— J’gage que ce drôle, il lui suffirait de s’inscrire à un concours d’orthographe pour l’gagner, dit Vanderwoort.

— Vous avez un client », fit Alvin.

Vanderwoort se retourna, très lentement, et posa sur Mock Berry un regard dénué d’expression. Puis, d’un pas tout aussi lent, il se déplaça et s’arrêta devant lui sans un mot.

« Y m’faut jusse deux livres de farine et douze pieds d’corde d’un d’mi-pouce, dit Mock.

— Z’entendez ça ? fit Marguerite. Y veut s’blanchir la binette avant d’se pendre, pour sûr.

— Épelle « suicide », mon gars, dit Martin.

— S.U.I.C.I.D.E, fit Arthur Stuart.

— Pas d’crédit », prévint Vanderwoort.

Mock déposa quelques pièces sur le comptoir. Vanderwoort les regarda un instant. « Six pieds d’corde. »

Mock restait là sans rien dire.

Vanderwoort pareil.

Alvin savait qu’il y avait plus d’argent qu’il n’en fallait pour ce que Mock voulait acheter. Il avait du mal à croire que Vanderwoort augmentait ses prix pour un homme aussi pauvre et plus travailleur que n’importe qui au village. En fait, Alvin commençait à comprendre pourquoi Mock restait si pauvre. Il ne pouvait guère lui venir en aide, à moins de reprendre l’idée qu’Horace Guester avait autrefois appliquée pour le soutenir contre son patron Conciliant : obliger Vanderwoort à dire franchement les choses et à cesser de faire croire qu’il n’était pas si injuste que ça. Alvin reposa donc le papier que venait de lui remplir le commerçant. « J’suis désolé d’apprendre qu’y a pas d’crédit, dit-il. Je m’en retourne quérir de l’argent chez dame Guester. »

Vanderwoort regarda Alvin. Maintenant, soit il envoyait Alvin chercher l’argent, soit il avouait carrément qu’on faisait crédit aux Guester mais pas à Mock Berry.

Bien entendu, il opta pour une troisième solution. Sans un mot, il se rendit dans l’arrière-boutique et pesa la farine. Puis il mesura douze pieds de corde d’un demi-pouce. Vanderwoort avait la réputation de faire bonne mesure. Mais il avait aussi celle de pratiquer des prix corrects, ce qui expliquait la stupeur d’Alvin de le voir agir différemment avec Mock Berry.

Mock prit sa corde, sa farine et se dirigea vers la sortie.

« Vot’ monnaie », fit Vanderwoort.

Mock pivota, dissimulant mal sa surprise. Il revint et regarda Vanderwoort lui aligner une pièce de dix et trois autres d’un sou sur le comptoir. Après un instant d’hésitation, il les rafla d’un revers de main et les laissa tomber dans sa poche. « Merci, m’sieur », dit-il. Puis il ressortit dans la froidure.

Vanderwoort se tourna vers Alvin, l’air en colère, ou peut-être seulement irrité. « J’peux pas faire crédit à tout l’monde. »

Évidemment, Alvin lui aurait bien répliqué qu’il pouvait au moins demander le même prix aux Noirs qu’aux Blancs, mais il ne voulait pas se faire un ennemi de monsieur Vanderwoort, plutôt brave homme en définitive. Alvin se fendit donc d’un sourire amical. « Oh, j’connais qu’ vous pouvez pas, dit-il. Eux autres, les Berry, ils sont presque aussi pauvres que moi. »

Vanderwoort se détendit, ce qui signifiait qu’il tenait davantage à garder l’estime d’Alvin qu’à prendre une revanche pour avoir été mis dans l’embarras. « Faut comprendre, Alvin, c’est pas bon pour l’commerce s’y s’amènent icitte à tout bout d’champ. Il gêne pas l’monde, ton p’tit sang-mêlé – ils sont trognons quand ils sont tout p’tits –, mais ça fait fuir les genses, s’ils se disent qu’ils risquent d’en trouver un chez moi.

— J’connais qu’Mock Berry a toujours tenu sa parole, fit Alvin. Et personne a jamais dit qu’il avait volé, flemmardé ou n’importe quoi.

— Non, personne a jamais été raconter ce genre d’histoires sus lui.

— J’suis content d’connaître qu’on fait tous les deux partie d’vos clients, dit Alvin.

— Hé, r’garde-moi ça, Marguerite, fit Martin. J’crois que l’apprenti Alvin est mort et qu’il a viré prêcheur pour nous autres. Épelle « révérend », mon gars.

— R.É.V.É.R.E.N.D. »

Vanderwoort dut penser qu’il risquait d’y avoir du vilain et chercha donc évidemment à détourner la conversation. « Comme je disais, Alvin, ce p’tit sang-mêlé est sûrement l’meilleur épeleux du pays, tu crois pas ? C’que j’voudrais connaître c’est : pourquoi il irait pas s’inscrire au concours d’orthographe du comté qu’a lieu la semaine prochaine ? J’ai l’impression qu’y ferait gagner l’championnat à Hatrack River. Il pourrait même gagner l’championnat d’État, si tu veux mon avis.

— Épelle « championnat », demanda Marguerite.

— M’zelle Lamer m’a jamais appris c’mot-là, dit Arthur Stuart.

— Essaye quand même, dit Alvin.

— C.H.A.M.P, commença Arthur, I.O.N.A.

— Ça m’paraît bon, dit Marguerite.

— Ça montre que t’y connais pas grand-chose, fit Martin.

— Tu peux faire mieux, toi ? lança Vanderwoort.

— C’est pas moi qui vais faire l’championnat d’orthographe, répondit Martin.

— C’est quoi, un championnat d’orthographe ? demanda Arthur Stuart.

— Faut qu’on parte », dit Alvin, car il savait pertinemment qu’Arthur Stuart n’était pas un élève régulièrement admis à l’école primaire de Hatrack River et donc qu’il n’avait aucune chance de participer au moindre championnat d’orthographe. « Oh, monsieur Vanderwoort, j’vous dois deux biscuits que j’ai mangés.

— J’fais pas payer les amis pour un couple de biscuits, dit Vanderwoort.

— J’suis fier de connaître que j’fais partie d’vos amis », dit Alvin. Et il le pensait ; seul un brave homme, pris en flagrant délit de mauvaise action, pouvait ensuite se rattraper et traiter en ami celui qui l’avait mis devant sa faute.

Alvin remmaillota Arthur Stuart dans ses cache-nez, puis se remmitoufla de même et replongea dans la neige, portant cette fois tous les achats faits chez Vanderwoort dans un grand sac de toile. Il fourra le sac sous le siège du traîneau pour que la neige ne tombe pas dessus. Il souleva ensuite Arthur Stuart, l’installa à sa place et grimpa à son tour. Les chevaux avaient l’air bien contents de repartir – ils attrapaient de plus en plus froid à rester comme ça dans la neige sans bouger.

Sur le chemin du retour vers l’auberge, ils trouvèrent Mock Berry et le ramenèrent chez lui. L’homme ne dit pas un mot sur l’incident du magasin, mais Alvin savait qu’il n’en appréciait pas moins son geste. Dans son idée, Mock Berry se sentait honteux de devoir à la seule intervention d’un apprenti de dix-huit ans d’avoir eu bonne mesure à un prix honnête dans le magasin de Vanderwoort – tout ça parce que le jeune homme était blanc. Pas le genre de chose dont on aime parler.

« Donnez bien l’bonjour à dame Berry, dit Alvin tandis que Mock sautait du traîneau à l’entrée du chemin de sa maison.

— J’y manquerai pas, fit Mock. Et merci de m’avoir ramené. » Au bout de six pas, il avait disparu dans les bourrasques de neige. La tempête empirait de minute en minute.

1 ... 72 73 74 75 76 77 78 79 80 ... 103
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)