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Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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« Tancrède, arrête !

— Engilbert ! »

Tancrède relâcha immédiatement son étreinte et Engilbert put à nouveau respirer. Il se mit à tousser et dut s’appuyer contre le mur pour reprendre son souffle.

« Bon sang, Engilbert ! Ne me refais jamais ça si tu veux vivre vieux ! »

Engilbert voulut répondre, mais une nouvelle quinte de toux l’en empêcha.

« Désolé pour toi mon vieux, mets la tête en arrière, ça ira mieux.

— Pourquoi diable apprend-on aux hommes à faire des choses pareilles, parvint à articuler Engilbert, la voix rauque.

— Pour tuer. Que faisais-tu donc ici à une telle heure ?

— Je te retourne la question. »

Même s’il respirait désormais normalement, il continuait à se masser la gorge. Comme Tancrède ne répondait pas, il reprit : « En fait, je te cherchais. Et j’étais sûr de te trouver là.

— Pourquoi ?

— Tu as décidé de mener ta petite enquête, n’est-ce pas ? »

Tancrède n’aimait pas beaucoup le ton inquisiteur de son ami. Cependant, il ne voyait pas de raison de lui cacher ce qu’il avait découvert.

« Je l’admets, en effet. Et figure-toi que j’ai eu raison. Il se passe des choses pour le moins étranges ici.

— Pourquoi ? Qu’as-tu trouvé ?

— Viens, rentrons à la cabine, il vaut mieux ne pas attirer l’attention. Je t’explique en marchant. »

Le chemin du retour passait par l’Allée Centrale. Pour celui qui était accoutumé à l’emprunter en journée, grouillante de vie et pleine de bruit, la voir de nuit, déserte et silencieuse, était assez déconcertant. Tancrède se surprit à chuchoter, comme s’il était dans une cathédrale.

« J’ai découvert une planque.

— Une planque ?

— Oui, et pas un truc bricolé à la va-vite. Cette planque a été installée de manière optimale. L’entrée est si bien camouflée dans un panneau d’isolation que j’ai eu de la chance de la découvrir. Et comme par hasard… elle se trouve non loin de l’endroit où on a retrouvé le corps de Viviane. »

Engilbert sentait que cette histoire n’allait pas lui plaire.

« L’endroit est prévu pour une seule personne et contient de quoi tenir sans problème jusqu’à la fin du voyage. Mais surtout, j’y ai découvert quelque chose de spécial : une caisse homéostatique. Ce n’est pas le genre de boîte dans laquelle on transporte n’importe quoi et je te parie qu’on y trouverait certainement quelque chose d’intéressant. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de l’examiner en détail, il est arrivé à ce moment-là.

— L’occupant des lieux ?

— Oui, et j’ai bien failli me faire repérer. Mais j’ai réussi à sortir à temps pour me planquer.

— Tu as pu voir son visage ?

— Non. Il portait une robe de bure comme je n’en avais encore jamais vu, capable d’absorber presque toute la lumière. Regarder cet homme, c’était comme essayer de voir au fond d’un puits sombre.

— Une bure ? Tu ne vas quand même pas me dire que cet homme était un moine ?

— Non, ça ne veut rien dire. »

Soudain, Engilbert eut l’air de penser à quelque chose.

« J’espère que tu ne vas pas me parler de cette histoire délirante qui circule parmi les hommes. Ce croque-mitaine…

— Le Foudroyeur ?

— Et voilà. Exactement ce que je craignais.

— Je ne dis pas qu’il s’agit de lui, néanmoins il est difficile de ne pas faire le rapprochement.

— Allons, Tancrède ! Tu sais comme moi que cette histoire ne tient pas debout !

— Peut-être. Quoi qu’il en soit, je peux te dire que l’homme que j’ai vu tout à l’heure était très entraîné, ça, c’est certain. J’ai eu un mal de chien à réguler ma respiration pour dissimuler totalement ma présence. »

Il omit volontairement son hypothèse des implants psychoactifs. Trop étrange, presque surnaturel. Cela ne manquerait pas de décrédibiliser le reste de son histoire aux yeux d’une personne sensée comme Engilbert.

« Tu penses que cet homme a tué Viviane ? » demanda Engilbert, même s’il se doutait déjà la réponse.

Tancrède s’arrêta pour lui faire face.

« Je pense qu’un jour, il n’a pas été assez prudent en sortant de sa cachette. Il est tombé sur la malheureuse qui finissait son service et il l’a tuée pour ça ! Il ne doit pas trop apprécier les témoins. »

Brusquement affligé, Engilbert baissa la tête.

« Que Dieu ait son âme. Mourir comme ça, c’est si… injuste. Si cet homme a vraiment fait cela, il doit répondre de son crime ! »

Ils se remirent en marche.

« Sur ce point, nous sommes d’accord, Engilbert. Seulement, il n’est pas venu là tout seul. Pour monter clandestinement à bord et se trouver une planque de cette qualité, il a forcément été aidé par des personnes influentes. »

Engilbert nota que son lieutenant commençait à montrer des signes d’agitation. Ses mains tremblaient un peu et il s’exprimait en faisant de grands gestes. Cela contrastait avec la sobriété habituelle de son attitude.

« Mais quelles personnes, tu en as une idée ?

— Pas encore. »

La dureté du ton de Tancrède traduisait une sorte de colère rentrée.

« Probablement des corrompus de la même espèce que ceux qui gravitent dans les plus hautes sphères du pouvoir, trompant le Saint-Père et commettant les pires ignominies en son nom. Les mêmes qui détournent l’idéal chrétien afin qu’il ne représente pas un obstacle à l’accomplissement de leurs objectifs méprisables. Les mêmes qui nous ont envoyés à Surat, moi et mes hommes, au cœur de l’enfer, pour nous sacrifier sur l’autel de leur incompétence ! Les mêmes qui… »

Tancrède croisa le regard d’Engilbert qui le dévisageait d’un air inquiet. Il s’interrompit aussitôt.

Un silence gênant s’installa. En arrivant devant la porte de leur cabine, Engilbert s’arrêta sur le seuil sans ouvrir la porte : « Ne le prends pas mal Tancrède, mais je crains que tu ne verses un peu dans la paranoïa. Tu prends peut-être cette histoire trop à cœur. Je comprends que la mort de Viviane…

— Non, Engilbert. Je me borne à constater des faits. Aurais-tu déjà oublié ce type de la Legio Sancta qui observait discrètement notre enquêteur ?

— On a peut-être exagéré cette histoire. C’était probablement un hasard.

— Et ce que j’ai vu tout à l’heure, c’était un hasard aussi ? grogna Tancrède, irrité par le scepticisme de son ami. Mais ne t’en fais pas, je finirai par découvrir qui se cache derrière tout ça. »

Il actionna la commande d’ouverture de la porte et s’apprêtait à franchir le seuil de la cabine lorsqu’Engilbert le retint bras.

« Pense ce que tu veux, Tancrède, lui dit-il en chuchotant, mais laisse Liétaud en dehors de tout ça. Il lui faudra déjà longtemps pour se remettre de la mort de Viviane, alors ne le replonge pas sans arrêt dans cette histoire. »

Tancrède ne répondit rien, se contentant de regarder la main qui lui retenait le bras. Engilbert finit par lâcher et, sans un mot de plus, le Normand entra dans la cabine.

* * *

Sable. Cascade de sable.

Mirages. Trop de soleil.

Pourquoi est-il là ? Qui l’a fait venir ?

Je t’ai trouvé.

Le roc. La pierre est froide.

Suis ma voix.

L’ombre est fraîche, enfin. Il essaie de se mettre debout, mais ses jambes sont encore trop faibles.

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