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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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« Ne fais pas ça », dit Barbie. Mais bien entendu, Frankie ne l’écouta pas. Splatch, en pleine figure. Une douche à la Budweiser Light. Plusieurs personnes bien imbibées avaient ri et applaudi.

« Et maintenant tu sors, qu’on règle ça ? dit Frankie. Ou j’attends, si tu préfères. Dernier appel, Baaarbie. »

Barbie l’avait suivi. Il avait compris que si ce n’était pas maintenant, ce serait plus tard et estimait que s’il matait Frankie tout de suite, avant que trop de gens assistent à la bagarre, les choses en resteraient là. Il pourrait même s’excuser et lui répéter qu’il n’avait jamais couché avec Angie. Il n’ajouterait pas que c’était en fait Angie qui l’avait harcelé, même s’il pensait que beaucoup le savaient (Rose et Anson, sans aucun doute). Avec un nez en sang pour lui remettre les idées en place, peut-être que Frankie comprendrait ce qui était si évident aux yeux de Barbie : c’était ainsi que cette petite gourde pensait se venger.

D’abord, il lui sembla que l’affaire allait se passer ainsi. Frankie se tenait les pieds bien à plat sur le gravier, avec deux ombres bien nettes dans le dos (les deux lampadaires qui éclairaient le parking), brandissant les poings comme le boxeur John Sullivan. Mauvais, costaud et stupide : rien qu’un bagarreur de village. Habitué à descendre son adversaire d’un seul grand coup de poing, avant de le ramasser et de lui en donner une série de petits jusqu’à ce que l’autre crie grâce.

Il s’avança d’un pas glissant et attaqua avec sa botte pas si secrète : un uppercut que Barbie évita de la manière la plus élémentaire, en écartant légèrement sa tête. Il contra par un direct au plexus solaire. Frankie s’effondra, une expression de surprise sur la figure.

« On n’est pas obligés de… », avait commencé Barbie, mais c’est alors que Junior l’avait frappé par-derrière, dans les reins, probablement les mains croisées pour faire un poing plus gros. Barbie était parti en avant. Carter Thibodeau, s’avançant entre deux voitures, était là pour l’accueillir, ce qu’il avait fait avec un grand swing. Le coup aurait pu casser la mâchoire de Barbie s’il avait porté, mais Barbie avait levé le bras à temps. Il avait gardé du contact le bleu le plus marqué de la bagarre, un bleu qui tournait au jaunâtre au moment où il s’était apprêté à quitter la ville, le Jour du Dôme.

Il avait pivoté de côté. Il venait de tomber dans une embuscade et il savait qu’il fallait dégager avant que quelqu’un ne fût sérieusement blessé. Pas forcément lui. Il ne demandait qu’à courir ; il n’était pas orgueilleux. Il avait déjà fait trois pas lorsque Melvin Searles lui avait fait un croc-en-jambe. Barbie s’était étalé sur le gravier et les coups de pied avaient commencé. Il s’était protégé la tête avec les bras, mais une grêle de coups de pieds bottés de cuir avait plu sur ses jambes, ses fesses, son dos. L’un d’eux l’avait atteint dans les côtes, juste avant qu’il réussisse à se faufiler à genoux derrière le camion de Stubby Norman (MOBILIER ACHAT VENTE et ANTIQUITÉS AU MEILLEUR PRIX).

Il avait alors perdu son calme, et n’avait plus pensé à fuir. Il s’était relevé et leur avait fait face, tendant les mains vers eux paume ouverte, agitant les doigts. Venez, mes petits. L’espace dans lequel il se tenait était étroit. Ils seraient obligés d’y passer l’un après l’autre.

Junior avait été le premier ; son enthousiasme avait été récompensé par un coup de pied au ventre. Barbie portait des Nike et non pas des bottes, mais il avait frappé fort et Junior s’était plié en deux à côté du camion, le souffle coupé. Frankie s’était précipité à son tour et Barbie lui en avait collé deux en pleine figure — des coups destinés à faire mal, mais pas tout à fait assez durs pour lui casser quelque chose. Son bon sens avait fait sa réapparition.

Crissement du gravier. Il s’était retourné à temps pour recevoir le poing de Thibodeau qui arrivait derrière lui. Il avait été touché à la tempe. Il avait vu des étoiles. (« Ou c’était peut-être une comète », dit-il à Brenda en ouvrant le robinet de la nouvelle bonbonne.) Thibodeau s’était avancé. Barbie lui avait porté un coup de pied à la cheville. Le sourire de Thibodeau s’était transformé en grimace. Il était tombé sur un genou, l’air d’un joueur de football tenant le ballon. Sauf qu’en général, le porteur de ballon n’est pas agrippé à sa cheville.

Stupidement, Thibodeau avait crié : « Putain de tricheur !

— Regarde ce que t’as… »

Barbie n’avait pas été plus loin, crocheté au cou par Melvin Searles. Barbie avait expédié son coude dans l’estomac de Searles et entendu le grognement produit par l’air qui s’échappait. Senti des odeurs, aussi : bière, cigarette, whisky. Il s’était retourné, se doutant que Thibodeau se jetterait probablement encore sur lui avant qu’il ait pu sortir de l’étroit passage entre les véhicules où il avait battu en retraite, se fichant désormais de tout. Une douleur lancinante irradiait dans son visage, dans ses côtes et il avait décidé — la chose lui paraissant tout à fait raisonnable — d’expédier le quatuor à l’hôpital. Ils auraient tout le temps de discuter de ce qu’était un combat à la loyale ou une tricherie en signant mutuellement leurs plâtres.

C’était à ce moment-là que le chef Perkins — appelé par Tommy ou Willow Anderson, l’un des deux propriétaires de la boîte — était arrivé dans le parking, tous ses gyrophares en action, phares allumés. Les combattants s’étaient trouvés aussi illuminés que des acteurs sur une scène.

Perkins avait lancé une fois la sirène, juste un hululement. Puis il était descendu du véhicule et avait remonté son ceinturon autour de sa taille considérable.

« Un peu tôt dans la semaine pour ces petits jeux, n’est-ce pas, les gars ? »

À quoi Junior avait répondu…

11

Mais Brenda n’avait pas besoin que Barbie lui raconte la suite ; elle la tenait de Howie et n’avait pas été étonnée. Déjà, enfant, Junior avait été un affabulateur impénitent, en particulier quand ses intérêts étaient en jeu.

« À quoi il a répondu, c’est le cuistot qui a commencé. C’est bien ça ?

— C’est bien ça. »

Barbie appuya sur le bouton du générateur qui se mit aussitôt à ronronner. Il sourit à Brenda, en dépit de la rougeur qui lui montait aux joues. Ce qu’il venait de lui raconter n’était pas son histoire de prédilection. Même s’il supposait qu’il préférerait toujours raconter celle-ci plutôt que celle d’un certain jour dans un gymnase de Falludjah. « Et voilà, dit-il. Lumière, moteur, action.

— Merci. J’en ai pour combien de temps ?

— Deux jours seulement, mais la situation sera peut-être réglée d’ici là.

— Ou pas. Je suppose que vous savez qui vous a épargné de vous retrouver au violon du comté, ce soir-là ?

— Bien sûr, répondit Barbie. Votre mari a été témoin de la fin. Quatre contre un. C’était difficile de ne pas s’en rendre compte.

— N’importe quel autre flic aurait pu ne pas s’en rendre compte, même si ça s’était passé sous son nez. Et c’était juste un coup de chance si Howie était de service ce soir-là ; normalement, c’était le tour de George Frederick, mais il s’était fait porter pâle. La grippe… On pourrait peut-être parler de Providence plutôt que de chance.

— On pourrait, admit Barbie.

— Voulez-vous entrer, Mr Barbara ?

— Et si nous restions assis dehors ? Si vous n’y voyez pas d’inconvénient. Il fait bon.

— Ça me va aussi. Le temps va se rafraîchir bien assez vite. Ou pas, hein ? »

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