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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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— Non, évidemment pas… »

Mais Big Jim était lancé plein pot : « Toutes les villes ont leurs fourmis, ce qui est bien, et leurs cigales, qui ne sont pas si bien mais qu’on peut supporter parce qu’on peut leur faire faire ce qui est dans leur propre intérêt, même si on doit un peu leur serrer la vis. Mais chaque ville a aussi ses sauterelles, comme dans la Bible, des gens dans le genre de Bushey. Pour ceux-là, il faut pas y aller avec le dos de la cuillère. Ça ne te plaît peut-être pas et ça ne me plaît peut-être pas, mais les libertés individuelles vont devoir aller faire un petit tour jusqu’à ce que ce truc-là soit terminé. Et nous aussi, nous ferons des sacrifices. À commencer par la fermeture de notre petite affaire, pas vrai ? »

Andy ne voulut pas lui faire remarquer qu’en réalité ils n’avaient pas le choix, étant donné qu’ils ne disposaient d’aucun moyen d’expédier leur came au-delà des limites de la ville, et s’en tint à un simple oui. Il n’avait aucune envie d’en discuter davantage, et il redoutait la réunion qui devait suivre et traînerait peut-être jusqu’à minuit. Tout ce dont il avait envie, c’était de rentrer chez lui, dans sa maison vide, d’avaler une bonne rasade, puis de se coucher, de penser à Claudie et de s’endormir à force de pleurer.

« Ce qui compte à présent, mon vieux, c’est de maintenir les choses en place. Ce qui est synonyme de loi, d’ordre, d’anticipation. Notre anticipation, parce que nous ne sommes pas des cigales, nous. Nous sommes des fourmis. Des fourmis soldats. »

Big Jim prit un temps de réflexion. Lorsqu’il parla à nouveau, il avait retrouvé son ton d’entrepreneur. « Je repense à notre décision de laisser le Food City continuer à ouvrir comme d’habitude. Je ne dis pas que nous allons le faire fermer — en tout cas pas tout de suite — mais nous allons surveiller de près ce qui s’y passe au cours des deux prochains jours. Le surveiller avec un œil de faucon. Pareil avec le Gas & Grocery. Et ce ne serait peut-être pas une si mauvaise idée de nous approprier une partie des denrées les plus périssables pour notre usage person… »

Il s’arrêta, les yeux plissés, scrutant les marches de l’hôtel de ville. Il avait du mal à croire à ce qu’il voyait et il leva une main pour bloquer la lumière du couchant. C’était toujours là : Brenda Perkins et ce casse-pieds de première de Dale Barbara. Pas côte à côte, d’ailleurs. Assise entre eux et parlant avec animation avec la veuve de l’ancien chef de la police, se trouvait Andrea Grinnell, troisième conseiller. Apparemment, ils échangeaient des feuilles de papier.

Big Jim n’aimait pas ça.

Pas du tout.

2

Il fonça, avec la ferme intention de mettre un terme à cette conversation, quel qu’en fût le sujet. Mais il n’avait pas fait une douzaine de pas qu’un gosse courut à lui. C’était l’un des fils Killian. On comptait une bonne douzaine de Killian, habitant une ferme délabrée d’élevage de poulets près de la limite entre Chester’s Mill et Tarker’s Mill. Aucun des gamins n’était bien brillant — ce qui n’était déjà pas si mal, si l’on considérait les parents minables dont ils étaient issus — mais tous étaient des membres ponctuels de l’église du Christ-Rédempteur ; en d’autres termes, ils étaient tous sauvés. Celui-ci, c’était Ronnie…, semblait-il à Rennie, car c’était difficile d’en être sûr. Ils avaient tous la même tête ronde aux sourcils saillants et au nez aquilin.

Le garçon portait un T-shirt en lambeaux de WCIK et tenait une note à la main. « Hé, Mr Rennie ! Sans blague, j’ai fait tout le tour de la ville pour vous trouver.

— J’ai bien peur de ne pas avoir le temps de parler, Ronnie », répondit Big Jim. Il regardait toujours le trio assis sur les marches de l’hôtel de ville. Les trois maudits comparses. « Demain peut…

— C’est Richie, Mr Rennie — Ronnie, c’est mon frère.

— Bien sûr, Richie. Si tu veux bien m’excuser, maintenant. »

Big Jim s’éloigna.

Andy prit la note des mains du garçon et rattrapa Rennie avant qu’il ait atteint les marches. « Tu ferais mieux de regarder ça. »

Ce que Big Jim vit tout d’abord fut la figure d’Andy, plus crispée et inquiète que jamais. Puis il prit la note.

James,

Il faut qu’on se voie ce soir même. Dieu m’a parlé. Je dois maintenant te parler à toi avant de parler à la ville. Je t’en prie, réponds. Richie Killian me portera ton message.

Révérend Lester Coggins

Il n’avait signé ni Les, ni même Lester. Mais Révérend Lester Coggins. Ça ne lui disait rien de bon. Pourquoi, mais pourquoi bon sang tout devait-il arriver en même temps ?

Le garçon se tenait devant la librairie, l’air d’un pauvre petit orphelin avec son T-shirt délavé et déchiré, son jean trop grand qui pochait et lui tombait sur les fesses. Big Jim lui fit signe. Le garçon accourut vivement. Le deuxième conseiller prit son stylo (sur lequel était écrit BIG JIM LE ROI DES BONNES AFFAIRES) et griffonna trois mots en réponse : Minuit. Chez moi. Il replia la note et la tendit au garçon.

« Porte-lui ça. Et ne lis pas.

— Je ne lirai pas ! Promis-juré ! Dieu vous bénisse, Mr Rennie.

— Toi aussi, fiston. »

Il regarda le gamin partir en courant.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Andy. Et avant que Big Jim ait le temps de répondre, il ajouta : « La fabrique ? est-ce que c’est la métha…

— La ferme. »

Andy recula d’un pas, choqué. Big Jim ne lui avait encore jamais parlé sur ce ton. C’était très mauvais signe.

« Une chose à la fois », dit Big Jim.

Sur quoi il repartit au pas de charge vers le problème suivant.

3

En regardant Rennie s’approcher, la première idée qui vint à l’esprit de Barbie fut : il marche comme un malade qui ne sait pas qu’il l’est. Il marchait aussi comme un homme qui avait passé sa vie à botter des fesses. Il arborait également son sourire mondain le plus carnivore lorsqu’il prit les mains de Brenda et les serra. Elle se laissa faire avec calme et de bonne grâce.

« Brenda, dit-il, mes plus sincères condoléances. Je serais passé vous voir plus tôt… et bien sûr j’assisterai aux funérailles… mais j’ai été un peu pris. Comme tout le monde.

— Je comprends, répondit Brenda.

— Duke nous manque tellement.

— C’est vrai, renchérit Andy, s’alignant derrière Big Jim tel un remorqueur derrière un transatlantique. Terriblement vrai.

— Je vous remercie beaucoup, tous les deux.

— Et je ne demanderai pas mieux que de parler de tout ce qui vous inquiète… je vois bien ce qu’il en est… » Le sourire de Big Jim s’élargit, mais n’approcha pas ses yeux d’un millimètre. « Nous avons une réunion très importante. Andrea, je me demande si tu ne pourrais pas aller devant et préparer les dossiers. »

Bien qu’approchant la cinquantaine, Andrea avait l’air d’une enfant surprise à voler un morceau de la tarte qui refroidit sur le bord de la fenêtre. Elle fit mine de se lever (la douleur dans son dos la faisant grimacer), mais Brenda la prit par le bras, fermement. Andrea se rassit.

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