Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
« Est-ce qu’on lui administre de l’épinéphrine, docteur ? » demanda Ginny. Calme, sereine, se contrôlant bien — mais épuisée, semblait-il, à la limite de l’effondrement.
« N’ai-je pas été clair ? Je ne prolongerai pas l’agonie de ce gamin. » Le médecin tendit la main vers l’interrupteur rouge, à l’arrière de l’appareil de respiration assistée. Un petit malin — Twitchell, peut-être — avait placé, en dessous, un autocollant sur lequel on lisait À COUPER LE SOUFFLE ! « Souhaitez-vous exprimer une opinion contraire, Rusty ? »
Rusty réfléchit à la question, puis secoua lentement la tête. Le résultat positif du test de Babinsky indiquait la présence de dommages majeurs au cerveau, mais le point déterminant était qu’il n’y avait plus aucune chance. Qu’il n’y en avait jamais eu la moindre, en réalité.
Haskell abaissa l’interrupteur. Rory Dinsmore inspira laborieusement tout seul, essaya une seconde fois, puis renonça.
« Je l’ai fait…, dit le Dr Haskell en regardant la grosse horloge murale, à dix-sept heures quinze. Voulez-vous noter l’heure de la mort, Ginny ?
— Oui docteur. »
Haskell abaissa son masque et Rusty remarqua avec inquiétude que le vieil homme avait les lèvres bleues. « Sortons d’ici, dit-il. Cette chaleur me tue. »
Mais ce n’était pas la chaleur ; c’était son cœur. Il s’effondra à mi-chemin du couloir, alors qu’il allait annoncer la mauvaise nouvelle à Alden et Shelley Dinsmore. Rusty dut procéder à une injection d’épinéphrine, en fin de compte, mais elle ne servit à rien. Pas plus que le massage cardiaque. Ou le stimulateur cardiaque.
Heure de la mort, dix-sept heures quarante-cinq. Ron Haskell avait survécu exactement une demi-heure à son dernier patient. Rusty était assis sur le sol, adossé au mur. C’était Ginny qui s’était chargée d’avertir les parents ; d’où il était assis, la tête dans les mains, Rusty entendait les cris de chagrin de la mère. Ils résonnaient dans les couloirs de l’hôpital presque vide. On aurait dit qu’elle n’allait jamais s’arrêter.
9
Barbie se dit que la veuve du chef de la police avait dû être d’une très grande beauté. Même aujourd’hui, avec les cernes noirs qui soulignaient ses yeux et des vêtements choisis au petit bonheur la chance (des jeans délavés et un haut qui devait être celui d’un pyjama, Rusty en était presque certain), Brenda Perkins sortait de l’ordinaire. Il se dit aussi que les personnes intelligentes, peut-être, ne perdent que rarement leur beauté — à condition d’avoir été belles au départ, bien sûr — et il vit la finesse d’esprit briller dans son œil. Quelque chose d’autre, aussi. Elle était peut-être en deuil, mais cela n’avait pas tué sa curiosité pour autant. Et pour l’instant, l’objet de sa curiosité, c’était lui.
Par-dessus l’épaule de Barbie, elle regarda la voiture de Julia qui repartait en marche arrière dans l’allée. Elle leva les mains en un geste qui disait : mais où vas-tu ?
Julia se pencha par la fenêtre et lança : « Je dois vérifier que le journal sort bien ! Il faut aussi que je passe par le Sweetbriar Rose et fasse part de la mauvaise nouvelle à Anson Wheeler — il est de corvée de sandwichs, ce soir. Ne t’inquiète pas, tu peux lui faire confiance ! » Et, avant que Brenda ait pu répondre ou protester, Julia roulait déjà dans Morin Street, à croire qu’elle partait en croisade. Barbie aurait préféré être avec elle, et avoir pour seul objectif la préparation de quarante sandwichs jambon-fromage et quarante sandwichs au thon.
Julia partie, Brenda reprit son inspection. Ils étaient de part et d’autre de l’écran de la moustiquaire. Barbie avait l’impression d’être en entretien d’embauche face à un DRH peu commode.
« C’est vrai ? demanda Brenda.
— Je vous demande pardon, madame ?
— On peut vous faire confiance ? »
Barbie réfléchit. Deux jours auparavant, il aurait répondu oui, bien sûr que oui, mais aujourd’hui, il se sentait davantage soldat à Falludjah que cuistot à Chester’s Mill. Il s’en tira en répondant qu’il était un chien à qui on avait appris où était sa niche, ce qui la fit sourire.
« Eh bien, il faudra que je me contente d’en juger par moi-même, dit-elle. Même si, en ce moment, mon jugement n’est pas à son meilleur niveau. Je viens de subir une perte terrible.
— Je sais, madame. Vous m’en voyez tout à fait désolé.
— Merci. L’enterrement est pour demain. La cérémonie aura lieu dans ce salon funéraire minable de Bowie qui vivote comme il peut, si je puis dire, alors que presque tout le monde a recours aux services du Crosman’s, à Castle Rock. Les gens appellent l’établissement de Stewart Bowie la grange à cercueils. Stewart est un idiot et son frère Fernald est encore pire, mais c’est tout ce que nous avons, maintenant. Tout ce que j’ai. »
Elle soupira comme si elle était confrontée à une corvée dépassant ses forces. Et pourquoi pas ? se dit Barbie. La mort d’un être aimé peut engendrer bien des choses, et le travail est certainement l’une d’elles.
Elle prit Barbie par surprise en sortant le rejoindre sous le porche. « Faisons le tour, Mr Barbara. Il est possible que je vous invite plus tard à entrer, mais pas tant que je ne me sentirai pas en confiance avec vous. En temps ordinaire, je prendrais pour argent comptant une recommandation faite par Julia, mais ce ne sont pas des temps ordinaires. » Elle l’entraîna le long de la maison, sur un gazon parfaitement entretenu et débarrassé des feuilles d’automne. Sur la droite, une palissade de planches séparait le domicile des Perkins de celui de leurs voisins ; sur la gauche, il y avait des massifs de fleurs tout aussi bien entretenus que le gazon.
« Les fleurs, c’était le passe-temps de mon mari. J’imagine que vous devez trouver que c’est un loisir bizarre, pour un représentant de l’ordre.
— En fait, pas du tout.
— Moi non plus. Mais nous sommes minoritaires, vous et moi. Les petites villes abritent de petites imaginations. Grace Metalious et Sherwood Anderson[16] avaient raison sur ce point. »
Ils tournèrent à l’angle de la bâtisse et entrèrent dans un jardin agréablement agencé. « De plus, reprit-elle, je me retrouve sans lumière. J’ai bien un générateur, mais il s’est arrêté ce matin. Panne sèche, j’imagine. Il y a bien une bonbonne de rechange, mais je ne sais pas comment on l’installe. Howie m’agaçait, avec son générateur. Il voulait m’apprendre comment l’entretenir. J’ai refusé. Avant tout par dépit. » Une larme déborda d’un de ses yeux et roula sur sa joue. Elle l’essuya sans y penser. « Je m’excuserais auprès de lui maintenant, si je pouvais. Je reconnaîtrais qu’il avait raison. Mais ce n’est pas possible, n’est-ce pas ? »
Barbie savait faire la part entre une question rhétorique et une vraie. « Si c’est simplement la bonbonne, proposa-t-il, je peux vous la changer.
— Merci, dit-elle en l’entraînant jusqu’à une table à côté de laquelle il y avait une glacière Igloo. J’allais demander à Henry Morrison de le faire et j’avais aussi l’intention d’acheter d’autres bonbonnes au Burpee’s, mais le temps que j’aille jusqu’à Main Street, en début d’après-midi, le magasin était fermé et Henry était parti pour la ferme Dinsmore, comme tout le monde. Pensez-vous que je pourrai encore m’en procurer une ou deux demain ?
16
Auteurs de deux best-sellers respectivement des années 1950 et 1930 sur la vie dans la banlieue américaine.