Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Quels problèmes ? »
Il crut un instant qu’elle allait garder cela pour elle, encore une fois, mais elle répondit : « Dépendance aux médicaments. Des antidouleur. J’ignore à quel point.
— Et je suppose que c’est la pharmacie Sanders qui exécute ses ordonnances ?
— Oui. Je suis consciente que c’est une solution imparfaite et que vous allez devoir faire très attention, mais… Jim Rennie sera peut-être obligé, par la force des choses, d’accepter votre intervention, au moins pendant quelque temps. Quant à vous laisser la réalité du pouvoir (elle secoua la tête), jamais. Il se torchera avec toute proclamation de loi martiale, signée ou non du Président. Je… »
Elle se tut. Ses yeux regardaient au loin, derrière Barbie, et s’agrandissaient.
« Mrs Perkins ? Brenda ? Qu’est-ce qui se passe ?
— Oh, oh mon Dieu… »
Barbie se tourna et ce qu’il vit le réduisit lui-même au silence. Le soleil descendait vers l’horizon, très rouge, comme c’est souvent le cas à la fin d’une journée chaude et belle qu’aucune averse n’est venue gâcher. Mais de sa vie, jamais il n’avait vu un tel coucher de soleil. Il se dit que les seules personnes en ayant contemplé de semblables étaient celles qui s’étaient trouvées au voisinage d’un volcan en éruption.
Non, même pas elles. Ce truc est totalement inédit.
Le soleil déclinant n’était pas une boule. Mais une forme rappelant un nœud papillon gigantesque, dont le centre circulaire irradiait. Le ciel occidental était encrassé comme par une pellicule de sang qui tournait à l’orange de plus en plus clair en prenant de l’altitude. L’horizon était presque invisible dans l’éclat aveuglant et brouillé.
« Seigneur Jésus, c’est comme lorsqu’on essaie de voir à travers un pare-brise sale quand on roule plein ouest », dit Brenda.
Et c’était exactement cela, bien entendu, à ceci près que le Dôme était le pare-brise. Pollens et poussières avaient commencé à se poser sur lui. Les particules de pollution aussi. Et cela ne ferait qu’empirer.
Va falloir nettoyer tout ça, songea-t-il, évoquant des armées de volontaires équipés de seaux et de chiffons. Absurde. Comment ferait-on au-delà de quelques mètres, sans parler de quelques centaines de mètres, ou de quelques milliers ?
« Il faut que ça cesse, murmura-t-elle. Appelez-les et dites-leur de tirer le plus gros de leurs missiles et tant pis pour les conséquences. Parce qu’il faut que ça cesse. »
Barbie ne dit rien. Ne sachant trop s’il aurait pu parler, même en ayant quelque chose à dire. Cette immense nappe aveuglante et encrassée le laissait sans voix. Il avait l’impression de voir l’enfer à travers un hublot.
Nyuck-nyuck-nyuck
1
Jim Rennie et Andy Sanders regardaient l’étrange coucher de soleil depuis les marches du salon funéraire Bowie. Il devait y avoir une nouvelle « réunion d’évaluation des urgences » à l’hôtel de ville à dix-neuf heures et Big Jim tenait à arriver en avance pour la préparer ; mais ils restaient cloués sur place, fascinés par cette tombée de la nuit au milieu des souillures du Dôme.
« C’est comme la fin du monde, dit Andy à mi-voix, d’un ton plein d’effroi.
— Quelle ânerie ! » répliqua Big Jim.
Et s’il y avait de la dureté dans sa voix (même pour lui), c’était parce qu’une pensée similaire lui avait traversé l’esprit. Pour la première fois depuis que le Dôme s’était abattu sur Chester’s Mill, il prenait conscience que la situation risquait de dépasser leur capacité d’y faire face — sa capacité d’y faire face —, une idée qu’il rejetait furieusement. « Aurais-tu vu par hasard notre Seigneur Jésus-Christ descendre des cieux ?
— Non », reconnut Andy.
Ce qu’il voyait, c’étaient des gens qu’il connaissait depuis toujours réunis en petits groupes sur Main Street, silencieux, et qui se contentaient de regarder cet étrange coucher de soleil en s’abritant les yeux de la main.
« Tu me vois, moi ? » insista Big Jim.
Andy se tourna vers lui. « Bien sûr, répondit-il, perplexe. Bien sûr que je te vois.
— Ce qui signifie que je n’ai pas été emporté au ciel. J’ai donné mon cœur à Jésus il y a des années, et si c’était la Fin des Temps, je ne serais plus ici. Ni toi, d’ailleurs. D’accord ?
— J’imagine, oui », dit Andy.
Mais il était dubitatif. S’ils étaient sauvés — lavés par le Sang de l’Agneau —, pourquoi venaient-ils de parler avec Stewart Bowie de la perspective d’arrêter ce que Big Jim appelait « nos petites affaires » ? Et comment s’étaient-ils retrouvés en train de faire ces « petites affaires », au fait ? Quel rapport y avait-il entre faire tourner une usine de méthadone et être sauvé ?
S’il avait posé la question à Big Jim, Andy connaissait la réponse : la fin justifie parfois les moyens. La fin, dans ce cas, lui avait paru admirable : la nouvelle église du Christ-Rédempteur (l’ancienne n’avait été rien de plus qu’un cabanon en bois surmonté d’une croix, également en bois) ; la station de radio qui avait sauvé Dieu seul savait combien d’âmes ; la contribution de dix pour cent — faite prudemment, via un compte bancaire aux îles Caïmans — à la Société des missions du Seigneur Jésus, pour aider ceux que le pasteur Coggins appelait « les petits frères bruns ».
Mais à la vue de ce coucher de soleil gigantesque et brouillé qui semblait suggérer que toutes les affaires humaines étaient insignifiantes, sans importance, Andy devait admettre que ces fins n’étaient que des prétextes. Sans les revenus de la méthadone, sa pharmacie aurait été en faillite six ans auparavant. Pareil pour le salon funéraire. Et pareil aussi — sans doute, parce que l’homme qui se tenait à côté de lui n’aurait jamais voulu le reconnaître — pour le magasin de voitures d’occasion de Jim Rennie.
« Je sais ce que tu penses, mon vieux », dit Big Jim.
Andy le regarda timidement. Big Jim souriait… mais pas férocement. C’était un sourire gentil, plein de compréhension. Andy lui rendit son sourire, ou du moins essaya. Il devait beaucoup à Big Jim. Sauf que maintenant, la pharmacie et la BMW de Claudie lui paraissaient des choses beaucoup moins importantes. Quel intérêt avait une BMW, y compris avec son système pour se garer toute seule et sa radio à commande vocale, alors qu’il avait perdu sa femme ?
Quand tout cela sera terminé et que Dodee reviendra, décida Andy, je lui donnerai la BMW. C’est ce qu’aurait voulu Claudie.
Big Jim tendit un doigt au bout carré vers le soleil déclinant qui paraissait s’étaler sur tout l’horizon occidental, tel un grand jaune d’œuf empoisonné. « Tu penses que tout cela est de notre faute. Que Dieu nous punit parce que nous avons magouillé pour garder la ville à flot quand les temps étaient durs. Mais c’est tout simplement faux, mon vieux. Ceci n’est pas l’œuvre de Dieu. Si tu me disais que nous avons été battus au Vietnam par la volonté de Dieu — que Dieu nous avertissait ainsi que nous perdions notre spiritualité — je serais obligé d’être d’accord avec toi. Si tu me disais que le 11 Septembre était la réaction de l’Être suprême à la Cour suprême décrétant que les petits enfants ne commenceraient plus leur journée par une prière au Dieu qui les a créés, je serais aussi d’accord. Mais Dieu punissant Chester’s Mill parce que nous avons fait en sorte qu’elle ne devienne pas une ville fantôme de plus sur la carte, comme Jay ou Millinocket ? (Il secoua la tête.) Non, m’sieur. Non.