L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
« Est-ce qu’elle vit encore ? » s’enquit Bretan de sa voix crissante.
Jaan Vikary leva les yeux dans sa direction. Son visage étrange, tendu, rappelait à Dirk celui de Myrik, quelques instants plus tôt. « Elle vit.
— C’est une chance, fit Janacek, mais ce n’est certes pas grâce à vous. Et cela ne change rien, de toute façon. Faites vos choix, Myrik !
— Libérez-moi ! » cria Dirk. Nul ne bougea. « Libérez-moi ! » hurla-t-il.
Quelqu’un trancha ses liens.
Il alla à son tour s’agenouiller auprès de la jeune femme afin d’examiner l’arrière de sa tête. Ses cheveux noirs y formaient une masse solide avec le sang coagulé. « Une sévère commotion, dans le meilleur des cas. Au pire, une fracture du crâne. Je ne sais pas. Est-ce qu’il existe encore un service médical, sur cette foutue planète ? » Il les dévisagea tous l’un après l’autre.
Ce fut Bretan qui lui répondit : « il n’y a plus rien à Défi, en tout cas. La Voix m’a combattu. La cité ne m’obéissait plus, aussi ai-je dû la tuer. »
Dirk grimaça. « Il vaudrait mieux ne pas la déplacer. Même dans le cas d’une simple commotion, un blessé doit rester le plus immobile possible. »
À la grande surprise de Dirk, Jaan Vikary abandonna Gwen dans ses bras, se leva, puis fit un geste en direction de Lorimaar et de Bretan qui retenaient Myrik. « Lâchez-le.
— Le lâcher ? » Janacek gratifia Vikary d’un regard déconcerté.
« Oubliez-le, Jaan, lui disait Dirk. Gwen…
— Emmenez-la dans un de ces appareils !
— Je crois qu’on ferait mieux de ne pas la bouger…
— Nous courons un grave danger ici, t’Larien. Transportez-la dans un appareil ! »
Janacek avait pris un air menaçant. « Mon teyn ? »
Vikary se tourna vers les Braiths. « Je vous ai dit de lâcher cet homme. Ce simulacre, comme vous l’appelleriez. Et je dois avouer qu’il en a mérité le nom.
— Que comptez-vous faire, Jaantony noble de Jadefer ? » s’enquit Lorimaar d’une voix sévère.
Dirk partit déposer Gwen sur le siège arrière de l’engin le plus proche. Elle n’avait pas repris conscience, mais sa respiration était régulière. Puis il se glissa sur le siège du conducteur, et entreprit de se masser les poignets afin d’y rétablir la circulation.
Tous semblaient l’avoir oublié. Lorimaar noble de Braith continuait à parler sans lui prêter la moindre attention. « Nous vous reconnaissons le droit d’affronter Myrik, mais en combat singulier, étant donné que Terrien Braith Nalarys nous a quittés. Et comme votre propre teyn l’a défié en premier… »
Jaan Vikary tenait son laser à la main. « Lâchez-le et écartez-vous. »
Stupéfait, Lorimaar libéra le bras de Myrik et fit un pas de côté. Bretan hésita. « Noble de Jadefer, pour votre honneur comme pour le sien, pour votre étau et votre teyn, abaissez votre arme. »
Vikary visa le jeune homme. Un spasme tordit le demi-visage de Bretan, qui lâcha Myrik et recula en haussant grotesquement les épaules.
« Mais que se passe-t-il ? lança le vieillard manchot d’une voix suraiguë. Que se passe-t-il ? » Personne ne prit la peine de le lui expliquer.
« Jaan ! s’écria Garse avec horreur. Aurais-tu perdu la raison ? Abaisse ton arme, mon teyn. C’est moi qui ai défié Myrik. Je le tuerai pour toi. » Il posa sa main sur le bras de Jaan.
Et son teyn s’écarta pour braquer son arme dans sa direction. « Non. Recule. Tu ne dois pas intervenir, pas maintenant. C’est à moi de la venger ! »
Le visage de Janacek s’assombrit. Il n’avait manifestement plus le cœur à ses mots d’esprit cruels. Sa main droite se serra en un poing, qu’il leva lentement devant le visage de son teyn. Le fer et la pierrelueur brillaient entre les deux Jadefer. « Notre lien, dit-il. Réfléchis, mon teyn. Pense à mon honneur, au tien, à celui de tout notre étau. » Sa voix était grave.
« Et que fais-tu de celui de Gwen ? » Vikary jouait impatiemment avec son laser. Il força Janacek à s’éloigner de lui avant de se retourner vers Myrik.
Seul, désorienté, celui-ci semblait ignorer ce que l’on attendait de lui. Si toute rage l’avait abandonné, sa respiration demeurait fort bruyante. Un filet de salive, rosi par le sang, coulait du coin de sa bouche. Après l’avoir essuyé du dos de la main, il regarda, indécis, en direction de Garse Janacek. « Le premier des quatre choix, commença-t-il d’une voix hébétée. Je choisis le mode.
— Les choix sont inutiles, lança Vikary. Tournez-vous vers moi, simulacre ! »
Les yeux de Myrik passèrent de Vikary à Janacek, avant de fixer à nouveau le noble de Jadefer. « Je choisis le mode, répéta-t-il, comme en un rêve.
— Non. Vous n’avez laissé aucun choix à Gwen Delvano. Elle vous aurait pourtant affronté loyalement en duel. »
Le visage de Myrik arborait une expression de sincère stupéfaction. « Elle ?… En duel ?… Je… C’est une femme, un simulacre ! » Il hocha la tête, comme si cela réglait la question. « C’est une femme, Jadefer. Seriez-vous devenu fou ? Elle s’est moquée de moi. Une femme ne se bat pas en duel.
— Et vous non plus. Vous comprenez ? Vous… » Il tira ; un bref rayon de lumière atteignit Myrik entre les jambes. Le Braith hurla de douleur.
« … ne vous… » Il tira à nouveau, au niveau du cou cette fois, juste en dessous du menton. L’homme eut un mouvement de recul ; Vikary attendit que son laser se recharge.
« … battrez pas… » Quinze secondes plus tard, un rai de lumière traversa la silhouette au niveau la poitrine. Puis Vikary pivota sur lui-même et repartit vers l’appareil.
« … en duel », termina-t-il en grimpant dans l’engin.
À peine eut-il prononcé ces mots qu’un quatrième rayon lumineux jaillit de son arme. Lorimaar noble de Braith Arkellor s’écroula, son pistolet en partie dégainé.
Dirk poussa à fond les commandes gravitationnelles sitôt la portière refermée. Ils se trouvaient à mi-chemin de la grille quand les premières décharges de laser commencèrent à pleuvoir sur l’épais blindage du véhicule.
10
La nuit était sans étoiles au-dessus des Terres communes, l’air limpide, glacé et noir, et les vents violents. Dirk se félicitait que l’appareil au lourd blindage des Braiths soit entièrement clos, et sa cabine chauffée.
Il le maintenait à environ cent mètres d’altitude, au-dessus des plaines et des basses collines, à sa vitesse maximale. Avant que Défi ne s’évanouisse derrière eux, t’Larien tourna la tête en quête d’éventuels poursuivants. Il n’y avait rien, hormis la cité émereli qui captait son regard – une grande dague sombre qui bientôt se fondrait dans la noirceur du ciel. En cet instant, elle lui apparaissait comme un arbre pris dans un incendie de forêt, un arbre qui aurait perdu jusqu’aux dernières de ses branches et de ses feuilles. Un arbre dont il ne resterait que le tronc calciné et noirci pour rappeler son ancienne beauté. Il se souvenait de la tour de Défi telle qu’elle lui était apparue lorsque Gwen la lui avait montrée pour la première fois, lorsqu’il avait demandé à visiter une ville dans laquelle un semblant de vie régnait encore. Il l’avait alors trouvée incroyablement lumineuse, dans le ciel du soir, argentée, démesurée, couronnée par des explosions ascendantes de lumière. Ce n’était plus à présent qu’une cosse vide, aussi morte que les rêves de ses bâtisseurs. Les chasseurs de Braith ne tuaient pas uniquement des hommes et des animaux.