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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Non seulement ces baleines célèbres jouissaient d’une renommée individuelle, on pourrait dire d’une gloire à la dimension des océans, non seulement elles étaient réputées de leur vivant mais, après leur mort, elles étaient immortalisées par les histoires du gaillard d’avant. À leurs noms s’attachaient des droits, des privilèges et des distinctions tout comme à ceux de Cambyse ou de César. N’en est-il pas ainsi ô Tom Timor! toi le fameux léviathan, couturé comme un iceberg, qui t’es si longuement attardé dans la mer qui porte ton nom, et dont le souffle fut si souvent vu de la plage aux palmiers d’Ombay? N’en est-il pas ainsi, ô Jack de Nouvelle-Zélande, toi la terreur de tous ceux qui croisèrent au large de la terre des Tatouages? N’en est-il pas ainsi, ô Morquan, roi du Japon, dont on dit que le souffle parfois s’élève pareil à une croix de neige dans le ciel? N’en est-il pas ainsi, ô Don Miguel, toi le cachalot chilien buriné comme une vieille tortue d’hiéroglyphes mystiques? Bref, voilà quatre cachalots qui sont aussi bien connus des étudiants en Histoire des Cétacés, que Marius et Sylla des étudiants en Histoire classique.

Mais ce n’est pas tout. Jack de Nouvelle-Zélande et Don Miguel, après avoir semé la destruction parmi les baleinières de différents navires, furent finalement poursuivis, chassés systématiquement et tués par d’intrépides capitaines qui avaient levé l’ancre dans ce dessein aussi nettement arrêté que celui, autrefois, du capitaine Butler, lorsqu’il se mit en route dans les forêts des Narragansetts afin de prendre le célèbre et meurtrier sauvage Annawon, le chef guerrier du roi indien Philippe.

Je ne saurais trouver meilleur endroit pour parler encore d’une ou deux choses qui me semblent importantes parce que, écrites, elles établissent à tous égards le caractère raisonnable de toute l’histoire de la Baleine blanche et plus encore celui de son épilogue catastrophique. Car c’est là un de ces cas désespérants où la vérité demande à être aussi solidement étayée que l’erreur. La plupart des terriens sont tellement ignorants des merveilles les plus évidentes et les plus manifestes de ce monde que sans quelques références à des faits précis, historiques ou autres, de la pêcherie, ils pourraient voir en Moby Dick une fable monstrueuse ou, ce qui serait détestable et plus grave, une allégorie hideuse et intolérable.

D’abord: Bien que la plupart des hommes aient une notion vague et sommaire des dangers qu’offre dans l’ensemble la grande pêche, ils n’ont pas une conception rigoureuse et vivante de ces dangers et de la fréquence avec laquelle ils se renouvellent. Cela tient peut-être en partie au fait que les journaux ne relatent pas un cinquantième des morts et des désastres survenus au cours des campagnes de pêches, si éphémères et vite oubliées que soient ces relations. Pensez-vous que le pauvre gars qui, en cet instant peut-être, est entraîné à l’abîme par la ligne à la suite du léviathan sondant au large de la Nouvelle-Guinée, pensez-vous que son nom figurera à la rubrique nécrologique du journal que vous ouvrirez à votre petit déjeuner? En fait, avez-vous jamais entendu quoi que ce soit qui ressemble à des nouvelles régulières de la Nouvelle-Guinée? Pourtant je vous dirai que, lors d’un certain voyage que je fis dans le Pacifique, et au cours duquel nous entrâmes en rapport avec trente navires différents, chacun d’eux comptait une mort provoquée par un cétacé, quelques-uns en comptaient davantage et trois d’entre eux avaient perdu une baleinière avec tous ses hommes. Pour l’amour de Dieu, soyez économes de vos bougies et de l’huile de vos lampes, pour chaque gallon que vous brûlez, une goutte au moins de sang humain a été versée!

Ensuite: Les terriens ont une idée en vérité fort imprécise de la taille énorme de la baleine et de son énorme puissance, et lorsqu’il m’est arrivé de leur fournir des exemples formels de cette double énormité, je fus, de manière significative, félicité pour ma bonne plaisanterie, pourtant je jure sur mon âme qu’il n’entrait pas plus dans mes vues de me montrer facétieux que Moïse lorsqu’il écrivit l’histoire des plaies d’Égypte.

Mais heureusement le point particulier sur lequel je désire un témoignage convaincant sera établi indépendamment de moi. Ce point est le suivant: le cachalot est parfois assez puissant, assez intelligent, et peut faire preuve d’une méchanceté assez concertée, d’une préméditation même, semble-t-il, pour défoncer, détruire et couler un vaisseau de fort tonnage. Qui plus est, il l’a effectivement fait.

D’abord: en 1820, le navire l’Essex, commandé par le capitaine Pollard de Nantucket, se trouvait dans l’océan Pacifique. Il aperçut des souffles, mit les pirogues à la mer et donna la chasse à un groupe de cachalots. Bientôt, plusieurs cétacés furent blessés, lorsque soudain le plus gros d’entre eux s’écarta des baleinières, se détacha de son groupe et s’élança droit sur le navire. Il fracassa du front sa quille et, en moins de «dix minutes», le bâtiment fit eau et se coucha sur le côté. On n’en revit pas la moindre épave. Après les plus cruelles épreuves, une partie de l’équipage atteignit la terre dans les pirogues. Après avoir finalement regagné son pays, le capitaine Pollard, commandant un nouveau navire, appareilla pour le Pacifique, mais les dieux lui étaient contraires, il échoua sur des rocs inconnus et pour la seconde fois perdit son navire. Il jura dès lors de ne plus reprendre la mer et tint parole. Il réside actuellement à Nantucket. J’ai vu Owen Chace qui était second à bord de l’Essex au moment du drame, j’ai lu le récit simple et fidèle qu’il en fit, j’ai parlé à son fils et tout cela à quelques milles du lieu de la catastrophe [8].

Deuxièmement: le même accident arriva, en 1807, au navire Union de Nantucket qui fut perdu, corps et biens, au large des Açores. Je n’ai jamais pu avoir de détails précis sur cette catastrophe mais j’ai parfois entendu les baleiniers y faire diverses allusions.

Troisièmement: Il y a quelque dix-huit ou vingt ans, le capitaine J…, qui commandait une corvette de guerre américaine de première classe, dînait par hasard avec des capitaines baleiniers, à bord d’un navire de Nantucket en relâche à Oahu, l’une des îles Sandwich. La conversation tombant sur les baleines, le capitaine mit quelque vanité à se montrer sceptique sur la force étonnante que leur attribuaient les professionnels présents. Il nia de façon péremptoire, par exemple, qu’il pût se trouver un cétacé susceptible de porter à sa robuste corvette un coup assez violent pour l’amener à faire plus d’un dé à coudre d’eau. Très bien, mais attendons la suite. Quelques semaines plus tard, le capitaine mit le cap de son invincible navire sur Valparaiso. Il fut arrêté en route par un majestueux cachalot qui sollicita un court entretien confidentiel avec lui. Cette petite affaire consista à administrer au bâtiment du capitaine une si retentissante correction que, toutes pompes en action, il dut se hâter d’aller en radoub au port le plus proche. Je ne suis pas superstitieux au point de croire que cette entrevue entre la baleine et le capitaine fut providentielle. Saul de Tarse ne fut-il pas guéri de son incroyance par une semblable peur? Je vous le dis, le cachalot ne tolère pas qu’on prenne des libertés avec lui.

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[8] Les extraits suivants sont tirés du récit de Chace: «Tous les faits me portent à conclure que le cachalot n’avait pas agi au hasard; à de brefs intervalles, il mena deux attaques successives contre le navire, chacune dirigée de manière à nous faire le plus de tort possible, attaquant de front et calculant sa vitesse par des manœuvres précises pour en venir où il voulait. Il était horrible à voir, exprimant la rancune et la fureur. Il s’était détaché de la troupe au sein de laquelle nous venions de frapper trois de ses compagnons, comme s’il avait brûlé du désir de venger leurs souffrances.» Et encore: «En tout cas, je vis tout cela de mes propres yeux et l’ensemble de ces faits me fit sur le moment l’impression d’une malignité concertée de la part du cachalot (je ne puis me rappeler à présent toutes mes réactions) mais je suis sûr que je ne me trompe pas.»

Et voici ses réflexions après avoir quitté le navire dans une pirogue ouverte par une nuit sombre et sur le point de désespérer de gagner une côte hospitalière: «Ni l’Océan noir, ni les vagues, ni la crainte d’être englouti par une effroyable tempête ou jeté sur des écueils, ni aucun des autres sujets d’effroi ne me paraissaient dignes de retenir un instant ma pensée, mais l’épave lugubre et l’horrible aspect vengeur du cachalot m’obsédèrent jusqu’au lever du jour.» Ailleurs – page 45 – il parle de «la mystérieuse et mortelle attaque de l’animal».

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