Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
C’est dans ce calme qu’Archy, qui, dans la chaîne, se trouvait près des écoutilles de poupe, chuchota à son voisin, un Chole, ces mots:
– Chut! Avez-vous entendu ce bruit, Cabaco?
– Prenez le seau, voulez-vous, Archy? de quel bruit parlez-vous?
– Voici qu’on l’entend à nouveau… sous les écoutilles… ne l’entendez-vous pas… une toux… on aurait dit une toux.
– Au diable la toux! Faites suivre ce seau.
– Encore… on dirait à présent deux ou trois dormeurs qui se retournent!
– Caramba! Suffit, camarade! Ce sont les trois biscuits détrempés de votre souper qui se retournent dans votre estomac, c’est tout. Attention au seau!
– Dites ce que vous voudrez, camarade, j’ai l’oreille fine.
– Oui, c’est vous le gars qui, à cinquante milles au large de Nantucket, avez entendu cliqueter les aiguilles à tricoter de la vieille quakeresse, c’est bien vous!
– Riez toujours, on verra bien ce qu’il en sortira. Écoutez-moi, Cabaco, dans la cale arrière il y a quelqu’un qu’on n’a pas encore vu sur le pont, et je soupçonne le vieux Mogol d’en savoir quelque chose. J’ai entendu, pendant un quart du matin, Stubb raconter à Flask qu’il y avait une histoire de ce genre dans l’air.
– Pfuit! le seau!
CHAPITRE XLIV La carte
Si vous aviez accompagné le capitaine Achab dans sa cabine, après le grain qui s’était levé dans la nuit suivant l’approbation sauvage de son projet par son équipage, vous l’eussiez vu se diriger vers un coffre dans l’étambot, en sortir un grand rouleau froissé de vieilles cartes marines jaunies et les étaler devant lui sur sa table vissée. Puis, s’asseyant, il se mit à étudier avec attention leurs différentes lignes et hachures et à tracer d’un crayon lent et sûr de nouvelles routes dans des zones encore vierges. Parfois il consultait de vieux livres de bord empilés près de lui, où étaient notés les lieux et les saisons, ceux où divers navires avaient, lors de divers voyages, vu ou capturé des cachalots.
Tandis qu’il était ainsi absorbé, la lourde lampe d’étain suspendue par des chaînes au-dessus de sa tête se balançait sans arrêt au rythme du navire et projetait sur son front ridé des rais de lumière et d’ombres, si bien qu’on eût dit, cependant qu’il marquait des lignes et des routes sur les cartes ridées, qu’un crayon invisible dessinait aussi des lignes et des routes sur la carte ravagée de son front.
Ce n’était pas le premier soir que, dans la solitude de sa cabine, Achab méditait sur ces cartes. Il les sortait presque chaque nuit, presque chaque nuit il effaçait certains traits de crayon pour les remplacer par d’autres. La carte des quatre océans devant lui, Achab élaborait un labyrinthe de courants et de remous pour cerner la réalisation de son but insensé.
À quiconque n’a pas pleine connaissance des mœurs des léviathans, il peut paraître aussi absurde que sans espoir de rechercher une créature unique et solitaire à travers des océans sans limites. Ce n’était pas l’avis d’Achab, il savait la direction des courants et des marées et pouvait dès lors porter sur la carte les lieux où serait entraînée la nourriture du cachalot et, en se fondant sur la saison à laquelle on le chasse sous une latitude donnée, arriver à une conclusion raisonnable, voire presque certaine, sur le jour opportun où il faudrait se trouver à tel ou tel endroit à la recherche de sa proie.
Le retour périodique du cachalot dans certaines eaux est un fait si indubitable que de nombreux chasseurs pensent que si l’on pouvait l’observer et l’étudier de près dans toutes les mers du globe, si l’on pouvait confronter les livres de bord d’un seul voyage de toute la flotte baleinière, on verrait les migrations du cachalot se révéler aussi immuables que celles des bancs de harengs ou des vols d’hirondelles. Sur cette base, on a déjà tenté de dresser des cartes détaillées des migrations du cachalot [7].
De plus, les cachalots suivent des veines, comme on les appelle, lorsqu’ils vont d’un territoire alimentaire à l’autre, guidés par quelque infaillible instinct – disons plutôt par l’intelligence secrète de la divinité – et ils tracent leur route selon une ligne droite qu’aucune carte ne permettrait à un navire de suivre avec le dixième de leur admirable précision. Bien que le trajet adopté par un cétacé ait la rigueur d’un tracé d’arpenteur, qu’il s’y conforme inéluctablement, la veine arbitraire dans laquelle il évolue, a généralement quelques milles de largeur, plus ou moins selon qu’elle s’élargit ou se rétrécit, mais elle ne s’étend jamais au-delà du champ de vision des hommes en vigie au grand mât du navire, lorsqu’il glisse avec circonspection sur cette voie magique. En conséquence, si l’on emprunte ce chemin aux saisons adéquates, on peut avoir l’assurance d’y rencontrer des cétacés en migration.
Ainsi Achab pouvait espérer trouver sa proie, non seulement grâce au juste choix de l’époque et du lieu de séjour du cachalot en des territoires alimentaires déterminés mais il pouvait même espérer l’y croiser, grâce à la subtilité de ses calculs, en traversant les vastes étendues qui séparaient ces zones.
Un fait semblait de prime abord devoir entraver son projet délirant mais toutefois méthodique. Bien que les cachalots soient grégaires et hantent des régions déterminées à des saisons régulières, on ne peut guère en conclure que la bande qui s’y trouvera cette année sous telle latitude et telle longitude sera formée des mêmes individus que l’année précédente, bien que des exemples indubitables appuient la vérité du contraire. Cela est généralement valable, de façon plus restreinte, pour les vieux cachalots qui vivent en solitaires.
De sorte que Moby Dick ayant, par exemple, été vu antérieurement dans ce qui s’appelle le territoire des Seychelles, dans l’océan Indien, ou dans la baie des Volcans au Japon, il ne s’ensuivait pas nécessairement que si le Péquod se rendait sur ces lieux à la même saison, il dût inévitablement l’y rencontrer. Il en va de même de ses autres habitats temporaires qui semblent n’être que ses haltes, ses auberges océaniques où il ne fait pas de séjour prolongé. En parlant des chances qu’Achab avait de réaliser son projet nous n’avons jusqu’ici parlé que des perspectives qui s’ouvraient à lui, s’il se trouvait à tel moment sur tel lieu où ses possibilités deviendraient probabilités; or, comme il aimait à le penser, toute possibilité est proche d’une certitude. Ce temps et ce lieu tiennent dans une seule phrase technique: la Saison sur la Ligne. Car Moby Dick, pendant plusieurs années de suite, avait été aperçu, s’attardant à un endroit donné à une époque donnée, dans les mêmes eaux, comme le soleil, dans sa course d’une année, demeure, pendant un laps de temps connu, dans un certain signe du Zodiaque. C’était aussi dans ces eaux que les rencontres les plus meurtrières avec la Baleine blanche avaient eu lieu, là que les vagues racontaient ses exploits, c’était là le lieu tragique où le vieil homme obsédé avait reçu l’impulsion atroce de sa vengeance. Mais avec l’intelligence fine et prudente, la vigilance aiguisée qu’Achab mettait à jeter son âme sombre dans cette poursuite inflexible, il ne s’abandonnait pas à des espoirs fondés sur les raisons dont nous venons de parler, si séduisantes qu’elles pussent être; et son désir toujours en éveil ne laissant aucun répit à son cœur tourmenté, lui interdisait de renoncer à chercher Moby Dick pendant les périodes intermédiaires.
[7] Depuis que ces lignes ont été écrites, cette assertion a été confirmée par un rapport officiel du lieutenant Maury, de l’Observatoire national, Washington, 16 avril 1851. Ce rapport précise qu’une telle carte est en voie d’achèvement et il en donne des fragments. Cette carte divise l’Océan en secteurs de 50 de latitude par 50 de longitude. Perpendiculaires à chacun de ces secteurs, douze colonnes représentent les douze mois de l’année, trois lignes horizontales les traversent: la première indique le nombre de jours passés chaque mois dans chaque secteur et les deux autres le nombre de jours pendant lesquels les cachalots et les baleines franches y ont été vus.